Les poids lourds omniprésents...

Les chroniques du mois : novembre

30 novembre 2011 . Pas de commentaire
By Esco', in Featured, What else ?

Childish Gambino – Camp (Glassnote Music)

Celui qui a été qualifié sur NeoBoto de schizophrène de l’audiovisuel nous a enfin proposé ce que beaucoup attendaient : son premier album. Après avoir fait ses gammes avec plusieurs mixtapes, il débarque avec Camp et sait pertinemment qu’il sera jugé sur cet exercice et devra répondre de ses actes en tant que rappeur. Puis, après la crainte arrive le réconfort et comme tout ce qu’il fait dans l’entertainment, Childish Gambino pose la barre, peut être pas plus haut, mais simplement sur le cran qu’il veut. Il prend un vrai plaisir à manier les textures sonores entre des morceaux beaucoup plus musicaux (« All The Shine », « L.E.S. », « Kids »…) et d’autres aux basses violentes (« You See Me », « Bonfire »…). Un flow très accrocheur qui habite chacun de ses instrumentaux avec une véritable agressivité et qui imprègne chaque track d’une véritable présence. Premier test réussi pour le gamin de Community ! -Ju’-


Gym Class Heroes - The Papercut Chronicles II (Decaydance/Fueled By Ramen)

Leçon de loose pour les nuls pourrait être le titre d’un livre dont Travis McCoy, le leader et chanteur des Gym Class Heroes, serait l’auteur. En dix ans de carrière, la qualité des albums du groupe new-yorkais n’a fait que régresser, à tel point que le quartet qui retournait les foules durant l’été 2006 (qui n’a pas dansé sur “Clothes Off” ?) ne fait plus vibrer grand monde aujourd’hui. A défaut d’être fondamentalement médiocre, ce Papercut Chronicles II semble surtout incroyablement daté, voire carrément has been. Plus les années s’égrainent, plus les choix artistiques du combo pop/rap deviennent douteux - le refrain d’Adam Levine sur le single “Stereo Hearts” en est la preuve frappante. Pire que cela, la désuétude de ce disque nous amène à penser que, finalement, Gym Class Heroes n’était peut-être qu’un banal groupe de teen-music du milieu des années 2000. Dans ce cas, R.I.P. les gars ! -Esco’-


Mary J Blige – My Life II… The Journey Continues (Matriarch)

Comment faire du neuf avec de l’ancien ? Onzième album déjà pour la Reine du rythmn and blues, et une problématique plus que jamais d’actualité. Si le parcours de la belle est difficilement discutable, depuis la sortie du très moyen Stronger With Each Tear, sa carrière semble prendre une pente dangereusement descendante. En s’acoquinant avec Nas, Busta Rhymes, Drake et Rick Ross, Blige entreprenait la tâche ardue de consolider son statut de pionnière dans l’alliance hip-hop/r’n’b. Une formule usée jusqu’à la moelle, des productions alternant le mauvais « Mr Wrong », « No Condition » et le carrément inaudible « Next Level », My Life II met en exergue les carences d’une vétérane dont la carrière semble dans le rétro. Un comble pour une artiste dont l’aura reste encore intacte. Serait-il temps de raccrocher pour Mary J, alors que son statut d’icône est incontestable ? –Nico-


Pac Div - The Div (RBC Records)

The Div, c’est l’histoire d’un projet qui à la base ne devait être qu’un EP mais qui, peu à peu, s’est transformé en un premier album officiel. Les Pac Div livrent donc un « debut album » après une série de mixtapes toutes aussi excellentes les unes que les autres. Malheureusement pour nous, avec The Div, les trois lurons nous offrent un contenu bien en-dessous de ce qu’ils nous avaient habitué jusque là. Cependant, ce n’est pas pour autant un flop, en effet, on appréciera quelques très bons morceaux qui viennent relever le niveau de l’album, que ce soit avec « The Greatness » et sa sublime production signée No I.D. ou encore le single « Posted » et ses basses surgonflées. Une légère déception. -Rémy-


