Sur Neo Boto, on ne badine pas avec la tradition
Les Tops 2013 de la Rédaction
Le rendez-vous était pris depuis exactement trois cent soixante-cinq jours. Dans le respect de la tradition, la rédaction de Neo Boto a enfilé son plus beau smoking pour vous parler de ses coups de cœur de l’année. Si le nœud papillon est de rigueur, sachez que certains y sont toutefois allés dur dans la peinture. Ainsi ces tops 2013 tâchent mais demeurent néanmoins colorés. Bonne lecture à tous.
ARTISTE Pharrell Williams
Tantôt homme de l’ombre, tantôt sous le feu des caméras, Pharrell Williams aura participé à la création de nombreux projets qui ont illuminé cette année. Comment ne pas décerner le titre de Most Valuable Player au producteur derrière les albums de Pusha T, 2 Chainz, Robin Thicke, Daft Punk, Jay Z, Mac Miller ou encore The Weeknd et Beyoncé ? La légende veut qu’une fois la nuit venue, Pharrell Williams se transformerait en poulpe. Il ne saurait en être autrement.
ALBUM Ghetto Fabulous Gang - La Mort du Rap Game
Déterminer un album pour représenter une année est un choix délicat. Si nous avons été servis d’un côté de l’Atlantique comme de l’autre, pour ma part le mérite revient à l’écurie familiale du Ghetto Fabulous Gang. La Mort du Rap Game, un double-disque au nom équivoque, propose trente-cinq pistes qui renouent avec un rap traditionnel, cru, mais néanmoins doté d’un message, aussi virulent soit-il. Plus de deux heures de réalité qui vous frappent au visage, accompagnées de transitions cinématographiques propres au collectif de Shone et Ousmane Badara.
CLIP Drake - Worst Behavior
C’est également Drake qui décroche son étoile cette année. Avec le succès de son album Nothing Was The Same le canadien s’est indéniablement assuré une place parmi les grands. Plus d’un million d’albums écoulés, les félicitations de ses pairs et surtout la reconnaissance de Kanye West : on peut dire qu’il a passé une bonne année. Et c’est également pour ses clips que l’on a adoré le retrouver. Réalisés en partie par le torontois Director X, tous nous racontent une histoire. Et « Worst Behavior » tourné à Memphis ne déroge pas à la règle. Truffé de clins d’œil, on y retrouve le père de Drake aux côtés de Juicy J et Project Pat. Que demande le peuple ?
FILM Captain Phillips
Ancien journaliste d’investigation, Paul Greengrass est de ces hommes dont le travail nous aide à mieux comprendre le monde dans son ensemble. Captain Phillips s’inscrit également dans cette vision. À travers la prise d’otage du porte-conteneurs Maersk Alabama, le réalisateur nous invite à appréhender l’envergure du phénomène de la piraterie. Un fait d’actualité et très peu traité de cette manière. À l’inverse du long-métrage danois sorti quelques mois auparavant, Greengrass nous offre une vision géopolitique des événements. Même si cela doit passer par un énième constat de la suprématie américaine sur les océans. Pour reprendre les mots de l’explorateur Walter Raleigh : « celui qui commande la mer commande le commerce ; celui qui commande le commerce commande la richesse du monde, et par conséquent le monde lui-même ».
SÉRIE Breaking Bad
Il aura fallu quelques années pour que Bryan Cranston perde son image de papa poule des aventures de Malcolm. Mais quelle transformation ! Méconnaissable en vendeur de cristaux bleus, Walter White est l’associé d’une petite vermine qui était autrefois l’un de ses plus mauvais élèves. Un duo débrouillard et franchement attachant bien que l’envie de les insulter se fasse souvent ressentir. Tintée d’un réalisme glaçant, la série de Vince Gilligan nous amène dans la ville d’Albuquerque, à quelques kilomètres de la frontière mexicaine. Un nid douillet pour contrebandiers en tous genres.
ARTISTE Kendrick Lamar
Si 2011 a été l’année de la découverte (Section.80), 2012 celle de la confirmation (Good Kid, M.A.A.D City), 2013 est celle de la consécration pour Kendrick Lamar. Nominé à sept reprises aux Grammy, notamment pour l’album de l’année, il semble impossible que l’enfant de Los Angeles parte les mains vides du Staples Center, son arène. Mais c’est surtout avec la petite bombe atomique « Control » et un couplet dévastateur que K.Dot a brisé la guerre froide entre les rappeurs en s’auto-proclamant roi du Hip-Hop. Un de plus, mais à la différence des autres lui en a l’étoffe.
