Another brick in the wall

On a rencontré le maçon du Wall de Pink Floyd

2 mars 2012 . Pas de commentaire
By Sipowitz, in Featured, Urban culture

La campagne Why Pink Floyd? du label du groupe mythique s’est achevée en début de semaine avec la sortie en trombe du dernier coffret issu de l’opération remasterisation. Vous pouvez donc voir une fois de plus une petite tête de gondole aux couleurs des plus célèbres flamand roses cette fois-ci avec The Wall. Contre toute attente toute cette initiative semblant commerciale bataillér par EMI ne semble pas faire beaucoup polémique mais on attend les résultats des ventes pour savoir si les fans et les amateurs ont pris au filet. Quoi qu’il en soit cette nouvelle période de promotion nous a permis de rencontrer le maçon du fameux mur et nous a parlé des 5 briques piliers, clé de voute de sa réussite.

Pink Floyd est comme pour beaucoup de groupes de musique et même peut-être un peu plus une histoire de personnalités individuelles qui émergent et évoluent les unes par rapport aux autres. Roger Waters joue le rôle d’un conquérant, grattant de l’influence progressivement sur ses collègues. Le pouvoir lui a un peu brulé les ailes sur la fin en provocant le conflit chez les Pink Floyd mais au moment de l’enregistrement et la sortie de The Wall il est au sommet de son art.
Toutes les paroles sont de lui, il a imaginé de bout en bout l’histoire de cet opéra rock objet artistique devenant ainsi très personnel. Pas vraiment autobiographique, il est teinté de ses obsessions, ses névroses. C’est donc grâce à lui que vous avez pu voir le premier ver de terre élevé au rang de juge mais aussi apprécier les thèmes de la guerre, des relations mère-fils ou celles qui sont désastreuses avec les femmes, de la société décadente, d’une industrie du disque scandaleuse.

Cette brique là aurait pu être bancale et menacer l’ensemble de l’édifice. L’expérience Syd Barrett est pour le coup l’obsession commune au groupe voire son traumatisme. Il est le membre légendaire des Pink Floyd qui n’y resta que jusqu’en 1967 lorsque sa personnalité est devenue trop atteinte par le LSD. Le groupe a rapidement construit son succès sans lui mais son fantôme artistique reste présent dans la musique.
On le voit de manière explicite avec le célèbre morceau « Wish You Were Here » qui donne d’ailleurs son nom à l’album mais l’on peut également trouver dans The Wall la cicatrice Barrett avec ce personnage de Pink qui opère un repli sur lui-même en construisant le fameux mur autour de lui pour se couper du monde. C’est une brique primordiale dans le sens où elle représente une souffrance refoulée en énergie créatrice.

Lors de la sortie de The Wall en 1979, le monde à déjà découvert The Dark Side Of The Moon et Wish You Were Here les deux autres albums phares de leur succès. The Wall représente le chainon manquant au triptyque d’une réussite populaire. Acceptés sur l’Olympe des groupes de rock avec Les Beatles, Les Stones, Les Doors ou encore Led Zepplin, non seulement pour leur musique mais aussi pour le succès commercial qui s’élève aujourd’hui à plus de 200 millions d’albums vendus.
Si l’on comprend qu’avec des morceaux comme « Let It Be » l’on puisse déplacer des foules c’est moins évident avec une chanson de 30 minutes comme « Atom Heart Mother » ou tout simplement le projet un peu fou de The Wall. Pourtant, que ce soit pas conjoncture sociale et culturelle ou autre, le monde a suivi leur talent jusqu’à accepter la folie de Roger Waters forçant son public à écouter tout un concert le groupe caché derrière un mur qui s’effondre uniquement à la fin du show.

Cette brique-ci est à placer avec précaution, c’est la plus travaillée et elle représente la qualité artistique de The Wall. Plus qu’un simple album, c’est un opéra, une histoire qui s’est aussi racontée visuellement grâce à Alan Parker qui a réalisé le film du même nom que l’album. C’est un film qui passe malheureusement presque inaperçu puisqu’on ne le retrouve même pas dans le coffret ultra collector sorti cette semaine. Pourtant le scénario a été écrit par Roger Waters lui-même, c’est bien une extension visuelle de l’œuvre.
Alan Parker réalisateur oscarisé et reconnu avec des films comme Midnight Express, Fame ou The Commitments ne suffit pas malgré un talent certain pour cette adaptation, à susciter l’engouement. Le psychédélisme du groupe semble ne pas pourvoir passer le stade des images auprès du public mais il n’en demeure pas moi que le mur ait besoin de cette nouvelle dimension formant une œuvre à différents aspects.

Cette dernière brique fait débat dans le monde du bâtiment. Est-ce celle qui parfait le tout des année après en sacralisant l’édifice ou au contraire est-ce la brique de trop et mal placée qui entraine un effondrement? Lorsqu’en mai 2011 EMI le label des Pink Floyd annonce que toute leur œuvre sera remastérisée et revendue ainsi, on ne peut éviter le choc.
Les morceaux du groupe n’avaient même pas pu sortir en ligne légalement puisqu’un contrat avait été signé stipulant qu’il était interdit de commercialiser leur œuvre autrement que dans sa version originale. Un parti pris qui l’était tout autant, anéanti par un accord sorti d’on en sait où. Cela ressemble fortement à un couteau dans le dos mais ne soyons pas trop manichéens, cette nouvelle sortie permet également de refaire le point sur une œuvre magistrale et de la remettre au goût du jour. Vous découvrirez même des sons et des images inédites dans le coffret collector de The Wall et qui ne tuerait pas pour un peu de Pink Floyd encore jamais écouté?

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