Parce que c'est mieux

Pourquoi regarder Vikings plutôt qu’autre chose ?

27 février 2014 . Pas de commentaire
By MJ, in Featured, Urban culture

Spartacus ayant succombé à ses blessures causées (en traître) par de vulgaires soldats et mettant ainsi fin à la série phare de la chaîne américaine Starz, les amateurs de shows mélangeant Histoire/fiction et bagarre que nous sommes étaient à la recherche d’une sorte de replacement girl. Un plan régulier qui prendrait le flambeau, occupant 50 minutes de nos vies chaque semaine pendant une durée déterminée. Comme la vie est bien faite, un mois avant la fin de Spartacus, History USA diffusait l’épisode pilote de Vikings, série passerelle toute désignée pour remplacer le Thrace et sa bande d’hommes libres dans nos cœurs. Car oui, à première vue, sans en connaitre plus que quiconque, quand on entend « Viking » on pense guerriers, blonds, pirates, Skyrim, drakkars, sauvageons. Six mots clefs notés cinq étoiles si la question est : Swagg ou pas swagg la famille ? Et c’est bien assez pour cliquer sur lecture et se lancer dans n’importe quelle aventure.

Parce que les seuls Vikings que vous connaissez sont ceux du Puy du Fou

Petit topo…

Pour vous mettre dans le contexte précis de la série, il faut savoir que son réalisateur Michael Hirst est un passionné des Vikings qu’il décrit en interview à la fois comme des terroristes médiévaux et des génies. Sans réellement déformer ses mots, on peut traduire cela par une équation verbale simple : si en Iran le potentiel de Mac Gyver est présent à son niveau maximum dans chaque résident quand il faut fabriquer des bombes, chez ces Nordiques, la force, la stratégie au combat et les méthodes de navigation sont innées et c’est clairement sur ces bases que la première saison de Vikings nous conte l’histoire de Ragnar Lothbrok et de ses pairs. Une légende qui historiquement est l’un des plus grands guerriers Vikings, un homme dont l’existence et les actions ne sont pas à douter mais que l’Histoire n’a pu immortaliser dans ses livres, faute de preuves et d’informations. Une figure si influente qu’à la suite de sa mort, ses fils et de nombreux usurpateurs se sont appropriés son nom pour faire perdurer la terreur ; difficile donc de recenser ce qu’il a vraiment fait et ce que ses copies ont fait. C’est la raison pour laquelle les aventures de Ragnar que nous conte Michael Hirst ont été presque totalement inventées de A à Z. Seuls quelques personnages ont vraiment existé, tout le langage technique est vrai et pour le reste le réalisateur a usé de sa connaissance poussée « du monde Viking » pour que tout puisse concorder à ce qui aurait pu vraiment se passer, mélangeant savamment réalité et fiction.

Parce que faire croire qu’on s’y connait est important…

Petit aparté…

Vous n’aimez pas l’Histoire c’est cela ? Mais les séries historiques peuvent faire croire que vous êtes cultivés.

Parfois l’ignorance est très bonne à prendre surtout quand vous regardez des « séries historiques » car vous ne savez pas du tout ce qu’on va vous raconter. De prime abord, avec des notions primaires, nous savons tous que les Vikings correspondaient à un peuple nordique connu pour son haut niveau de piraterie, ayant fait tomber bien des royaumes et de grands navigateurs, et dont on soupçonne d’avoir découvert l’Amérique 500 ans avant Christophe Colomb. Rien que ça. Niveau culture c’est déjà bien assez pour le peuple… Jusqu’au jour où pour arriver au fameux pallier des 48 000 euros, Jean-Pierre Foucault vous demande « Dans la série Vikings comment s’appelle la première femme de Ragnar Lodbrok ? ». Soit vous avez visionné l’épisode 1 de Vikings et vous vous souvenez instinctivement (grâce au 50/50) du nom de la jeune femme parfaitement orthographié, soit votre ami sérivore vous permet de passer le palier grâce au coup de fil à un ami. Dernière possibilité, vous vous retrouvez bêtement avec 1 500 € tout ça parce que vous vous en moquez de l’Histoire nordique. Vous vous apitoierez sur votre sort, mais c’est la vie, vous ne vouliez pas vous instruire avec cette science qu’est la mythologie nordique et ne saviez pas que des séries historiques sont justement là pour vous éviter des heures en bibliothèque et des pertes de gains dans n’importe quel jeu. Et même si vous n’en avez globalement rien à faire de l’Histoire mais que vous trouvez quand même intéressant de voir ce qu’étaient les gangbangs ethniques à l’époque médiévale, et que la mythologie vous inspire, alors Vikings est pour vous.

