MMG, Méchants Mercenaires du Game
Maybach Music, les Mercenaires du Game
À une époque où le rap se veut aller de l’avant, à l’image d’un Kanye West visionnaire, d’un Jay Z auteur de ses #NewRules ou encore d’un Drake la tête dans les nuages, Maybach Music Group est là pour nous faire redescendre sur Terre. Presque comme un rituel, la bande à Rick Ross vient de nous offrir Self Made 3, sa troisième compilation en autant d’années. Un coup marketing plus qu’artistique, MMG veut le biff, la mula et le caramel avant tout, à en devenir les mercenaires du rap-jeu.
Le rêve américain
Depuis la création même des Etats-Unis d’Amérique, le modèle de « l’Homme qui bâtit sa richesse à partir de rien » est ancré dans la société, concept revendiqué même par Benjamin Franklin dans son autobiographie. Mais c’est un ancien esclave afro-américain puis devenu leader du mouvement abolitionniste au XIXème siècle du nom de Frederick Douglass qui en parlait le mieux lors de l’un de ses plus grands discours Self-Made Men :
« Ma théorie du Self-Made Men est simplement celle-ci : ce sont des travailleurs. Que ce soient des hommes qui ont acquis l’excellence matérielle, morale ou intellectuelle, ou ont un travail honnête et juste, pratiqué de manière constante et persistante, ceci est la meilleure, sinon la seule, explication de leur succès. »
Chez Maybach Music Group, la théorie de Douglass est bien illustrée par tous ses composants. En partant du boss Rick Ross dont la route a été longue jusqu’à son premier succès Port of Miami, né dans le petit comté de Coahoma dans le Mississippi et dont le premier job fut gardien de prison. Le phénomène Started From The Bottom s’étend par ailleurs de Wale, enfant d’une famille issue de l’immigration nigérienne, à Stalley et ses battles de rues grattant ses premières rimes dans son petit quartier de Massillon dans l’Ohio. Et si tous les rappeurs du crew ont pour point commun d’avoir galéré avant d’en être là aujourd’hui, ils ont aussi celui d’avoir travaillé durement pour pouvoir chatouiller les sommets : pour exemple les fidèles sergents de MMG Stalley et Rockie Fresh, qui cumulent à eux deux onze mixtapes pour aucun album sorti dans les bacs. De plus, on ne compte plus tous les featurings sur lesquels apparaissent Rozay, Meek Mill ou French Montana, preuve d’une présence constante et harassante dans l’actualité du hip-hop.
Un presque intouchable Empire
Depuis sa fondation en 2009, Maybach Music ne cesse d’inonder les charts, les ondes de radios et les chaînes musicales. Déjà douze projets ont été estampillés MMG en moins de quatre ans, pour trois disques d’or et des millions d’albums vendus, c’est pas rien dans l’industrie actuelle. On pourrait alors qualifier la maison de Rozay d’usine à production plus qu’un label, tout comme son concurrent direct YMCMB. En effet, signer sur MMG c’est un peu écarter du bras la qualité pour faire place à la quantité, mais ça marche. Ainsi, on comprend facilement pourquoi Ricky Rozay signe désormais tous les visuels de l’équipe par un THE UNTOUCHABLE MAYBACH EMPIRE, exposant comme tout bon rappeur richesse, fierté et vanité.
« If I die tonight I know I’m coming back nigga, reincarnated : big black fat nigga ! »
Intouchable ? Pas si certain à l’image de la canette qu’il s’était reçu dans le ventre lors de son dernier concert à Paris en 2011 (elle était facile celle là). La compilation Self Made 3 sortait le 17 septembre dernier et a battu le triste record de la pire première semaine de ventes des trois volets. Coup au moral donc, pour tous les membres de l’Empire mais abattus, certainement pas …
Rich Forever
La sortie annuelle de la compilation Self Made, c’est avant tout le moyen le plus simple, court et direct de pousser les poulains de l’écurie Maybach Music sur le devant de la scène. Car oui, l’atout majeur du label c’est des barbes bien tondues, c’est ses réels jeunes talents venus d’horizons différents, amenant chacun son propre style dans ses bagages. Le bawse ne s’était pas trompé lors de ses premiers coups en ramenant dans ses filets Meek Mill et Wale. Il confirmera alors ses bons choix en mettant le grappin plus tard sur Stalley, celui que l’on considère comme l’avenir du label, Omarion pour raviver la flamme R’n’B au sein du groupe ou encore Rockie Fresh, un avant-gardiste du hip-hop au volant de sa DeLorean. Et si Rozay s’assure ainsi un avenir radieux sous le soleil de Miami tout en s’en mettant plein les poches pendant encore quelques années, il est avant tout fier des pépites qu’il a débusqué sur sa route annonçant partout et fièrement être un véritable fan du rap de ses soldats.
Self Made 3, c’est la bande annonce du long-métrage qu’est en train de préparer MMG. D’ici à juin 2014, six albums du label auront déjà vu le jour à commencer par le sixième opus de Ross Mastermind. Une machine on vous dit ! Le but premier n’étant pas de révolutionner notre vision du rap, l’écurie de Miami visera encore et toujours le haut des tops hip-hop pendant encore un bon moment.
Si vous n’espérez pas grand chose de Maybach Music Group à l’heure actuelle, jetez un coup d’œil dans votre rétroviseur et vous apercevrez l’équipe de Rozay au volant de leur bolide allemand. Car ils ont commencé de rien et leur succès s’inscrit dans la durée, au-delà même du rap : « I run a business my nigga, I don’t just do shows, I don’t just rhyme nigga » s’exclame Meek Mill sur « Black Grammys », et c’est ça l’état d’esprit des mercenaires du game.
PS : Comment conclure sans évoquer la charmante Jessica Gomes, celle qui nous fait tourner la tête à chaque début d’un morceau de MMG par son magnifique « M-M-M-M-Maybach Music ». Messieurs, ces photos sont pour vous…
À lire aussi :
Portrait #1: Le barbu Stalley
Portrait #2 : Le robot Wale
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Adrian Huguenot
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Gunplay?