Timbuktu sous le feu des projecteurs
Edito #76 : La première Palme d’or africaine ?
Au-delà de la montée des marches et de divers événements people, la découverte d’autres horizons culturels reste l’un des principaux intérêts du Festival de Cannes.
Celui-ci a justement récemment permis au continent africain de faire parler de lui dans les médias à l’occasion d’une suite d’événements qui ne concernent ni la pauvreté, ni la violence (ou presque) : la conférence de presse puis la projection de Timbuktu, dernier film du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako.
Mise de côté l’ambition touchante du réalisateur, à savoir raconter la prise de contrôle du nord du Mali par AQMI l’an dernier et rappeler au monde qu’il ne faut jamais être « indifférent à l’horreur », cette large exposition médiatique nous rappelle surtout que pour la deuxième année consécutive, un film produit en Afrique est sélectionné en compétition officielle sur la Croisette.
Après avoir découvert le cinéma avec la colonisation européenne, les Africains cherchèrent à se l’approprier, comme en témoigna en 1969 l’organisation du premier Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Avec la construction de l’identité culturelle africaine (aux dimensions d’un continent entier), s’est donc développé un cinéma « africain ».
Malgré ce développement déjà assez ancien, faire du cinéma en Afrique est pourtant resté une entreprise difficile.
Une scène très diverse existe pourtant : on y croise des films d’actualité tels que Timbuktu et des films de fiction plus classiques tels que le tchadien Grisgris, justement présent à Cannes en 2013. La plupart des films sur l’Afrique ayant eu du succès en Europe sont pourtant réalisés par des européens (Indigènes, Le Dernier roi d’Écosse…). À l’international, on continue ainsi de voir le cinéma africain comme une curiosité.
Une raison à ce paradoxe : le manque de moyens qui touche ce cinéma. Si dans les pays les plus riches d’Afrique de l’Ouest tels que le Nigeria et le Sénégal se sont développés depuis quelques temps déjà internet, la télévision et les lecteurs DVD, leur cinéma peine lui à trouver les moyens d’exister et à trouver un public. Le réalisateur de Timbuktu a d’ailleurs dû collecter les fonds nécessaire à son film… en France.
Le Festival de Cannes apparaît donc comme une bonne manière de promouvoir le cinéma africain ; Timbuktu profitant depuis quelques jours d’une sympathie médiatique généralisée, il pourrait d’ailleurs bien devenir la première Palme d’or « africaine ».
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Marin Charvet





Parler du cinéma africain sans mentionner Nollywood …