Parce que vous ne verrez plus jamais les corbeaux de la même manière…

C’est ici que commence le spoil. Previously in the season premiere of Vikings.

Ragnar Lodbrok et ses premières croisades

Alors que leurs congénères se faisaient trancher la gorge dans la pièce d’à côté, l’histoire des Vikings fut écrite par des prêtres chrétiens anglo-saxons qui témoignaient en direct du massacre de leur peuple. Michael Hirst lui opte plutôt pour un angle inédit puisqu’il nous raconte le massacre de ces mêmes peuples vu par les yeux de la première grande figure viking, Ragnar Lodbrok. Un homme que l’on nous présente au début comme un simple fermier veillant aux besoins de sa femme et de ses enfants mais dont on descelle très vite la personnalité ambitieuse. Un personnage curieux, que les yeux bleus océan de l’acteur Travis Fimmel font à la fois paraître vicieux, sage et intelligent. Il est donc facile de deviner qu’élever des cochons et traire les vaches n’est pas sa vocation favorite ; ses actions le mènent vers de plus grands desseins. Bon marin, explorateur, marchand et guerrier, Ragnar est ce genre de personnage principal typique dans l’univers mythologique si vous ajoutez le fait qu’il est le fils du dieu Odin qui a sacrifié ses yeux pour avoir accès au « Savoir ». Vous voyez donc maintenant de quel métal il est fait.

Chez les Vikings comme chez nous, c’est lorsque l’été arrive que « les choses se passent », un peu différemment mais quand même. Chaque année sous l’autorité de leur chef Jarl Haraldson, les hommes capables partent en croisade vers l’Est, vers la Russie, contrée jugée riche et fertile par ce vieux sénile. Un bled qu’ils pillent six mois sur douze depuis une éternité. Ragnar, ce rêveur curieux comme pas permis et pas très coutumier de la routine, convaincu par un marchand voyageur de lui acheter un caillou (une pierre solaire) qui lui permettrait de voyager vers l’Ouest grâce la lumière, décide d’aller à l’encontre de son chef et de monter un plan dans son dos. En effet, partir en vacances tous les ans au même endroit et en revenir avec les mêmes souvenirs que les années précédentes c’est un peu les abysses de l’enfer du « déjà-vu ». C’est aidé de l’excentrique Floki qui lui construira un bateau, de son frère Rollo et de quelques galériens facilement ralliés à sa cause que Ragnar suit la voie que semble lui indiquer le dieu Odin et estime qu’il est temps de partir à l’Ouest.

Apprentissage, codes, coutumes, religion

Odin (pour les nuls) est le Zeus de la mythologie nordique, un type que Ragnar peut croiser à la fin d’une bataille, en regardant les nuages ou tout simplement en allant pisser et, croiser un Dieu aussi souvent, c’est bien assez pour s’en proclamer le « fils ». Vous l’avez compris, Jeanne d’Arc n’a rien inventé. Descendance divine, présages et destin, tout concorde pour que notre héros qui, guidé par la grâce d’Odin, un expert en navigation, et quelques potes pas très regardant niveau confort sur un bateau, nous embarquent pour une aventure, nous initiant aux frasques de ce peuple légendaire.

