Tony Parker, de la Croatie à San Antonio

Tony Parker : le grand gamin du Basket français

12 juillet 2012 . Pas de commentaire
By Nico, in FR Side, Featured

L’occasion est idéale. Alors que le World Basket Ball Festival vient tout juste d’accueillir ses premiers basketteurs en devenir, Tony Parker est plus que jamais au centre de l’actualité. Le documentaire Under Control joue cartes sur table d’entrée de jeu : Ferrari noire rutilante, Tony P 9 en guise de plaque d’immatriculation, baraque à la limite de la décence. Pas mal pour un type qui a commencé sa carrière au PSG Racing. Omniprésent durant cette première partie d’année, le numéro 9 le plus célèbre de France aura occupé l’espace médiatique comme rarement, pour le meilleur et pour le pire. Retour sur un personnage que l’on est loin de connaître par cœur – si vous souhaitez quitter Neo Boto à jamais en avançant ce jeu de mot comme principal argument, on pourrait difficilement vous blâmer -.


Supersonique

Comment ne pas succomber à son charme ? Porté par un faciès s’apparentant à celui d’un gentil dauphin, essayer Tony Parker, c’est l’adopter. A 30 ans, l’éminent meneur de jeu des Spurs vient de réaliser sa saison la plus aboutie. Fils adoptif du grand manitou Popovich, et fer de lance d’une équipe des Spurs vieillissante aux ressources semble-t-il intarissables, le champion d’Europe Junior est un travailleur acharné. Instigateur du tear-drop en NBA, rapidement singé par Derrick Rose et Chris Paul, le meilleur pote de Boris Diaw fut un temps considéré comme un candidat sérieux au titre de meilleur joueur de la saison régulière. Un chouia moins glamour que son homologue Lebron James, Parker se contentera d’une place en finale de conférence, où TP et son armada de vieillards sur le retour ont accusé le coup face aux vigoureux jeunots du Thunder.

Oubliez les Russel Westbrook et autres Derrick Rose. Tony P est le joueur le plus rapide de NBA, flashé à 33 km/h balle en main. Plutôt flatteur face aux extraterrestres sur ressorts précités. Régulièrement qualifié de plus grand basketteur Français de l’histoire, lorsque l’équipe d’Intérieur Sport lui demande de choisir entre une quatrième bague de champion NBA et une médaille d’or aux JO de Londres, l’animal penche sans hésiter vers la seconde solution. Une notion de fierté nationale qui peut sembler surprenante, à l’heure où nos footballers nationaux au Q.I proportionnel à celui de Kate Upton se tirent une balle dans le pied. Encore vierge de tout Jeux Olympiques, Parker a bien failli voir son dépucelage lui passer sous le nez, la faute à quelques éclats de verre mal placés. Mais ça, c’est une autre histoire. Un conte qui nous emmènera vers le côté le plus obscur de Tony Parker, où le basketteur s’estompe au profit d’un personnage au profil autodestructeur.


Tony Parker et la Croatie

TP restera-t-il dans l’histoire pour ses trois titres de champion NBA et son trophée de MVP des Finales 2007 ou pour LA punchline de la décennie « On mangera des steaks plus gros que la Croatie » ? La question mérite d’être étudiée. Au-delà du simple aspect humoristique de la réflexion, s’illustre un paradoxe autour duquel l’ensemble de la carrière du meneur de jeu semble involontairement bâtie. A la fois respectable sur et en dehors du terrain de par son attitude de compétiteur féroce et des qualités intrinsèques indiscutables, tout en étant la cible constante des médias pour des faits d’armes à la limite du ridicule, difficile de prendre Tony au sérieux.

Ennemi public numéro un de la gente masculine pendant sa relation avec Eva Longoria puis cible des critiques les plus voraces après des révélations d’adultère, Parker grillera même la propriété à Lebron James et Tiger Woods au classement des sportifs les plus détestés aux Etats-Unis. Gabrielle Solis a couché avec son jardinier, et on en pas fait toute une histoire. Toujours présent au bon moment, notre Tipi national est la seule personne à avoir assisté à la joute épique Drake-Chris Brown ayant subi un dommage collatéral. Prétextant qu’il souhaitait éviter une blessure à sa petite amie, le vaillant Parker a mis son corps en opposition tel un Sangoku sous stéroïdes, recevant des éclats de bouteille dans la rétine. Sombre histoire, vous en conviendrez. Le plus flippant ? L’auteur de « Balance-toi » n’exclut pas un retour dans le rap game. Si d’aucuns y verront l’illustration d’une immaturité au caractère régressif, d’autres envisageront simplement ces écarts – si ils peuvent être qualifiés comme tels- comme la preuve qu’avant d’être un multimillionnaire mégalo, Tony Parker est en amont un grand gamin assoiffé de balle orange. En témoignent son engagement auprès du club de l’ASVEL et sa volonté de promouvoir le Basket français sous toutes ses coutures. La saison prochaine, Nando De Colo, Boris Diaw et Tony Parker batailleront sous le même maillot au sein d’une équipe de San Antonio à la dimension internationale jouissive. Une première en NBA.


Rarement une ascension n’aura été si fulgurante. Propulsé du statut de joueur majeur à icône sportive trans-générationnelle, l’ex-meneur du Paris Basket Racing aura bénéficié de l’enseignement avisé de Gregg Popovich, immense coach au caractère bien trempé et impitoyable envers son jeune prodige. Qu’importe si ses gamineries suscitent les railleries, Tony Pi est un basketteur hors-norme, au charisme indéboulonnable. A 30 ans, le pote de Fat Joe n’a jamais semblé si à l’aise sur un terrain de Basket, libéré de toutes contraintes et de considérations médiatiques, les yeux rivés sur le cuir, le regard vissé sur les fanions ornant le prestigieux plafond du AT&T Center. Les Jeux Olympiques dans le viseur, le leader de l’équipe de France continue son ascension vertigineuse vers les sommets, si bien qu’on parle de lui comme un futur All Of Famer. Là-haut, aux côtés des Jordan, Magic Johnson et Larry Bird. Sky Is The Limit.

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