ALBUM Yeezus
10 morceaux comme 10 commandements comme Moïse en son temps, Kanye West a envoyé Yeezus pour établir les nouvelles règles du rap de demain. Sur 40 minutes, il s’amuse à déstructurer les codes avec la virtuosité qu’on lui connaît : morceaux sans refrains, cris stridents, nouveau travail sur les samples. Yeezus est un glissement dans le monde du Hip-Hop, il explore les nouvelles textures musicales du genre et les démocratise en même temps. Alors oui cet album est imparfait, on regrette le manque de travail sur les textes, mais lorsqu’une œuvre tend à changer la face d’un genre artistique, elle se glisse au sommet de l’année.
CLIP Gesaffelstein - Hate or Glory
On leur devait notamment la mise en images de « Midnight City » (M-83) et « Roche » (Sébastien Tellier), Fleur & Manu ont encore frappé très fort en étant aux manettes de « Hate or Glory » du petit prince de l’électro française, Gesaffelstein. Une esthétique glaciale qui porte une tension qui ne cesse de grimper jusqu’à l’explosion du dénouement. Il y a dans ce clip un entremêlement d’élégance obscure entre le personnage principal, les décors et l’intrigue. Un magnifique travail pour un petit joyau.
FILM Gravity
L’espace au cinéma est un genre en évolution constante, les avancées technologiques permettent d’explorer encore plus l’immersion dans l’univers spatial. Comme Stanley Kubrick en son temps, Alfonso Cuàron, en introduisant l’utilisation de la 3D, offre une nouvelle texture au genre. Au-delà de la simplicité du scénario, Gravity est une expérience visuelle, une expérience de vie. On traverse avec Ryan Stone toutes ses mésaventures comme si elles étaient nôtres.
SÉRIE Orange Is The New Black
Depuis 2012, on observe un glissement géopolitique dans la compétition que se donne les chaînes de télévisions américaines pour obtenir les séries les plus prometteuses. A l’ère d’Internet, Netflix tire maintenant son épingle du jeu et après le succès d’House of Cards c’est au tour d’Orange Is The New Black de faire sensation. Une immersion totale dans un pénitencier pour femmes qui va au-delà des caricatures. Celles qui peuplent cette prison sont extrêmement complexes, Jenji Kohan dissèque chacune de ces personnalités de manière précise et efficace. Ainsi attachement, identification et implication marquent cette première saison.
ARTISTE Casseurs Flowters
On connaissait depuis quelques années la qualité de la musique d’OrelSan, et ses deux premiers albums inscrivaient déjà la marque du rappeur sur le monument du rap français. L’histoire retiendra désormais l’épopée ordinaire des Casseurs Flowters et le talent jusqu’alors méconnu de Gringe, acolyte du Bas-Normand qui avec lui faisait il y a dix ans ses premières classes musicales avec option rap. Loin des clichés « ghetto » de la scène actuelle qui touchent la plupart des rappeurs toutes classes sociales confondues, OrelSan et Gringe viennent bouleverser une scène française fermée en nous proposant des textes pleins d’humour et d’auto-dérision. Ce faisant, ils renouvellent considérablement le genre et nous font humer une bouffée d’air pur en plein milieu des calibres, de l’ego-trip et des putes qui jalonnent le game actuel.
ALBUM La Femme - Psycho Tropical Berlin
Psychédélisme et surf-guitar sont les deux atouts majeurs de La Femme, dont les textes flirtent tantôt avec l’humour et la poésie sur un mélange envoûtant de synthétiseurs et de paroles féminines. Que l’album de l’année soit francophone n’est pas une évidence. Si mon choix se porte sur La Femme, c’est qu’elle a réussi ce que les BB Brunes n’avaient pu qu’effleurer, pour un public moins averti, en s’inspirant de leurs aînés poètes et romanciers de manière trop marquée, presque vulgaire : elle a redonné ses lettres de noblesse à la langue française. Absurde et contemporaine, la parole de La Femme est unique. Ses musiciens nous font en outre revivre la période surf du rock français, et le font avec talent et syncrétisme en y insérant des bribes de leur propre culture pop et électronique. Que demander de plus ?
