Libération revient sur la dégringolade de la presse rap
Libération : « C’est rappé pour la presse Hip Hop »
Dans le quotidien Libération de mardi dernier (22 février), la journaliste Stéphanie Binet, connue pour son implication dans la culture urbaine, proposait une étude intéressante sur l’état de forme actuel de la presse rap française. En moins de 4000 signes, elle expliquait de manière détaillée comment Internet et ses nombreux webzines ont tué progressivement les bons vieux magazines papier.
« En cinq ans, la presse rap a perdu la moitié de ses lecteurs »
C’est triste, mais ca n’étonnera personne. Pour la presse écrite, et pas seulement pour les magazines spécialisés, Internet est un fléau presque aussi redouté que la peste ou le choléra. Quel avenir peut on envisager pour un journal mensuel qui n’a plus la capacité de jouer sur l’immédiateté de l’information ? Que faire face à la prolifération de la vidéo et des réseaux sociaux qui monopolisent toutes les attentions ? Comment reconquérir le cœur des jeunes générations qui ne jurent plus que par le MP3, Youtube et Megaupload ? Les années 2000 ont enfanté le web comme la télévision a révolutionné l’histoire des médias dans les années 50. Notre époque a fait le pari de l’immédiateté et de la consommation rapide de produits culturels, si bien que dans ce paradigme de vitesse et d’instantanéité, les longues pages d’analyses et d’interviews ne sont plus au goût du jour. Le constat est encore plus vérifiable dans la presse rap, nous dit Stéphanie Binet, où le lectorat est jeune et forcément plus enclin à migrer vers les nouveaux médias. Proportionnellement, les magazines rock comme Rock & Folk ou Rock One résistent mieux à la crise que leurs homologues rappeurs. La presse Hip Hop qui comptabilisait une dizaine de journaux à la fin des années 90 se trouve aujourd’hui amputée de 75% de ses représentants. Seuls perdurent les mensuels Rap Mag, R.A.P R&B et le trimestriel International Hip Hop, nous informe la journaliste.
Le sacre du webzine
Autre facteur pour expliquer cette crise : les webzines. Si la presse suffoque, c’est aussi à cause du développement des sites Internet spécialisés qui, contrairement aux journaux périodiques, sont gratuits et libres d’accès. L’information est disponible à portée de clic, en un temps défiant toute concurrence. Pour la journaliste, l’interactivité du webzine a pris le dessus sur l’aspect rédactionnel des magazines papier. Mais ce que tente de nous expliquer Stéphanie Binet va au delà du simple caractère « divertissant » du média Internet. Pour elle, ainsi que pour la majorité des personnes interviewées, le cauchemar de la presse n’est pas tant les webzines que les réseaux sociaux. L’hégémonie de Facebook et Twitter est telle qu’il faut s’attendre, dans les années à venir, à une dégringolade vertigineuse du média papier, et pas uniquement dans la presse spécialisée. Le temps où nous lirons tous notre journal quotidien sur les écrans de nos portables n’est pas encore venu, mais ça ne saurait tarder. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si cet article paru dans Libération le 22 février dernier s’est retrouvé quelques heures plus tard sur le site officiel du journal…





A ajouter que les magazines ont en gros qu’un seul « gros » sujet par numéro, et aucun magazines fr de rap n’a une légitimité (en terme de découverte et d’opinion) comme peux avoir XXL ou The Source aux U.S qui ont aussi d’autre thèmes à présenter que le Hip Hop. Car pour se taper une interview de La Fouine sur 4 pages ou une rétrospective de 20 ans de rap en France (ça à le mérite de brasser large au moins) il en faut du courage…
Il évident que dans notre monde où les échanges sont si globalisés, où les flux communicationnels se font plus persistants encore, la tentation d’acheter un produit physique est devenue aux yeux des jeunes une aberration qui pointe vers la ringardise (Une jeunesse biberonnée, infectée par ces radios avides d’instantanéité qui jettent les chansons comme des papiers culs usagés). Internet tue nos cerveaux à petits feux puisque il est hors de question, dans un schéma si éphémère de se poser, d’analyser les courants, les choix artistiques ou le pourquoi du comment… Dans cette société, tout semble tomber du ciel. On bouffe de la culture à l’instar d’une petite visite chez McDonald. Dire qu’au début de mon adolescence, je passais des heures entières à sillonner d’un seul album, péniblement financé par mon argent de poche de l’époque…
Que c’est triste. « Les temps changent » comme dirait l’autre
Je suis d’accord avec l’article ci dessus cependant vous avez oublié un énorme facteur qui a influencé la perte de terrain de la presse écrite. Sans être désobligeant ou irrespectueux, les noms des magazines cités dans l’article sont des feuilles de choux. Ils ne parlent que des grosses pointures qui sont, sans parler de gestion d’entreprise ou de chiffre d’affaire, les plus mauvais artistiquement.
La presse écrite ce fait, de son plein gré, haut parleur de ces gens là qui n’intéressent que les gamines de 15 ans, et les gamines de 15 ans préfèrent s’acheter des sucreries ou des Philippe Morris plutôt qu’un magazine se disant hip-hop…
Les sites web ont ou moins le mérite de parler de rappeur qui en vaille la peine. Je ne donne aucune leçon de morale, ce n’est que mon simple avis mais entre nous, le rap français tel qu’il ai évoqué dans cette presse magazine en connivence avec Skyrock, ce n’est pas du rap français, ce n’est plus du rap français…