YouTube change la donne

Edito #54 : YouTube se tire une balle dans le pied

16 décembre 2013 . Pas de commentaire
By Arnaud, in What else ?

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Depuis le rapprochement entre YouTube et le réseau social Google Plus, pas une journée ne passe sans que les utilisateurs de la plateforme de streaming ne contestent cette décision. Et ce n’est pas près de s’arrêter. C’est dans une mise en scène presque manichéenne que YouTube s’est mis une grande partie des youtubers à dos en modifiant quelques règles liées notamment à la propriété intellectuelle.

Une majorité d’entre nous imaginait, parfois à tort, YouTube comme un espace de liberté qui permettait à une certaine quantité d’utilisateurs de tirer des revenus de leurs créations, qu’elles soient des tests de jeux vidéo (à l’instar du suédois PewDiePie) ou tout simplement des podcasts comme les innombrables Norman, Jérôme et autres youtubers.

Il faut croire que tout a une fin. Dans la nuit de mardi à mercredi, une partie de ces animateurs et podcasters se sont vus « bloquer » leurs vidéos. Le motif ? La « violation de droits d’auteur », tout simplement. Selon YouTube, l’utilisation - même partielle - d’images ou de musiques, donc de contenu tiers, ne correspond ni plus ni moins qu’au vol de la propriété des ayant-droits.

En d’autres termes si vous réalisez une vidéo de 25 minutes sur un sujet lambda et que vous avez le malheur d’y insérer un passage de film de moins de 5 secondes, vous serez tout de même soumis à cette violation de droits d’auteur. Votre contenu sera partiellement bloqué (censure de la musique, arrêt de la monétisation) voire retiré.

S’il est normal qu’un contenu sous copyright mis en ligne par un utilisateur ne possédant pas les droits soit supprimé, il est beaucoup moins acceptable qu’un contenu qui fasse l’objet de commentaires et de critiques se retrouve traité de manière similaire.

Une sorte de verrouillage qui pose un problème sur deux niveaux. D’une part cette manière de fonctionner privilégie grandement les comptes dits « premium », appartenant aux développeurs de jeux vidéo. Ce sont eux les ayant-droits qui ont l’autorité nécessaire pour réclamer ces fameux contenus tiers. Inutile de vous faire un dessin quant au rapport de force entre un utilisateur lambda et une société comme Nintendo.

D’autre part, cette prise de décision rentre en conflit avec la volonté de bon nombre d’éditeurs. À commencer par Mojang, Blizzard, Capcom ou encore Valve, qui ont invité ces derniers à contester les revendications que le robot YouTube envoyait automatiquement.

Ces derniers ont compris que la diffusion de leur œuvre leur rapporte une exposition avantageuse et parfois plus efficace qu’une campagne de publicité au coût largement plus important.

En attendant de réelles prises de position, une pétition adressée à Salar Kamangar - président du groupe YouTube et vice-président du service vidéo de Google - a été lancée il y a quelques jours et comptabilise déjà plus de 60 000 signatures.

Arnaud Sommie
@somesta

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