Torae - For The Record (Internal Affairs Entertainment)

Torae revient en cette fin d’année avec une nouvelle facture qui semble parfaitement coller à l’adage « les ventes ne reflètent pas la qualité ». A première vue, si on jette un œil du côté des ventes de For The Record, on ne peut qu’être réticent (411 copies vendues en une semaine de commercialisation). Mais ces maigres chiffres ne reflètent guère la qualité du projet qui est loin d’être mauvaise. Il faut dire que le rappeur est très bien aidé par les instrumentaux délivrés par la crème de la production. On a ainsi le droit à des 9th Wonder, DJ Premier, Large Professeur ou encore Pete Rock très bien accompagnés des lyrics et du flow d’un Torae en forme. Un album très correct même si certains redouteront ce côté « old school » qui sévit tout au long de l’album. -Rémy-


Tyrese – Open Invitation (Voltron Recordz)

Tiraillé entre productions hollywoodiennes bodybuildées et une carrière musicale au point mort depuis la sortie de l’infâme Alter Ego, Tyrese Gibson est un homme tourmenté. Le Baby Boy de ces dames, auteur d’une tripotée de classiques indémodables dont le sexuel « Signs Of Love Makin », met sa « carrière » cinématographique de côté en cette année qualitativement pauvre pour le r’n'b pour proposer un opus à la teinte traditionnelle étonnamment savoureuse. Parfait équilibre entre titres sous stéroïdes («Too Easy ») et slow jamz langoureux (« Nothin On You »), Open Invitation est un opus à la qualité certaine, qui voit Tyrese renouer avec une formule similaire à I Wanna Go There, sa meilleure sortie à ce jour. L’album rythmn and Blues de l’année ? « I’m back like I never left », qu’il clame sur l’introduction de son opus. Il nous avait manqué le bougre. –Nico-


Wale - Ambition (Warner Brothers Records)

Suite à sa récente signature sur Maybach Music de son taulier Rick Ross, on en était venu à considérer que Wale s’était perdu dans les affres de la machine commerciale. Sa présence au sein du Maybach Music Group pointait d’ailleurs en ce sens, après une tripotée de tapes prometteuses et un album Attention Deficit (2009) en demi teinte. Si beaucoup avaient misé un billet sur le MC de DC, il est probable qu’ils ne verront pas leur argent de sitôt. Cependant, avec l’annonce d’Ambition, le doute est devenu palpable. Quel opus va-t-il nous livrer ? Résultat des courses, Wale s’affranchit des canons artistiques de la maison mère pour nous proposer une galette à des lieues des productions massives habituelles. Le rappeur joue ainsi la carte de la décontraction (« Double M Genius », « Legendary ») sans jamais vraiment décoller. Enlevez le quatuor Cudi-Lloyd-Ne-Yo-Big Sean et vous obtiendrez un opus convenable presque surprenant de part sa musicalité. -Crazyhorus-


Yelawolf - Radioactive
(Shady Records)

N’y allons pas par quatre chemins - cela vous épargnera peut-être une écoute laborieuse - cet album est mauvais. S’il fallait une métaphore pour illustrer la teneur de cet opus navrant, on serait tenté de le comparer à un épisode des Frères Scott, c’est à dire plein de pathos, de situations convenues, et d’émotions faciles. En signant sur Shady Records et Interscope, Yelawolf pensait réaliser un gros coup artistico-commercial. C’est raté. Ce Radioactive s’embourbe dans la plus infâme des bouillies musicales, entre productions indigestes et refrains désastreux à vous faire regretter d’avoir le sens de l’ouïe. La présence des invités n’y fera rien (Lil Jon, Eminem, Killer Mike etc.), si ce n’est que de plonger avec leur hôte dans ce puits insondable et sans fond. A force de montrer son torse tatoué à la télé, on peut déjà affirmer que le MC d’Alabama ne passera pas l’hiver. -Crazyhorus-


