L'avis de vos rédacteurs préférés pour les sorties du mois de février

Les chroniques du mois : Février

29 février 2012 . Pas de commentaire
By Rémy, in Featured, What else ?

Curren$y - Muscle Car Chronicles (DD172/Jets International)

Pour sa nouvelle fournée, Curren$y a décidé de quitter les airs et son jet au profit d’un engin sur route. Cette opération se solde par un changement radical au niveau de la production. Exit donc les habituels Monsta Beatz, Ski Beatz et consort, et place à Sean O’Connell qui vient apporter sa touche blues-rock sur l’intégralité des productions de cet opus. Malheureusement pour nous, la compatibilité du duo s’avère loin de ce que l’on avait espéré. Initialement prévu pour début 2011, l’album a perdu en fraîcheur et on ne peut qu’observer un Spitta en grande perte de vitesse. Comme on a pu l’entrevoir sur ses précédents projets, le rappeur semble ne pas vouloir se réinventer ce qui a pour conséquence une grosse redondance que l’on constate de plus en plus ces derniers temps et qui fait de Muscle Car Chronicles un opus des plus banal. Une sortie qu’on oubliera très vite. - Rémy -

Django Django – Django Django (Because)

C’est peu dire que les quatre irlando-écossais de Django Django, groupe formé sur les hauteurs d’Édimbourg il y a une poignée d’années, s’attirent les faveurs d’un public de plus en plus conséquent. Depuis quelques semaines et la sortie de leur premier album éponyme, ces trouble-fête, que l’on ose déjà comparer aux Beach Boys (Oh my God !), collectionnent les éloges d’une presse spécialisée totalement acquise à leur cause. Et pourtant, pourtant (!) même si leur pop sautillante recèle quelques pépites comme le formidable “Default” ou le bien connu “Firewater”, les gimmicks à répétition et l’omniprésence des percussions instaurent un sentiment de lassitude profondément désagréable. Même si le psychédélisme des Django Django tend à revitaliser un courant pop/rock qui a tendance à se reposer sur ses lauriers, on regrette la niaiserie de certaines compositions (“Zumm Zumm”, assommante) qui rendent l’ensemble indigeste et d’une extrême rengaine. - Esco -

Estelle - All Of Me (Warner Music/ Atlantic/Homeschool)

Quatre ans plus tôt, on avait laissé la séduisante Estelle s’égosiller en recherchant son parfait « American Boy » sur un album plutôt bien ficelé. Quid de cette nouvelle livraison, dont l’intitulé, All Of Me, laisse présager un album introspectif ? Patchwork d’influences diverses, le projet s’éparpille entre sonorités old-school « Speak My Mind », débridées “Do My Thang”, soulful “Love The Way We Used To” et davantage actuelles “International”. Un ensemble éclectique qui pénalise finalement un album dont on a du mal à discerner la véritable identité. Estelle fait étalages de compétences sans aucun doute respectables, mais les agence mal, si bien qu’un album où figure de très bons titres « Wonderful Life », «Do My Thang » ou « Break My Heart » semble teinté d’une facilité dérangeante. Estelle, véritable chanteuse ou étoile filante ? A l’écoute de ce All Of Me inégal, la deuxième solution semble malheureusement la plus appropriée. -Nico-

Ski Beatz - 24 Hour Karate School Presents : Twilight (DD172)

Jamais deux sans trois. Il aura quand même fallu attendre le troisième solo de Ski Beatz pour que ce dernier parvienne enfin à décoller. Après deux essais infructueux qui manquaient terriblement de conviction suite à l’invasion des fameux Pilot Talk, l’ancien acolyte de Jay-Z s’est enfin décidé. Accompagné par les artistes croisés en chemin et devenus de fidèles collaborateurs (Curren$y, Murs, Smoke DZA, Stalley), Ski aborde cet opus de manière classieuse et éthérée. Cuivres harmonieux, beats de velours et flows de circonstance, nous n’espérions pas tant de ce Twilight. Seul regret, l’absence de deux trois morceaux réellement marquants afin de relever le tout. Pour les déçus des précédents volets, un conseil, s’il fallait en garder qu’un, ce serait celui-ci. -Crazyhorus-

Skip The Use - Can Be Late (Polydor / France)

Le sursaut du rock FR est originaire de Lille, pas surprenant quand on écoute Mat Bastard, le frontman, qui pourrait aisément s’imposer sur une scène anglo-saxonne déjà saturée. Tour à tour le groupe passe les barrières du son, comme un vent qui nous transmet l’écho des Bloc Party ou de The Cure, pas si éloigné géographiquement. Après avoir piétiné le plateau de Michel Denisot la semaine dernière, ces petits lillois sont bien partis pour finir à Wembley d’ici quelques années. - Vincent V -

SoKo - I Thought I Was An Alien (Babycat Records / Because Music)

Décidément, on en aura vu des comédiens qui basculent un pied dans la chanson, il faut dire que les deux domaines se rejoignent, surtout pour Stéphanie Alexandra Mina Sokolinski (Soko pour les initiés) qui, à l’image de ses chansons, a toujours choisi des rôles qui effleuraient la douceur d’une corde en nylon. On passe par toutes les saisons dans cet album, mais on reste quelques instants dans ce printemps éphémère où un conte rempli de passion nous est narré. Une voix à fleur de peau qui touche, mais qui peut finir par lasser le temps d’un album pour les plus impatients. - Vincent V -

Speech Debelle - Freedom Of Speech (Big Dada Records)

