Retour en 2001, avec Jay-Z, Phraoahe Monch, Missy Elliot, Dilated People...

Back in 2001 !

27 mars 2011 . Pas de commentaire
By Esco', in What else ?

- Jay-Z - Izzo (H.O.V.A.)

Le hip-hop est un courant artistique qui s’apparente à une vraie bataille historique avec des défaites cuisantes, des victoires triomphantes et parfois des combats o๠il est difficile de bien cerner qui sort véritablement vainqueur. The Blueprint est la déclaration de guerre entre Jay-Z et Nas. Avec la puissance du combo « The Ruler’s Back » et « Takeover », on pensait retrouver Escobar mort et enterré. Mais il n’en est rien. Avec Stillmatic et « Ether », le prince du Queens remet les pendules à l’heure. Un véritable équilibre des forces entre deux puissances aux armes différentes. Mais avec « Izzo », Jigga confirme son association avec, pour le moment, seulement un producteur en vogue, Kanye West. C’est à lui que l’on doit une grande partie de la teinte de cette masterpiece o๠il compose le tiers des beats. The Blueprint est incontestablement l’un des travaux les plus aboutis du grand Jay-Z qui fixe et marque dans le temps son talent.

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- Dilated Peoples - Worst Comes To Worst

A la fin des années 1990, la scène West traditionnelle dite « gangsta » est en chute libre alors que l’underground californien ne cesse de progresser. En guise de fer de lance, le groupe Dilated Peoples insuffle une nouvelle dynamique grà¢ce à deux albums majeurs The Platform (2000) et Expansion Team (2001). Parmi les ogives hip hop sorties à cette époque, « Worst Comes To Worst » s’affirme aussitôt comme un morceau prépondérant en ce début de siècle. Produit par le step brother The Alchemist sur un sample magnifique de « I Forgot To Be Your Lover » de William Bell, cette perle affirme un style de vie hédoniste et fédérateur regroupé autour d’un cut de Mobb Deep scratché par un DJ américano-phillipin boudiné, le talentueux DJ Babu. Efficacité assurée, le groupe imprime désormais son empreinte indélébile. « Worst comes to worst my peoples come first ! »

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- P. Diddy - Bad Boys For Life

A New York, la situation géopolitique est particulièrement épineuse. Depuis la mort de Notorious un trône est à prendre. Les prétendants profitent de 2001 pour se mettre sur les rangs, dont P. Diddy. Il revient pour son deuxième album et cherche à tirer son épingle de ce bourbier new-yorkais. Avec la reprise artistique de Nas, conjuguée au Blueprint de Jay-Z, la barre est haute cette année là . Loin de la gueguerre entre ces deux derniers, c’est avec une certaine sérénité que le roi de Bad Boy marque son territoire et va encore plus loin dans la construction de son empire et de son armée, souvent faite de mercenaires. Mais peu importe, en 2001, il trouve son hymne avec « Bad Boys For Life » et celui-ci reste gravé.

- Missy Elliott - Get Your Freak On

Dans sa longue carrière de producteur, Timbaland a toujours eu des égéries de premier choix. Qu’il s’agisse de Missy Elliott, Aaliyah, Nelly Furtado ou plus récemment Keri Hilson et SoShy, les femmes auront rythmé le parcours de ce beatmaker hors norme. Missy Elliott, justement, est une des premières à s’allier pour de bon avec Timbo. En 1997, il produit l’intégralité de l’album Supa Dupa Fly, premier effort solo de la rappeuse de Portsmouth, Virginie. Le succès conséquent du disque pousse les deux artistes à étendre cette alliance sur les deux albums suivants de Missy, Da Real World et surtout Miss E»¦So Addictive, sacré «classique» peu de temps après sa sortie. L’apogée de la collaboration Timbaland/Missy Elliott aura lieu sur le titre «Get Your Freak On» qui rencontra un immense succès au cours de l’année 2001. Beat tribal, flow percutant, ce single 200% Timbo fit fureur sur les dancefloors du monde entier.

