Walter pourrait bosser pour Maybach Music non ?

Breaking Bad : What Would Heisenberg Do ?

Plus proche de la réalité qu’un feuilleton sur le bien-vivre avec Martha Stewart et plus facile à regarder quun épisode de « Cauchemar en cuisine », Breaking Bad c’est une vision kaléidoscopique sur un nouvel American Way of Life, où toute une famille va sallier pour réaliser une des recettes culinaires les plus ardues qui soient : le crystal méth.

Lets cook !

Attention novice, ici tu ne trouveras pas de résumé étiré et fade sur cette série qui compte déjà quatre saisons (et un nombre incalculable de fans) mais plutôt une exploration, une ouverture sur le sujet, un gros focus au fish-eye dans lequel nous allons tenter d’anticiper le rôle prépondérant que s’apprête à occuper Walter White dans cet enfer bleu nommé Albuquerque.

Walter White, modeste professeur de chimie au charisme proche de la moule, se révèle être la clé d’une intrigue meurtrière qui laisse planer une fumée de crak sur la santé publique américaine. Découvrant tardivement son cancer à un stade avancé, et sans chercher à vraiment le combattre, il décide de prendre les devants et d’assurer à sa famille un avenir radieux. Comment ? En fabriquant un produit peu onéreux et dont la demande ne cesse de croître (non pas le viagra mais presque…) une nouvelle drogue synthétique, la méthamphétamine. Mais pas n’importe quelle méth, le plus produit chez Walter White c’est la couleur, un bleu azur reconnaissable entre mille qui ne fera que renforcer sa renommé auprès des amateurs de crystal qui la surnomment Blue Sky. Portrait d’une Amérique en déclin, la montée en puissance de nouvelles drogues dures et la facilité avec laquelle on peut mettre sur pied un labo clandestin. Les substituts ne manquent pas pour trouver une explication rationnelle au phénomène Breaking Bad. Bien plus qu’un simple divertissement, cette série se base sur l’attrait naturel de l’être humain pour l’autodestruction, et (comme chez Maybach Music) sur son goût prononcé pour l’easy money.

Les différents trailers qui ont surgi des méandres du net ont jusqu’à maintenant tous tendu vers une cinquième saison clairement orientée sur le personnage névralgique, et principal rescapé de cette guerre des drogues : Walter White. Après l’éviction (à l’explosif s’il vous plaît) du précédent baron de la drogue Gustavo « Gus » Fring, Walter semble être devenu la tête principale du réseau de la blue meth laissant ainsi toute liberté d’expression à son alter-ego burné Heisenberg. Mais qui est Heisenberg ?

Pause Tableau noir : Célèbre physicien allemand, Werner Heisenberg est notamment l’un des fondateurs de la mécanique quantique.

Mais Heisenberg dans Breaking Bad c’est surtout l’incarnation bestiale de Walter White (sorte de chimère coiffée d’un chapeau type «gondolier» noir et des lunettes qui vont avec) capable de désintégrer un corps à l’acide dans une baignoire, ou bien d’exécuter de sang froid tout un groupe de Mexicains à l’aide de fulminate de mercure (pas con le chimiste). On est très proche d’un Jeckill & Hyde sur le plan psychologique sauf que cette fois le docteur attaque à l’explosif ! Fruit d’une longue évolution depuis les premiers pas de Walt dans ce monde cristallin, Heisenberg a pris au fil des saisons des cours accélérés sur la manière de diriger un réseau, sur les négociations musclées et sur les prises de décisions finales à la poudre.

Et jusqu’à cette cinquième saison, ce Blues Brother fini à la tequila n’avait pour ainsi dire, jamais eu l’occasion d’exercer ses pulsions en liberté. Hélas, comme il faut à chaque série télé son iconoclaste méchant, les quatre premières n’ont pas dérogé à la règle mais il semblerait (si l’on est dupe) que soit enfin venu le temps de laisser faire Heisenberg. Walter White, la figure paternelle est au départ le sage de cette fiction pourrait-il devenir celui par qui tout finira… ?

Un chimiste cancéreux et un jeune en échec scolaire, voilà la plus belle façon de débuter ce conte moderne…

Evolution fulgurante dûe à un produit d’une pureté proche des 100%, le duo qui avait commencé en cuisinant leur meth dans un bon vieux van perdu au milieu du désert mexicain va vite finir par gravir les échelons et terminer dans le laboratoire ultra-moderne (dissimulé sous une blanchisserie) d’un des plus vieux barons de la drogue du nouveau Mexique, Gus. Et on connait la suite, le « gentil » chimiste va occire le méchant grossiste. Bien, mais qu’est ce qui nous attend ?

Comme tous les drogués qui l’entourent, Walter White marche à quelque chose… son truc à lui c’est l’adré. Et c’est dès qu’il va entendre parler de cartels et de numéros à six chiffres qu’il va commencer à développer un goût certain pour l’autorité, l’argent facile et les armes à feu ; genèse d’un Heisenberg en pleine création qui fera son apparition à partir du premier meurtre de White. Entité plus charismatique que terrifiante au départ, Heisenberg va évoluer aussi vite que la drogue s’écoule et que s’amoncellent les liasses de billets verts. Plus le scénario se durcit et plus Heisenberg devient la seule réponse qui ne soit pas vide de sens pour un Walter White qui ne sait plus qui il est ; plusieurs fois il est envahit par son côté sombre, mais réussit involontairement à être freiné dans ses actions.

En prenant pour témoignage l’introduction de l’un des épisodes de la saison 2 où un groupe de chicanos dédie une de leurs chansons à la gloire d’Heisenberg, on a la preuve que ce dernier fait désormais partie intégrante de l’imaginaire collectif du monde de la truanderie. On ne le connait pas, on ne l’a même jamais vu, mais tout le monde sait de quoi il est capable (on sait que tu es là Keyser Söze). Un criminel dont les exploits (sanglants) façonnent des légendes urbaines, et dont la cruauté et l’influence sont devenues mythiques parmi les forces de l’ordre et les criminels eux-mêmes, doutant de son existence, voire la niant. Des pontes de la drogue mexicains aux toxicomaniaques prêts à tout pour une dose, l’univers de Walter White va s’obscurcir au gré du rythme effréné avec lequel il s’attache à produire des quantités de « mets » toujours plus importantes.

Alors pour cette cinquième saison, gravitera autour de Walter Heisenberg tout un microcosme familiale qui va sûrement se rapprocher toujours plus dangereusement de la vérité. Une chose est sûre, et même si il en est de moins en moins question au fur et à mesure de la série, Walt va continuer à cuisiner SA meth et à asseoir son territoire. Même après tout le blé amassé, la tentation est toujours plus forte, et y céder c’est ressortir le chapeau. Ce chapeau noir, si noir qu’il rendrait presque opaque le cancer dont souffre notre précieux chimiste qui est depuis longtemps relégué au second plan. Rattrapé par la maladie ou par sa folie , Walt court, à coup sûr, à sa perte. Dernière saison pour cette série pleine de traumatismes, divisée en deux pour l’occasion (deux fois huit épisodes), qui va nous tenir en haleine pendant encore quelques mois jusqu’au final qu’on imagine déjà digne des plus grandes tragédies…

Un Commentaire
  1. KITU C le 21 décembre 2012 à 15 h 04 min

    Le chapeau en question est un porkpie, chapeau de prédilection de la jeunesse délinquante de Jamaïque, les  » rude boys »….!!! Cqfd…. :)