Une rencontre à sens unique
Lorsque Sarkozy croise le chemin de Niro
C’est aujourd’hui que l’on se retrouve pour un duel derrière les barreaux. D’un côté Niro du label Street Lourd, incarcéré trois jours après la sortie de son album Paraplégique. Face à lui : Nicolas Sarkozy. Depuis qu’il n’est plus sur le devant de la scène politique, Nico’ -comme on l’appelle désormais- est redevenu un français parmi les autres. Pourtant, tout comme notre ami originaire de la ZUP de Blois, l’ancien président semble cultiver un attrait pour les problèmes judiciaires des plus impressionnants. Et oui, l’homme qui autrefois tenait d’une main de fer le pouvoir exécutif se retrouve désormais mis à quatre pattes par ce dernier. Multipliant les perquisitions à leur domicile respectif, nos deux gangsters qui partageront probablement bientôt la même cellule se retrouvent en avant-première pour une joute verbale sans pitié. Niro versus Sarko : « la plus grossière des manières de manier la langue de Molière ».
Ça va être court. Une petite déclaration avant de rentrer dans la cage ?
Sarkozy : Vous en avez assez hein ? Vous avez assez de cette bande de racailles ? Et bien on va vous en débarrasser.
Niro : T’as pas les épaules, pas les couilles, tu vas tellement t’en mordre les doigts que tu vas te branler avec les coudes.
Vous êtes plutôt directs…
S : Vous croyez que les gens attendent simplement qu’on soit là tous les deux en se tenant la main ?
N : C’est vrai qu’on est culotté, j’préfère ça qu’être stringé.
C’est pas faux. Il n’empêche que vous pourriez être plus gentils l’un envers l’autre.
N : Parle pas trop avec les ânes tu risquerais d’en faire des chevaux.
S : Je ne suis pas là pour faire de la compassion.
Effectivement ça démarre sur les chapeaux de roues. On assiste à une montée en pression quasi instantanée de la part des deux protagonistes. Mieux, il semblerait qu’ils ne soient pas si copains que ça. Nous allons explorer leur intimité respective -en tout bien tout honneur- pour mieux les départager.
Très bien, on peut y aller alors. Nico, comment ça se passe avec Carla depuis que tu n’es plus à la tête du pays ?
S : C’est du sérieux.
N : Même si t’es moche et que t’as une tête de bite, la maille ça rend beau.
Tu peux préciser le fond de ta pensée ?
N : Si j’avais l’biff a B2o elles suceraient ma bite dans tous les sens.
S : Vous venez de faire un beau discours, vous en avez presque la larme à l’œil.
C’est pas pour faire la commère mais apparemment ta meuf est encore sous le charme de Mick Jagger…
S : Vous êtes un petit calomniateur !
Tu lui dirais quoi si t’étais à sa place Niro ?
N : Tu m’trompes sale pute, j’te raserai la tête comme Britney !
Quelle verve ! Niro utilise un vocabulaire des plus tranchants, reste à voir si cela effraye son adversaire qui semble déjà en avoir vu de toutes les couleurs pendant son mandat. Quoiqu’il en soit cette rencontre qui devait tourner au drame semble s’axer autour d’un débat des plus intéressants. Voyons voir…
Il semblerait que l’adultère vous mette hors de vous…
S : On ne construit rien sur la haine des autres, mais on ne construit pas davantage sur la haine de soi.
N : On sait que la haine c’est contagieux. Si t’as sucé toute la Terre, viens pas tirer sur mon joint.
S : Un conseil, quand ça vous fait mal, ne le montrez pas à ce point-là.
Surtout que le « devoir de fidélité » fait partie des lois du mariage.
N : J’ai la disquette à Bernard Tapie, t’es dépassé comme Bernard Lama.
S : Personne n’est au-dessus des lois.
C’est clair qu’en terme de justice, Bernard Tapie c’est un modèle de réussite… On vous laisse le mot de la fin.
N : Si ici la fiction dépasse la réalité, la moralité s’est faite doigter par la rivalité. Y a du sang du sol au plafond, et encore j’suis pas à fond.
S : Si j’avais un reproche à me faire, c’est que compte-tenu d’un certain nombre d’individus que nous avions face à nous et leur pedigree judiciaire, le mot racaille est sans doute un peu faible.
Si Niro a appelé son album de cette manière, c’est de ses propres mots « car il est condamné à ne pas marcher ». Dans tous les cas, c’est avec brio qu’à l’aide de ses membres -TOUS- il a piétiné son adversaire. Procurez-vous Paraplégique à cette adresse.