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- Jermaine Dupri (Feat. P. Diddy et Snoop Dogg) - Welcome To Atlanta (Remix)

Certainement l’un des producteurs les plus brillants de sa génération, ils sont tous passés par lui : TLC, Mariah Carey, Usher, Lil Kim, Aaliyah, Nate Dogg, Kris Kross»¦ Jermaine Dupri est incontournable cependant ses efforts en solo sont rares. Après Life In 1472, il revient avec un tout nouvel opus : Instructions. C’est dans cet album que se trouve le redoutable « Welcome To Atlanta » qui donnera lieu à l’un des remix les plus impressionnants de cette année 2001. En effet, ce morceau est un prétexte pour dédier quelques phrases à sa ville chérie et Jermaine, fort de ses innombrables contacts, invite les représentants les plus prestigieux. Entre P. Diddy pour New York, Murphy Lee pour Saint Louis et enfin le Big Snoop Dogg pour Long Beach, chacun marque son territoire de manière amusante et détendue, bien loin de toutes les tensions remontant à quelques années. Quand les mots dépassent les balles»¦

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- UGK - Take It Off

On l’oublie parfois car leurs débuts ont été quelque peu passés sous silence, mais les Texans Pimp C et Bun B rendent déjà leur cinquième copie en 2001, avec l’album Dirty Money. Installé dans le game depuis la fin des années 80, le groupe UGK (anciennement Underground Kingz) s’impose rapidement comme l’un des pontes du rap sudiste, au même titre que Scarface et ses Geto Boys, 8Ball & MJG ou Master P. Si leur opus le plus fameux reste sans conteste Ridin’ Dirty (1996), la sortie de Dirty Money fait figure de rédemption pour le binôme qui revient après cinq ans d’absence. «Take It Off» s’affiche comme le porte étendard de cet album o๠se côtoient contes mafieux et basses rutilantes. Une épopée crapuleuse dans l’univers de ces deux génies qu’étaient Bun B et Pimp C. UGK fo’ life !

- Method Man et Redman - How High (Part.2)

«Mais c’est mon pote Ivory !». Les deux weed smokers les plus célèbres du game, après avoir collaboré sur le remarquable BlackOut deux ans plus tôt, remettent le couvert à l’occasion de la sortie du fumeux How High. Si le film, délirant et potache à souhait, divise, l’OST est quant à elle savoureuse, aux forts relents d’herbe fraichement cueillie. En témoigne ce titre éponyme délicieusement funky o๠le Doc et Meth font étalage de leurs talents de botanistes. Depuis, les deux lurons peinent à retrouver leur verve d’antan, ralentis par des choix artistiques douteux (il suffit de se pencher sur le dernier scandale audio phonique de Redman, Reggie, pour s’en convaincre). Etourdissant !

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- Ludacris - Area Codes

Encore sous le choc de la disparition de l’illustre crooner Nate Dogg, placer « Area Codes » dans notre sélection des années 2001, est une manière de rendre une nouvelle fois hommage à une icône qui aura marqué d’une empreinte indélébile le paysage hip-hop depuis les nineties. Jazze Pha, une fois n’est pas coutume, concocte ici une track groovy à souhait, o๠s’ajuste le flow élastique de Ludacris, bien soutenu par un refrain impeccable de Nate Dogg, qui donne irrémédiablement envie de bouger frénétiquement les épaules. Ludacris y explique qu’il a eu des relations sexuelles dans chacune des régions des Etats-Unis. Tout un programme»¦ Une track qui sent l’été à plein nez !

- Pharoahe Monch - Fuck You

Un film, un titre. Training Day, « Fuck You » ou l’histoire de la chute vertigineuse d’un flic véreux de Los Angeles (Denzel Washington) sur fond de son West. Si le film repose sur des gros titres comme « Superstar » de Cypress Hill ou « Still Dre » de Dr Dre, un morceau va s’avérer particulièrement pertinent : « Fuck You » (rebaptisé « Got You » par la censure), de l’ex membre d’Organized Konfusion, Pharoahe Monch. Depuis « Simon Says » en 1999, le MC du Queens n’avait jamais fait autant bouger les masses. Ce dernier endosse alors le rôle principal, Chevrolet Impala, manteau de cuir noir, quincaillerie au cou autour duquel les croix de platine s’entremêlement gentiment avec une plaque du LAPD, autant d’attributs qui composent ce personnage à la fois fascinant et rebutant. « Un-Da-Stand ! »

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