Les albums qui divisent…


Drake - Take Care (Young Money/Cash Money)

Avec Take Care, Drake nous offre là un projet beaucoup plus solide que son prédécesseur. Tout d’abord, le rappeur s’est nettement amélioré en chant, puis les productions du projet sont beaucoup plus abouties. En effet, outre la bombe livrée par Just Blaze, le travail de son ami Noah « 40 » Shebib est nettement plus carré, ce qui a pour conséquence une complicité encore plus renforcée entre le producteur et le rappeur. Le flow du MC et les productions de 40 se marient à merveille. Mais ce n’est pas tout, on peut aussi constater le fait que Drake se défende plutôt bien en jouant son double rôle de rappeur/chanteur avec beaucoup plus d’aisance et de facilité que sur sa première facture, ce qui rend l’écoute nettement plus agréable. Il nous offre donc un opus tout à fait convenable avec, comme autre point fort, la capacité à toujours suivre la même ligne directrice. -Rémy-


Drake - Take Care (Young Money/Cash Money)

Avec une popularité qui n’a de cesse de monter en flèche et des centaines de milliers de groupies à ses pieds, le Canadien Drake n’avait qu’à lever le petit doigt pour que son deuxième album soit couronné de succès. Pari tenu, Take Care s’est écoulé à près de 700 00 exemplaires la semaine de sa sortie aux États-Unis. De quoi sabrer le champagne chez Young Money. Pourtant, musicalement, il faut pourvoir tenir la marée. En dix-sept pistes interminables, Drake, fidèle à lui-même, distille un rap d’une platitude sans nom dont les variations se font aussi rares que les moments de bravoure du disque. Et même si son chant s’est amélioré en un an et demi, c’est un R’n’B de bas étage de que nous livre le lieutenant de Weezy sur cet effort qui ne fait que confirmer ce qu’on avait entrevu sur le précédent. Malgré des qualités certaines, Drake est aussi charismatique qu’une huître. -Esco’-



Mac Miller - Blue Slide Park (Rostrum Records)

Le changement d’identité est un phénomène chronique (jeu de mot Ramucho) pour Mac Miller, qu’il se fasse simplement en changeant de nom de scène (clin d’œil à celui qui était un jour Easy Mac) ou en revisitant totalement la musique qui l’a fait connaître. En effet, l’enfant de Pittsburgh a progressivement décidé de s’affranchir de l’esprit KIDS qu’incarnait ses récentes mixtapes. Pour son arrivée sur l’ultime forme d’expression musicale en studio, l’album, Mac Miller a décidé d’offrir à son public un travail plus mature, plus épuré. Blue Slide Park sonne vraiment comme une ode à la douceur, une douceur musicale dans les choix d’instrumentaux (« Under The Weather », « Of The Soul ») et dans les thématiques des paroles qui font l’apologie de l’amour, du plaisir et de la beauté de vivre. Une atmosphère globalement calme et qui peut sembler manquer de caractère mais qui est parfois pimentée de tracks plus épicées. Finalement, ce « debut album » s’avère être une agréable parenthèse, une sorte de rêve idéal légèrement édulcoré, mais peu importe. -Ju’-

Mac Miller - Blue Slide Park (Rostrum Records)

Aurait-t-on droit à une baisse de régime de la part de Mac Miller ? C’est ce qu’on est en droit de se dire avec cette première facture bien loin de la qualité de ses mixtapes. Avec Blue Slide Park, une certaine redondance se fait ressentir tout au long du projet, que ce soit au niveau des productions ou du flow. Mais ce n’est pas tout, Mac a la fâcheuse tendance tout au long de l’opus à pousser la chansonnette ce qui, à la longue, agace plus qu’autre chose. Ainsi, hormis un disque à la qualité discutable, on admirera les 170 000 copies vendues en première semaine avec un album sans featurings, sans producteurs de renom et sans l’aide d’une major. -Rémy-


Les notes de la rédaction



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