En l’espace d’un album paru en 2009, Speech Debelle a injecté un peu de peps à une scène rap britannique malheureusement trop boudée et pourtant foisonnante de créativité. Après avoir tapé du poing sur la table du label Big Dada pour cause de mauvaise distribution, la rappeuse a fini par passer l’éponge. Pour preuve, la jeune femme de 28 ans revient cette année avec un opus frondeur, Freedom Of Speech, qui témoigne de cette liberté de parole dont elle n’est pas avare. Emmenée par le single « Blaze Up Fire » en compagnie de son parrain Roots Manuva et de Realism, Speech Debelle annonce la couleur dans un Londres alors témoin de la révolte urbaine. Soigneusement travaillé aussi bien dans le fond que dans la forme, Freedom Of Speech est une sorte de manifeste politique à l’heure des grands bouleversements mondiaux (cf. les révolutions arabes). Un album qui souffre presque de ses qualités. Trop carré et un tantinet longuet pour y revenir régulièrement. -Crazyhorus-

Tyga - Careless World : Rise Of The Last King (Young Money/Cash Money/Universal Republic)

Careless World : Rise of The Last King, tel est l’intitulé que Tyga a choisi pour le successeur de No Introduction. Après un premier album très orienté pop avec des participations de Patrick Stump et de son cousin Travie McCoy entre autres, le rappeur revient quatre ans après avec un projet bien lourd (21 tracks, rien que ça) et des featurings à la pelle. Ces derniers qui lui volent d’ailleurs la vedette à de nombreuses reprises, comme c’est le cas de Busta Rhymes sur le bon « Potty Mouth » et Pharrell sur l’excellent « Lil Homie » pour ne citer qu’eux. Pour résumer, on ne retiendra pas grand chose de cet album à la faiblesse certaine qui s’inscrit dans la lignée de ce qui sort chez Young Money ces derniers temps. Vous l’aurez compris, un album qui ne restera pas dans les mémoires. - Rémy -

Les albums qui divisent

Die Antwoord – Ten$ion (Zef Records)

Les trois OVNI sud-africains de Die Antwoord se présentent comme l’une des révélations scéniques de ce début d’année. Soit. Car si leurs prestations live méritent clairement le coup d’œil (voir leur récent passage chez David Letterman), l’écoute prolongée de leur second effort, Ten$ion, relève davantage du calvaire que de la franche partie de rigolade. Les voix stridentes de Yo-Landi Vi$$e et de son comparse Ninja, couplées à des productions variant entre techno et dancehall finissent par nous crisper littéralement. Sans parler de ce rap agressif et saccadé beuglé dans des patois souvent difficilement identifiables. Ten$ion est typiquement le genre de disque qui donnerait envie de se taper la tête contre les murs. Le white-trash semble être de retour et ma foi, on s’en serait passé volontiers. - Esco -

Die Antwoord - Ten$ion (Zef Recors)

Récemment leurs clips et leurs lives ont fait couler beaucoup d’encre voire même un peu de sang, Die Antword devient à nouveau le phénomène weird du moment. Mais que penser de leur musique et plus précisément de leur sophomore album, Ten$ion ? Un deuxième opus trop lourd pour être aimé de tous mais suffisamment excentrique pour se créer une fanbase à travers le globe.
Die Antword est un amusant mélange d’Odd Future, Eminem et LMFAO qui apporte une véritable couleur au paysage rap. Mêlant des instrus dirty, house et dubstep, ils transcendent chacun d’entre eux par un flow impeccable et original appelant par leur mélange des langues à un véritable métissage culturel.
Le hip-hop a besoin de groupe comme celui-là pour repousser les frontières du genre et ainsi découvrir et en apprécier d’autres contrées. -Ju’-



WZRD - WZRD
(Universal Republic Records)

Ils nous auront bien fait attendre les 2 nouveaux venus sur la scène rock. On sent le Cudi un peu perdu sur ces nouvelles terres qui ont vu passer près de soixante ans de Rock barbu et bourré à la bière. Même si le Man on the Moon garde la verve de ses précédents opus, son timbre de voix qui peut enjoliver n’importe quelle mélodie a du mal à accrocher sur un riff de rock stoner. Les sursauts électroniques donnent vraiment de la dimension à l’oeuvre, mais au final l’attente aura était bien longue pour seulement se satisfaire de la prise de risque, et on espère que la scène lui permette d’exprimer plus de vigueur. Kid Cudi, à trop vouloir être «alternatif» a fini par se perdre, et l’auditeur avec. - Vincent V -

WZRD - WZRD (Universal Republic Records)

En décidant de reprendre « Where did you sleep last night », Kid Cudi son tribut au rock et symboliquement donne le ton de ce virage musical. En effet, il ne sera pas celui de l’effet d’annonce d’un Lil Wayne mais vraiment une envie d’évoluer artistiquement. Mais malgré ce changement, le chanteur et le producteur de WZRD arrivent à conserver la touche Cudi appréciable dans la saga Man On The Moon pour ainsi conserver un lien dans leur univers. Dans cet album éponyme, ils arrivent à offrir différentes variantes de leur définition du rock entre des intonations aériennes (« Brake », « Teleport 2 Me »), plus rythmées(« High Of Life », « Love Hard ») ou l’incontournable balade (« Effictim »). Une réussite !
Cette évolution laissera certainement un certain nombre de ses fans sur le bords de la route mais peu importe Scott Mescudi a pris sa Harley et rien ne pourra lui couper la route ! -Ju’-


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