James Cameron, Danny Boyle, Steven Spielberg, Martin Scorsese...

Leonardo DiCaprio et son harem de réalisateurs

14 janvier 2012 . 3 commentaires
By Sipowitz, in Featured, Urban culture

Leonardo DiCaprio, Usain Bolt, Zinedine Zidane, Mohamed Ali ou Mozart même combat, parler de leur performances dans leurs domaines respectifs serait d’un rabâchage inutile et peu intéressant. Tous parmi les rois de leur catégorie, réfléchir à leur façon de gérer leur pouvoir devient plus captivant et moins redondant. C’est le film J. Edgar qui fait l’actualité du moment, nous allons donc partir sur cette voie au travers de son acteur Leonardo DiCaprio (Nos excuses à Mozart mais son nombre d’actus est vraiment réduit ces derniers temps). Nous voilà face à un nouveau rôle, une nouvelle promotion, une nouvelle course aux oscars et surtout un nouveau réalisateur, Clint Eastwood. En regardant la filmographie du bellâtre et les hommes de génie qui l’ont dirigé, on se surprend à penser « Eh Ben, il s’emmerde pas le con! ». Oui, si cela vous avait échappé, Leo s’est constitué méticuleusement depuis une bonne dizaine d’années un harem de réalisateurs gravitant gentiment autour de lui, loyaux à un des derniers représentant du star-system hollywoodien.

James Cameron, le premier amour

Tous ont un rôle, un statut dans le gynécée le plus masculin que la terre ait connue. James Cameron avec, est-ce nécessaire de le rappeler, Titanic, représente la première passion, une relation on ne peut plus productive qui emmène le couple d’artistes au sommet. C’est le choix de sa vie, sans lequel rien n’aurait été possible, Leonardo est pour l’instant monogame et doit tout à son partenaire, la révélation de son talent au grand jour mais surtout le plus grand tremplin qui n’ait jamais existé au cinéma. Comme une femme qui vous épouse avant que vous ne deveniez un homme de pouvoir, Cameron a parié sur notre acteur, et ils sont montés sur le trône ensemble.


Woody Allen, l’échange de bons procédés

Malheureusement comme le fait justement remarquer Canal + « Dès qu’il prend le bateau, DiCaprio a des ennuis » et James est tout de même responsable de sa mort au fin fond de l’océan. Il faut donc bien rebondir, se remettre du côté obscur d’un tel succès. Affronter les lendemains de gloire, les harcèlements de fans hystériques et de paparazzi pour rester créatif et au sommet de son art. Dès l’année suivante il montre que malgré le fait que chaque porte du monde lui sera désormais ouverte, il prendra son temps pour choisir les bons projets. Inutile de se jeter sur la première fille facile, lorsque l’on peut obtenir les femmes les plus distinguées. Pour marquer un point et nous faire patienter il fait donc une apparition (assez courte) derrière la caméra du très intello Woody Allen dans Celebrity. L’acteur y pratique en plus l’autodérision en jouant le rôle d’une star de son standing que l’on découvre dans sa vie privée.


Danny Boyle, le calme après la tempête

Les rumeurs vont bon train, on dit que « le roi du monde » a grossi, qu’il ne retrouve pas de compagnon de route pour renouveler ses performances. Pas facile de se remettre d’un amour de jeunesse.
Il choisit donc pas complètement au hasard mais pour la forme, de collaborer avec Danny Boyle un nouvel élément dans le paysage cinématographique ayant l’exotisme d’être tout droit venu de l’autre côté de l’Atlantique, surfant sur le succès de son Transpotting. Sans trop y croire (oui c’est facile à dire après coup) ils vont se pavaner ensemble sur La Plage et vont faire face à une réception mitigée du film, ne devant son nombre d’entrées qu’au phénomène post-Titanic entretenu par Leonardo. Leur aventure aura été une pause dans leurs carrières respectives.


Steven Spielberg, la re(co)naissance

Rétrospectivement le film a trouvé certains adeptes mais à l’époque la pression était trop forte, il manquait quelque chose. Une envergure que Danny Boyle encore loin de Slumdog Millionaire ne pouvait apporter. Il fallait une union avec une personnalité aussi forte que James Cameron.
Arrive alors le candidat parfait, Steven Spielberg apportant depuis plus d’une vingtaine d’années des blockbusters de qualité à chaque fois élevés au rang de mythe. Il offre à Leo Arrête Moi Si Tu Peux, un film reposant sur son jeu en présentant un personnage nuancé, plein de paradoxes. L’acteur trouve un nouveau visage validé autant par la critique que par les midinettes. Grâce à ce nouveau mariage on observe la star grandir dans le film et murir dans sa carrière.