CLIP Flynt feat. Orelsan - Mon Pote
Il ne suffit pas d’être un photographe et un monteur hors pair pour réaliser d’excellents clips. Il faut aussi de solides idées de fond : ce que l’on appelle un concept. Au début de l’année, le réalisateur Francis Cutter remportait déjà une Victoire de la musique pour le clip de « Fuya » qu’il avait conçu pour le groupe C2C. Récidive, il signe à nouveau l’un des meilleurs visuels de l’an 2013 avec « Mon Pote », florilège de références cinématographiques au sein desquelles s’insèrent Flynt et OrelSan. Au-delà de la prouesse technique qui rend possible l’existence du clip, c’est un véritable plaisir que de retrouver tous ces films qui ont marqué notre jeunesse. Et l’amitié indéfectible racontée par les deux rappeurs est illustrée à la perfection par ces retrouvailles.
FILM Spring Breakers
L’année cinématographique 2013 fut extrêmement riche. Si Gravity a technologiquement marqué l’histoire de la 3D, le film d’Harmony Korine le surpasse en raison de l’attente qu’il a générée, de ses critiques et de son résultat artistique final. Figure incontournable de l’indépendant américain, collaborateur de Werner Herzog et du Dogme 95 de Lars Von Trier et Thomas Vinterberg, Harmony Korine a su jouer avec les codes marketing des producteurs de films type Projet X, en mettant ce que l’on pourrait appeler sans chercher l’amalgame une énorme « quenelle » au public adolescent venu consommer de la débauche acidulée et facile. Spring Breakers se révéla en fait être un film cru, polémique, mettant en scène avec talent l’insouciance généralisée et misérable d’un certain pan de la jeunesse américaine, en plus d’être porté par les géniales images fluorescentes du chef opérateur Benoît Debie.
SÉRIE Breaking Bad
Durant toute la première partie de l’année 2013, les fans de séries télé n’attendaient qu’un seul événement : la reprise de Breaking Bad. En août, le sésame tant attendu fut enfin diffusé par AMC et relayé dans tout le monde occidental par les sites de streaming et de peer-to-peer. Breaking Bad n’est pas qu’une série, c’est un phénomène d’une qualité artistique sans précédent. Un succès porté par l’incontournable Bryan Cranston qu’on avait connu papa de Malcolm et qui se retrouva transformé en dealer de méta-amphétamines. La deuxième partie de la cinquième saison a comblé toutes les attentes : rares sont les épisodes finaux d’une série à faire à ce point l’unanimité. Breaking Bad a donc fortement marqué les esprits durant cette année 2013.
ARTISTE A$AP Rocky
Couvertures de magazine, collections de mode, participation aux albums majeurs de ces douze derniers mois, A$AP Rocky était partout cette année. Surtout, le rappeur nous a offert avec Long.Live.A$AP l’un des projets rap les plus remarquables de l’année. Lui que l’on attendait au tournant après une mixtape qualitative à souhait (Live.Love.A$AP, 2011), a franchi haut la main l’étape du premier essai et a réussi à se faire une place au soleil dans cet impitoyable rap-jeu. Probablement le plus grand espoir de la scène Est Coast, A$AP Rocky aura brillé de mille feux tout au long de cette année 2013 et l’aura véritablement marqué de son empreinte.
ALBUM James Blake – Overgrown
Hissé au rang de révélation de l’année 2011 avec son premier opus éponyme, véritable acclamation critique, James Blake se devait de confirmer les grands espoirs placés en lui. C’est chose faite, et ce de la meilleure des manières avec ce sophomore album baptisé Overgrown, bien plus abouti que son prédécesseur. Un exploit qui permet à l’artiste britannique de faire son entrée officielle dans la cour des grands, et qui fait de lui l’auteur, à seulement 25 ans, de deux des meilleurs projets du XXIe siècle. Et dire que sa carrière ne fait que commencer…
CLIP Flynt feat. Orelsan – Mon Pote
Réunis le temps d’un clip, les deux rappeurs français Flynt et OrelSan nous ont offert avec « Mon Pote » une véritable prouesse visuelle mise en boîte par Francis Cutter. De Fight Club à Men In Black, en passant par Les Fugitifs, Les Valseuses ou encore Pulp Fiction, les protagonistes intègrent pendant plus de trois minutes des scènes cultes des films suscités de manière totalement bluffante, pour un rendu impeccable, dépourvu de toute divergence avec les séquences originelles. Une manière bien à eux de rendre un fabuleux hommage à la culture cinématographique. Chapeau bas.
