Un cliché mythique de Big Poppa détaillé par nos soins

Notorious B.I.G dans l’œil de Chi Modu

29 janvier 2014 . Pas de commentaire
By Arnaud, in Featured, Urban culture
Christopher Wallace, photographié par Chi Modu en 1996

Christopher Wallace, photographié par Chi Modu (1996) | chimodu.com

Cap sur les nineties et tout particulièrement sur l’année 1996. Nous sommes de l’autre côté du fleuve Hudson qui délimite la frontière entre la ville de New-York et l’état du New Jersey. C’est à cet endroit précis que Chi Modu avait emmené Christopher Wallace pour une séance photo bien symbolique.

Modu se remémore un rendez-vous difficile à fixer. Complètement dérouté au sortir de sa tournée, Wallace ronfle à pleines narines lorsque son ami photographe passe le voir à sa demeure de Brooklyn. Non loin de là où se situe présentement le Barclays Center, c’est ici qu’il réside en compagnie de sa femme Faith Evans. « Ils se sont rencontrés lors d’une de mes séances photo. » Un « shooting » comme il est coutume de le formuler outre-Atlantique.

Alors que la verve assassine du morceau « Who Shot Ya? » sorti quelques mois auparavant agite encore les consciences des fanatiques des côtes Est et Ouest, l’ordre du jour est de représenter Notorious B.I.G. tel l’un des symboles de la ville à la réputation de capitale culturelle mais surtout économique des États-Unis.

Ayant grandi dans le New Jersey, Chi Modu connaît bien la vue que laisse apprécier la baignade du Liberty State Park, lui qui collectionne les aller-retours jusqu’aux bureaux du magazine The Source. Un horizon révélateur de la toute-puissance de la Big Apple, de la Statut de la Liberté aux jardins de la finance que représentent les gratte-ciels de Wall Street, l’imposante magnificence des tours du World Trade Center en toile de fond.

Et quel meilleure manière de représenter la dynamique new-yorkaise que la superposition d’un artiste dont la côte croît sans cesse avec l’une des instances de l’économie mondiale ? Deux symboles qui s’illustrent dans leur domaine respectif et dont le rayonnement s’étend bien au-delà des frontières américaines.

La photographie, criante quant à son époque, témoigne d’un espace-temps bien marqué. Monture Versace surplombée d’empiècements en or, laine multicolore de chez Coogi et béret dont la forme trahit les patrons cartonnés de la marque Kangol. On imagine très facilement un jean Karl Kani et une paire de Timberlands aux pieds. Un uniforme dont chacune des pièces relevaient de l’institution à l’aube des late ’90s.

Une illustration saisissante de ces temps révolus qui, selon les mots de Modu, « nous invite à faire le bilan sur ce qui a changé depuis la prise de ce cliché ». Que nous reste-il de Notorious B.I.G ? Des tours jumelles ? Une fusillade et un attentat, l’un et l’autre teintés de controverses, auront raison de ces deux monuments.

Biggie Smalls s’éteindra le 9 mars 1997, les tours jumelles quant à elles, s’effondreront le 11 septembre 2001. Un épisode qui suivra Wallace jusque dans sa tombe, et ce à cause d’une référence dans laquelle certains verront une étrange prophétie…

« Now I’m in the limelight cause I rhyme tight
Time to get paid, blow up like the World Trade »

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Arnaud Sommie
@somesta

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