Le phénomène SebastiAn sort son premier album Total

SebastiAn, le questionnement Total ?

6 juin 2011 . Pas de commentaire
By Ju', in FR Side, Featured

« SebastiAn », 3 syllabes qui signifient bien plus que le simple prénom et nom de scène de Sebastian Akchoté. Elles évoquent les fondations mêmes du prestige de la musique électronique française et mondiale par la création de la maison mère, Ed Banger. Signé en 2005 par Pedro Winter, il ne sort que son premier album cette semaine»¦ Le questionnement Total ?!?

Ed Banger, l’école de la vie

Le christianisme a eu son Jésus, SebastiAn aura son Pedro. Mais, essentiellement, il y a un avant B-P (Busy P), c’est en ce sens qu’on oublie trop souvent le patronyme du garçon : Akchoté. Son frère aà®né, Noà«l, est un jazzman de formation, passionnément amoureux de la texture sonore dans une perspective effrénée de création. C’est à ses côtés et aux contacts de ses fréquentations artistiques que le petit Sebastian gagne la majuscule à son A. Un amour pour l’originalité musicale sans jamais se contenter de sa formation d’origine. La sienne est celle du hip-hop et c’est avec l’univers de la production (notamment avec « Nik Ta Race » de Jean Louis Costes) que le futur prodige de l’électro française fait ses gammes.
Mais nous sommes « Avant B-P », l’an 0 pour Seb est 2005. C’est pendant cette année qu’il concrétise sa rencontre prophétique avec Busy P. Pedro Winter et SebastiAn allaient bà¢tir ensemble, sur cette pierre, les fondations de cette nouvelle Eglise. C’est au rang de disciple qu’il est élevé, au même titre que Mr Flash, Krazy Baldhead, Justice, DJ Mehdi ou encore Mr. Oizo. Une formation spirituelle qui se concrétise formellement par la culture du maxi ou de l’EP (Ross Ross Ross, Smoking Kills pour Seb»¦), fait marquant de l’esprit Ed Banger et de ses turbines annuelles. Plus fort que ce qui pourrait s’apparenter à un effet de mode, il se dégage de ce collectif une véritable identité sonore. Si Jimi Hendrix à crée le blues électrique, Busy P et son équipe ont réussi à créer ce qu’on pourrait appeler du funk électronique. SebastiAn contribue largement à cette ambiance rythmée au métronome d’une basse ambiançant autant des morceaux dansants que d’autres à la noirceur psychédélique.
Mais la profondeur de ce label résulte de la conjugaison à tous les temps, parfois même à l’imparfait, du son et de l’image. Une expérimentation totale. Alors lorsque Quentin Dupieux, mieux connu en tant que Mr. Oizo, se lance dans une carrière de cinéaste, on retrouve forcément SebastiAn aux machines afin d’articuler l’image (Steak). Mais l’apothéose à ce niveau est la signature intégrale de la soundtrack du très polémique Notre Jour Viendra de Romain Gavras. Un travail minimaliste et épuré, révélant une nouvelle facette, loin des bangers dances et électroniques de ces EP.

6 ans plus tard…

2005-2011, il aura fallu attendre 6 ans pour voir apparaà®tre le premier album de celui qui a exploré toutes les plateformes d’expression musicale (maxi, EP, remixes, soundtrack), sauf la plus conventionnelle. Un enjeu de taille pour SebastiAn qui souffre nécessairement de la comparaison avec le succès de ses frères de son, incarnant chacun un pan de la créativité de la planète électro mondiale.
Malheureusement pour le parisien, il est très loin de relever le challenge proposé. Il nous livre un album décousu, sans aucun fil conducteur (à quoi servent les interludes) et passe brutalement de morceaux funky à d’autres bien plus sombres. Une brutalité injustifiée alors que cet effet conduit par une véritable intelligence artistique, donne toute la saveur des albums de Mr. Oizo, Justice ou autres Krazy Baldhead.

En effet, à l’image de la pochette de Total o๠l’artiste s’embrasse lui-même, il semblerait que son travail sur ce projet relève aussi de cet égo. L’objet est loin de la médiocrité, cependant une irritable sensation de démonstration anime l’écoute. SebastiAn cherche à montrer toutes les teintes de sa palette d’influences et cela devient vite oppressant. Alors quand la dernière des 22 tracks se termine, on souffle (enfin !).

Loin de discréditer l’homme de son Œuvre, Total constitue un frein dans l’irrésistible ascension de l’artiste. Il souffre terriblement de l’exposition intégrale de ce projet et surgit de cette lumière un certain nombre de défauts.
SebastiAn, c’est comme une bonne meuf en soirée, dans la pénombre elle ressemble à Alizée de Lolita puis, le lendemain, quand elle se réveille dans ton clic clac, c’est le père Gollum qui te souhaite une bonne journée»¦ #cestbononrigole

Image de prévisualisation YouTube

Aucun Commentaire