FILM Side Effects
Paré d’un prestigieux casting avec en tête Jude Law, Rooney Mara, Channing Tatum et Catherine Zeta-Jones, Side Effects avait déjà tout pour réussir. Réalisé par le on ne peut plus prolifique Steven Soderbergh, connu pour avoir mis en boîte quelques films marquants au début des années 2000 tels Traffic (2000), Erin Brockovich, seule contre tous (2000) et Ocean Eleven’s (2001), ce nouveau long métrage se voulait ambitieux et émanait d’un désir profond de la part du cinéaste de revenir avec un projet abouti. Et c’est chose faite avec Side Effects, annoncé comme l’avant-dernier film de sa carrière. Centré autour d’une critique du milieu pharmaceutique et mettant en scène un psychiatre, remarquablement bien joué par Jude Law, et une jeune femme perturbée qui se veut en pleine dépression, celui-ci nous plonge pendant plus d’une heure dans un thriller haletant, captivant, qui parvient à nous tenir en haleine jusqu’à son dénouement. Si le démarrage, peu engagé, s’enlise dans un état de quasi somnolence, le scénario réussit rapidement à capter notre attention grâce à une mise en scène pour le moins soignée et s’ensuit alors à une allure assez intense suspens, rebondissements et autres retournements de situation pour un final des plus réussis. Un polar à classer parmi les plus grandes réussites de Soderbergh.
SÉRIE Vikings
Mis à l’amende côté visibilité par les Dexter, Game of Thrones, Homeland, House of Cards, Walking Dead et autre Breaking Bad, Vikings n’en demeure pas moins l’une des séries les plus attractives de l’année. Retraçant les aventures de Ragnar Lothbrok, un roi Normand semi-légendaire ayant vécu entre la deuxième moitié du VIIIe et la première moitié du IXe siècle, cette adaptation ne s’éloigne que très peu de la réalité historique. De quoi rendre encore plus crédible et captivante cette série. Ajoutez à cela des acteurs attachants, un scénario efficace, un total respect des lieux, des décors et de la culture normande, et vous obtenez l’une des séries les plus abouties de ces dernières années. Avec un niveau aussi élevé, gageons que la saison 2 sera à la hauteur de sa prédécesseure.
ARTISTE Chance The Rapper
Le défi s’avérait de taille. Avec une scène locale dominée par la drill scene à son pic – l’égérie mondiale Chief Keef n’y est pas pour rien –, proposer une alternative solide à ce genre relevait du challenge. Sans être manichéen, Chance The Rapper est venu comme il était, avec son sourire et un flow enjoué un brin enfantin. Sa mixtape (Acid Rap), plus proche de l’album… que de la mixtape, incarne parfaitement la philosophie de l’année 2013. Les critères d’évaluation changent, le succès ne repose plus sur les ondes hertziennes ou encore la promotion écrasante des majors. En déclarant ne voir aucune raison valable de signer dans un label, à travers cette phrase c’est bien la volonté d’un artiste qui se dessine. Une volonté de prendre en main sa carrière ainsi que tous les choix artistiques qui en découlent. Prochaine étape ? Sa clique : SAVEMONEY.
ALBUM Alexander Spit – Dillinger
L’évolution artistique est un critère indispensable pour la pérennité de tout artiste. Dans le cas contraire, difficile d’avancer. Cette année 2013, Alexander Spit n’aura pas arrêté d’avancer. En ouvrant le bal avec l’album A Breathtaking Trip To That Otherside, puis en produisant au milieu d’année une mixtape expérimentale (Mansions II), le rappeur/producteur californien n’aura fait que donner de subtils indices concernant son ouverture esprit. De ce fait, quoi de plus normal que de le retrouver en fin d’année avec un album (Dillinger), abouti, affichant une palette large entre rap psychédélique, sampling, rock et codéine. Un joli coup façon John Dillinger.