Michael Hirst dans sa saga essaie de détruire les faux clichés que nous pouvons avoir (sans connaissance précise) concernant les Vikings. Humaniser leur côté monstre, remettre les choses dans leur contexte tout en servant d’instructeur en éduquant le grand public concernant les coutumes et les codes Vikings. Les Vikings n’étaient pas (seulement) des barbares polythéistes, ils étaient un peuple nordique avec des codes, des valeurs et des règles dont une va clairement vous faire comprendre à qui vous avez affaire. Au sein de leur peuple, si pour quelconque raison vous tuez l’un des vôtres, vous n’avez pas le droit de croiser plus de deux personnes sans avouer ce meurtre pour en expliquer les raisons, sinon, vous êtes vous-mêmes condamnés à la peine de mort. Si vous avez de la chance, vous pouvez vous-mêmes choisir votre mort et ce sont les dieux eux-mêmes qui décideront si vous irez à Valhalla (le paradis Viking) ou à Helheim (l’enfer).

Un univers complexe assez survolé (vulgarisé) dans la série, le réalisateur ayant choisi de ne pas entrer dans les détails, mais tout de même assez présent et persistant au fil des épisodes car la richesse de la culture viking qui nous est dévoilée ici est l’un des points forts de la saison 1.

Parce qu’en vrai, il ne manque que des scènes de combats aux Feux de l’Amour

La saison 2 et ses traquenards

La deuxième saison devrait avoir quelques fils conducteurs assez passionnants ; désormais calife à la place du calife après avoir tué l’has been de service, le conservateur Jarl Haraldson, le nom de Ragnar Lodbrok résonne assez fort dans les contrées vikings et celui-ci risque désormais d’avoir beaucoup d’autres chats à fouetter. Quelques règlements de comptes devraient avoir lieu au cours des dix prochains épisodes à paraître :

Haters.. Haters everywhere

Rollo, c’est le Judas de la saison 1, et également le grand frère de Ragnar. Celui-ci se dévoile de la meilleure des manières dès le premier épisode avouant à la femme de son frère qu’il rêve de faire quelques cabrioles avec elle. Un temps jugé loyal, ce personnage imposant prêt au putsch contre son frère semble avoir l’âme d’un leader mais n’est pas assez fin et clairvoyant pour prendre les bonnes décisions, toujours un peu trop bourrin, un peu trop viking. L’étroite combinaison entre jalousie et amour nous laisse penser que Rollo aime tellement ce qu’est son frère qu’il veut être à sa place, tant pour le trône que pour sa femme. Le Cliffhanger de fin de saison nous confirme avec la collaboration entre Rollo et le Jarl Borg (un autre chef viking) que la traîtrise est de mise.

L’adultère…

Blond, barbu, coiffure atypique, yeux bleus qui changent de couleur selon l’humeur et physique d’Apollon, il n’y a rien à dire, Ragnar Lodbrok/Travis Fimmel est frais (no homo tho). Semblant très dévoué pour sa femme au début de la saison 1, personne n’aurait pu penser (au début) qu’il mettrait la princesse nordique Aslaug enceinte et tout cela sous les yeux de son propre fils Bjorn. Même si on doute du fait que son fils soit une snitch, l’homme dont les yeux changent de couleur selon son humeur risque de passer un très mauvais moment, son mariage étant plus en danger que celui d’Olivier Giroud. La saison 2 nous donnera certainement encore des cours de polygamie nordique… mais aussi de famille recomposée à l’âge médiévale.

Dans cette saison 2, on ne sait pas vraiment ce que Michael Hirst nous réserve mais le trailer nous laisse entrevoir une mort qui devrait laisser les amateurs de la série plus que perplexes… Entre son frère qui veut le tuer, le roi Aelle qui veut le faire bouffer par des serpents et sa femme qui a perdu son enfant, la vie de Ragnar risque d’être très stressante, bien plus qu’avant et on l’espère pour notre plaisir de téléspectateurs. Après une première saison dans laquelle tout lui a souri, les difficultés pointent enfin le bout de leur nez. Entre religions, cérémonies, conquêtes et stratégies, nous espérons que nos moments de répit seront à nouveau très pauvres dans cette série tenant à merveille son rôle de divertissement.

Le premier épisode de la saison 2 sera diffusé ce soir sur les deux canaux d’History Channel (USA et Canada), et sur tout les bons sites de streaming …

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