Dix morceaux moites et sulfureux du plus célèbre pimp du game
Too $hort : le manuel du hustler en 10 tracks
Figure mythique de la scène californienne depuis le début des 80′s, Too $hort a été l’un des pionniers à populariser la figure du pimp dans le rap. Inspiré - à l’instar de Ice T - par les récits truculents de l’écrivain Iceberg Slim, Too $hort est passé maître dans l’art de manier la rime salasse à grand renfort de basses rondes et de claviers laid back. Accompagné depuis le départ par les fidèles du Dangerous Crew parmi lesquels le créatif Ant Banks, le MC de la Bay Area ne compte pas mettre un terme à une carrière on ne peut plus prolifique. Si aujourd’hui $hort Dawg n’est plus celui qui nous a fait kiffer durant les années 1980-1990, il reste cependant ce rappeur trivial, glorificateur des prouesses sexuelles sur fond de productions moelleuses. Voici en dix tracks, un concentré du plus célèbre pimp d’Oakland. Le choix était cornélien…
« My name is Short, my game is long, I freak these hoes and sing these songs »
I’m A Player (1993)
A l’heure où la déferlante g-funk bat son plein, Too $hort entame une triplette d’opus mémorables (Get In Where You Fit In, Cocktails, Gettin’ It). Parmi les morceaux qui auront marqué sa période 90′s, on retrouve naturellement « I’m A Player », titre incroyablement addictif produit par l’armada du Dangerous Crew avec Pee Wee au clavier et Shorty B à la guitare qui reproduit ici la bass-line d’ « Hollywood Square » de Bootsy Collins. Une ogive en guise d’hymne poissard à la vie de mack. Le clip sera d’ailleurs tourné chez Too $hort.
The Ghetto (1990)
Connu pour ses thématiques sexuelles récurrentes, Too $hort s’est aussi essayé au message social. Le morceau le plus fameux reste sans conteste « The Ghetto » dans lequel le MC d’Oakland troque sont costume de pimp contre celui de chroniqueur social. Serti de son sample de Donny Hathaway, « The Ghetto » atteindra la troisième place des charts rap de l’époque. Deux ans plus tard, Los Angeles se transformait en un gigantesque brasier.
Oakland (1988)
Produit par Al Eaton sur l’album Life Is Too Short, « Oakland » prend le contre-pied des codes de production de la fin des années 1980 marquées par un bpm élevé. Ici pas de beat effréné ni de gros riffs funky, place à un son de velours posé sur des nappes de clavier ultra smooth. Un hommage sensuel à Oaktown et à la vie de player.
Gettin’ It (1996)
S’il fallait ne garder qu’un seul morceau, « Gettin’ It » serait un choix difficilement contestable. Produit par Shorty B et Parliament, ce missile est né d’une longue session studio avec Parliament-Funkadelic d’où ressortiront deux titres P-Funk « Gettin’ It » et « I’ve Been Watching You ». Reprenant un tempo quasi-identique que celui de « I’m A Player », ce morceau reprend le thème de « I’d Rather Be With You » du Bootsy’s Rubber Band avec en supplément le backing vocal de George Clinton. Classique.
Dope Fiend Beat (1987)
Avec son gros « biaaaatch » en guise d’introduction, Too $hort inaugure une longue série de cri primal qui deviendra sa véritable marque de fabrique. Si « Dope Fiend Beat » n’est pas des plus poétique, sa production est en revanche beaucoup plus intéressante. Bourré d’effets en tout genre, ce titre atteint une dimension presque hypnotique grâce à son synthé abrasif. Les gars d’Odd Future n’ont rien inventé.
Bad Ways (1996)
Présent sur Gettin’ It, « Bad Ways » fait partie de ces morceaux qui ne vieillissent pas. Reposant sur une production aérienne signée Xavier Hargrove aka Spearhead X ce titre est une ogive typiquement West gagnée par des cœurs féminins éthérés. Le couplet imagé de Studd est lui aussi d’une efficacité à toute épreuve. « Bad ways… Real bad ass ways… »
Just Another Day (1993)
Influence g-funk oblige, la concurrence commence à être rude en ce début des années 90. Nombreux sont les MC à surfer sur la vibe du hustler et du g-rap. Too $hort en prend acte et se met à la page. Résultat, « Just Another Day » est du g-funk pur jus façonné par le Dangerous Crew avec grosse basse à l’appui et sirène lancinante qui ressemble à s’y méprendre à celle de « You Know How We Do It » d’Ice Cube.
Cocktales (1995)
Dès les premières mesures « Cocktales » s’annonce comme un morceau particulièrement bien senti. Verres de Martini, femmes dénudées étreintes par des boas constrictors, tout ici est suggestif, à commencer par le titre lui même. S’en suit une série de rencontres avec de jeunes filles faciles, ouvertes aux galipettes : Naomi, Vicki, Tina, Annette, Christine, Angie… Le tout relevé par une production ouatée réalisée sur-mesure par Shorty B. A ne pas mettre entre toutes les oreilles.
Never Talk Down (1996)
Entêtant. Voilà un synonyme qui conviendrait plutôt bien à ce titre pour le moins efficace et au refrain capiteux signé Rappin’ 4-Tay. Calibré pour la ride à bord d’une Chevrolet 6 Fo’, « Never Talk Down » prend alors toute sa dimension.
Ain’t Nothing But A Dog (1992)
Produit par Ant Banks, « Ain’t Nothing But A Dog » est tout de suite identifiable grâce à son break sec et son riff funk. Ajoutez à ces éléments de base une volée succincte de violons et vous obtiendrez un morceau digne de $hort Dawg. Ant Banks, Too $hort, le duo de choc.




Très bonne rétrospective musicale, sa me donne envie de me pencher un peu plus sur le personnage
J’aime aussi beaucouo Freaky Tales
Freaky Tales, Blowjob Betty etc. en choisir 10 est tellement difficile