Plutôt combat de boue ou dégustation de vin rouge sur fond sonore ?

Quel festival choisir pendant l’été ?

En France, tous les étés depuis l’avénement des congés payés, l’évènement majeur qui rassemble tout le monde c’est le festival ! Qu’on soit trop nostalgique de ses expériences passées ou bien innocent et prêt à découvrir ce qui s’y cache, le festival c’est un peu comme le vieux pote que tu revois chaque été : au début c’est le kiffe et même ses petits défauts de programmation tu les prends avec le sourire (tu te dis que c’est pour rameuter plus de quinqua à ses soirées) et puis avec le temps tu vois son bide s’arrondir à cause de la bière. Mais dans le fond ça reste un des seuls avec qui tu peux vraiment écouter du son. Seule décision raisonnable pour ne pas quitter la France cet été, le festival c’est l’occasion de tutoyer tous ces gens que tu n’aurais jamais croisé et tous ces groupes que tu aurais loupé parce que t’étais trop occupé à trimer ou à patauger.

Hellfest (3 jours, généralement à la mi-Juin)

Ça y est, c’est l’heure de ressortir le perfecto clouté et les disques de MÖTLEY CRÜE ! «Depuis que le (Hard) Rock n’a plus de couilles » (dixit Youssoupha) et que les Guns n’ Roses ne sont plus que l’ombre d’un seul blond, le Hellfest demeure l’un des rares panthéons pour ces vieux barbus métalleux qui nettoient leur manche de gratte à la Bavaria depuis des années. Cheveux longs (et gras), vêtements noirs (et gras) la couleur est annoncée dès le départ par tous les clichés gothico-chépères que l’on peut apercevoir, mais on aurait tort de réduire ce lieu de pèlerinage à ces quelques faux sosies de Robert Smith à la sauce Manson. Et ouais, au Hellfest, il y a des vrais gars, des vrais arpenteurs de houblon qui sont là depuis les premières distos et on peut dire que c’est en grande partie grâce à eux que le folklore du hard-rock ne s’éteindra jamais (pour le plus grand plaisir des brasseurs).


Francofolie (3 jours, généralement à la mi-Juillet)

Ça y est, on y arrive, le plus ridé c’est lui. Bientôt 30 ans que les Francofolies sévissent, et de chaque coté de l’Atlantique s’il vous plaît ! Excusez du peu mais pour un festival basé sur la découverte des artistes francophones, la traversée de l’océan a dû être mouvementée avant d’accoster à Québec City. Même si le concept a pris du plomb dans l’aile avec le temps (faut être réaliste, qui ne peut écouter QUE de la variét franco-française et être encore en âge de se déplacer à un concert ?), les Franco c’est avant tout un mariage musico-culturel accessible à tous et qui s’attache à mettre en avant les artistes d’expression française. Mais dans tous les cas, il y a un gros point noir sur le nez des Franco quand on sait que c’est le susnommé Françis Lalanne qui a composé la chanson éponyme… Inutile de développer, tout le monde sait ce que ses chansons en hommage aux bleus ont donné dernièrement….


Vieilles Charrues (4 jours, généralement à la mi-Juillet)

Équivalent moderne du Fest-Noz, les Vieilles Charrues c’est le festoche qui pourrait être le mieux à même de correspondre à l’adage : « de 7 à 77 ans ». Alors que papi et mamie attendent leur bolée tranquillement assis dans leur chaise pliable, on peut apercevoir une scène allégorique où deux «hommes» se fracassent gentiment dans la boue, tout en esclaffant d’être recouverts de mer**… L’event carhaisien perpétue donc ainsi des valeurs intimement familiales et sincères puisque qu’ils sont chaque années de plus en plus nombreux à fouler le Finistère pour ce faire un bon trip celtique !


Nuits Sonores (4 jours, en Mai)

La cité des Gones s’illumine le temps de 4 journées où l’electro va à la rencontre de la trans alors que la dub se fume un oinj devant la scène, le tout sur les pavés du vieux Lyon. Au-delà des quenelles et autres bouchons, la spécialité du coin c’est la musique électronique et son lot d’artistes allumés. Minimal, dub, breakbeat, chill, IDM tout le savoir-faire lyonnais est mis à exécution et utilise les rues de la vieille cité pour résonner le plus longtemps possible. Et aussi nombreux que soient les nouveaux courants musicaux qui utilisent les Nuits Sonores comme tremplin, la jeunesse du public ne fait que décroître depuis la création du petit. T-shirt Ed Banger et New Era flashy vissée sur la tête, c’est cette génération dite «Y» qui garantie la pérennité de ces nuits sonores. On espère juste que les Nuits Sonores ne se calqueront pas abondamment sur leur jeune public, en devenant un simple évènement Facebook composé de Compile NRJ et de battle d’iPod.


Main Square (3 jours, début Juillet)

Petit frère ennemi des Eurockéennes (qui se déroulent à la même période) il profite de sa proximité avec les côtes du vieux Royaume pour essayer de lui piquer tous ses jouets ! D’ailleurs c’est bien le comble pour un festival international (et notamment anglo-saxon) de se dérouler dans une citadelle construite à l’époque pour repousser les anglais ; mais bon, laissons les détails historique à Max Gallo et revendiquons plutôt la beauté du lieux qui accueille ce festival. Le Main Square c’est avant tout la revanche du ch’Nord pour avoir un festival bien à lui, qui puisse rivaliser avec les autres manifestions ancrées plus profondément dans l’hexagone.


Eurockéennes (3 jours, début Juillet)

Alors que son petit frère le Main Square le nargue depuis 2003 en organisant des soirées mousses nordiques, le doyen des festivals français est toujours debout et risque bien de tous les enterrer ! Fort d’une programmation toujours plus éclectique, les Eurock’s c’est la preuve qu’on peut faire cohabiter Cypress Hill et le Comte de Bouderbala sur la même scène alors que les keupons de Refused pètent une corde. Résistant encore et toujours à l’envahisseur, le territoire de Belfort constitue aujourd’hui l’un des festivals français les plus fréquentés, de par son site dont la beauté est chaque année ravagée par les festivaliers, et de par ses cinq scènes constamment en activité.

Foire aux vins (12 jours, début Août)

Au delà de ce nom un peu tendancieux pour les amateurs de vendanges se cache l’un des festivals français les plus atypiques de notre bonne vieille Gaule (désolé). Mêlant à la fois musique et vinasse cet évènement revêt un statut à la fois viticole et musical (quoi de plus naturel que de repartir avec son cubi après une petite danse du ventre signée M Pokora). Pendant près de 2 semaines les festivités vont de Nicolas Canteloup à Orelsan en passant par Nightwish et Johnny Hallyday, tout ça sous l’œil de Bacchus, autant vous dire que ça promet une belle envolée de permis à la fin des concerts. Cela dit, l’éclectisme joue grandement en sa faveur puisque vous pourrez vous délecter de toutes les formes d’art populaires dont regorge notre pays, le tout pour un voyage au Maroc, en temps de crise, c’est cadeau !

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