CLIP Jay-Z – Picasso Baby
« … I just want a Picasso … In my casa … », dire que Shawn (Corey) Carter plane au-dessus du rap a des hauteurs encore non-atteintes n’est qu’un doux euphémisme. En effet, il avait déjà glissé le mot à travers nos écouteurs en déclarant « Up in the clouds, my and my spouse ». Eh bien après avoir annoncé par surprise la sortie de son nouvel album Magna Carta… Holy Grail, d’en avoir vendu un million sans single, et ce, avant même la sortie officielle, Jay Z aura modestement titré son premier clip « A Performance Art Film ». Véritable show scénique, il se sera mué en œuvre d’art mouvante devant un public volontaire à la Pace Gallery de New York, pendant près de six heures continue. Une prestation atypique. #NewRules
FILM Prisoners
Le succès de ce film pourrait se résumer au rôle de l’inspecteur Loki (Jake Gyllenhall). Calme, mystérieux, intraitable, la prestation chirurgicale de Jake Gyllenhall ne fait qu’embellir ce thriller haletant réalisé par Denis Villeneuve. Avec un suspense maîtrisé de bout en bout, ce film qui met en scène un père de famille, Keller Dover (Hugh Jackman), prêt à tout pour retrouver sa jeune fille disparue s’avère être impeccable. Le 7ème art aura vu une belle œuvre s’ajouter à sa collection déjà fournie.
SÉRIE Breaking Bad
Deux amateurs qui se lancent sur tout marché, sans aucune donnée, ni étude au préalable est une chose inenvisageable. Alors deux amateurs qui se lancent dans un marché ultra-concurrentiel, illicite, et de surcroît, dans lequel on paye de sa vie la moindre erreur ne peut qu’intriguer. Alors quand Walter White (Bryan Cranston), professeur de chimie atteint d’un cancer du poumon passe à l’action en s’associant avec Jesse Pinkman (Aaron Paul), un de ses anciens élèves, pour fabriquer et vendre de la méthamphétamine dans l’optique de mettre à l’abri sa famille, ce duo le plus improbable des séries US ne peut qu’être intéressant. Précis, rapide, efficace, en cinq saisons phénoménales produites par Vince Gilligan, Breaking Bad entrera facilement dans le panthéon des séries emblématiques à regarder.
ARTISTE Arcade Fire
Quatrième album, un single fou de huit minutes, des concerts annoncés deux heures avant, et une tournée 2014 qui va se charger de mettre tout le monde d’accord. Cette année, la bande à Butler a montré qu’elle n’était plus seulement un groupe mais une machine à gagner. Le règne des Reflektors n’est pas près de s’achever.
ALBUM La Femme - Psycho Tropical Berlin
On les a dit insolents, branleurs, je-m’en-foutistes. Peut-être. Mais La Femme nous a donné tellement de plaisir cette année qu’on ne lui en tient pas rigueur. Puissant, hypnotique, d’une ambition folle, Psycho Tropical Berlin est bien l’album que toute la nouvelle scène française attendait. Un chef d’oeuvre en forme de voyage initiatique à écouter sous psychotropes. Encore, encore et encore.
CLIP Tyler, The Creator - Tamale
Il fallait bien un clip aussi taré que “Tamale » pour tenter de capter la folie qui agite l’encéphale du grand Tyler, The Creator. Nous aurions très bien pu nous attarder sur les non moins formidables “Domo 23 » ou « IFHY« , mais voir Tyler faire du trampoline sur le cul d’une grosse black a fini de nous convaincre. Le clip de « Tamale« , c’est des barres de rire assurées, le génie du Créateur concentré en 4 minutes 32.
FILM Spring Breakers
La Vie d’Adèle ? Spring Breakers ? La Vie d’Adèle ? C’est finalement le long d’Harmony Korine qui l’emporte sur le fil. Pour le geste, d’abord. Pour ce que dit le film sur son époque, ensuite. Et aussi, un peu, beaucoup, pour cette scène-miracle qui te fera aimer “Everytime” de Britney Spears à vie.
SÉRIE Breaking Bad
Impossible d’imaginer l’issue de cette série qui nous aura tenu en haleine jusqu’à la dernière seconde. On ne spoilera guère la fin du trip pour les retardataires, en revanche, retenez bien une chose : Vince Gilligan et ses personnages sont officiellement passés dans la case « génies absolus ».