Martin Scorsese, l’amour retrouvé

Mais nous étions loin d’avoir tout vu. C’est à partir de là que se constitue véritablement le harem. C’est bien un retour en force qu’opère l’ancien Jack Dawson puisque si sortir un film avec Steve Spielberg n’était pas suffisant, il offre à ses fans presque simultanément (à 5 jours de différence) une première collaboration avec la légende cinématographique qu’est Martin Scorsese, avec Gangs Of New York. Et là, après ce qui peut passer pour une aventure d’un soir avec Steven, deviendra une relation durable avec Martin.
À l’aide d’un échange de bons procédés, le nom de DiCaprio apporte au réalisateur le moyen de financer un film qu’il a toujours voulu faire, un respect voire une admiration mutuelle et une alchimie particulière, Martin Scorsese est élevé au rang incontestable de première femme. S’en suit alors Aviator, Les Infiltrés et Shutter Island autant d’occasions pour DiCaprio d’affiner son jeu avec des rôles à la psychologie subtilement folle.

Ridley Scott, la naissance d’un engagement


Maintenant qu’il est lancé, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Il exploite de nouveau le filon de la polygamie et se paye un petit Ridley Scott pour aiguiser son statut d’homme engagé politiquement.
Dans Mensonges d’État il confirme après Blood Diamond qu’un cinéma plus réaliste et encré dans nos questionnements sociétales actuels fait aussi partie de sa palette.
Si bien que la critique regrettera même le fait que le film ne repose que sur son jeu et celui de son partenaire à l’écran Russel Crowe.



Sam Mendes, la nostalgie

Bien qu’on ne sache pas exactement pourquoi James Cameron et Leonardo DiCaprio n’ont jamais re-collaboré ensemble, ce dernier opère semble-t-il un petit transfert pour le plus grand bonheur du réalisateur d’American Beauty, Sam Mendes. Le timing est parfait 10 ans après le naufrage de l’insubmersible, le public retrouve Leonardo aux côtés de Kate Winslet dans Les Noces Rebelles le temps d’un long métrage. Pourtant le spectateur ne profite pas vraiment de la chance qui lui est offerte à cause d’un synopsis un peu trop gnangnan ou un réalisateur vu comme trop cérébral par le grand public des États-Unis. Quoi qu’il en soit l’union pleine de mélancolie aura trouvé les faveurs de la critique et du milieu avec un oscar pour Kate qui soit dit en passant a eu beaucoup plus de mal que son acolyte à revenir de la gloire apportée par Rose Dewitt Bukater.

Chistopher Nolan, le sensationnel

Pour se remettre de ce petit contre-temps, Leo va encore trouver le moyen de se retrouver dans les bons coups, puisqu’il obtient le rôle leader dans le dernier « film à sensation » en date, Inception. Le public a adoré regarder des rêves dans des rêves dans des rêves et ainsi tenter d’analyser le sens de l’ensemble.
En duo avec le respecté Christopher Nolan il fait du deux en un. Il ajoute le thriller science-fiction métaphysique à ses genres de prédilection (et dieu sait si c’est important) et impose définitivement sa maturité à l’écran avec un rôle d’homme d’expérience formateur de la jeune génération et père de famille. Encore un bon parti.



Clint Eastwood, le nom de plus (de trop?)

Nous voilà donc au dernier binôme, celui que notre personnage principal forme avec Clint Eastwood. Pour nous qui en avons vécu l’attente très récemment, l’affiche avait de l’allure avec ces deux entités de légende qui n’avaient pas encore été confrontées. Comme une combinaison de Mr Patate que l’on trouve après tant d’essais, en se disant comment n’y avons-nous pas pensé plus tôt? Malheureusement cette rencontre des plus attractives montre peut-être le début d’une limite à la stratégie de notre acteur fétiche. À trop vouloir prendre de gros noms on en prend qui sont sur la pente descendante. Clint Eastwood déçoit de plus en plus et apporte un nouveau film parfaitement réalisé mais sans aucune étincelle ni d’innovation ni de supplément d’âme.


Nous arrivons donc à un moment clé pour déterminer si le harem du sultan DiCaprio va garder de sa superbe et son prestige ou décrépir emportant son empire avec lui. Les prochains projets de l’acteur impliquent selon les fuites d’informations, Quentin Tarantino… Force est tout de même de lui reconnaître un acoquinement malin avec tous des réalisateurs mondialement reconnus pour leur talent et leur succès, afin de créer un style de filmographie unique, mainstream et strictement qualitative.



3 Commentaires
  1. 1/2 roussos le 16 janvier 2012 à 17 h 27 min

    Perso je pense qu’il faut arrêter un peu de se branler sur Di Caprio…
    Ok c’est un très bon acteur, mais tant qu’il gardera sa gueule de petit minet à tête à claque (à bientôt 40 ans, c’est quand même embêtant…), il n’aura ni grande récompense, ni acclamation de ses paires… C’est dommage, mais c’est la vie.
    Il a une filmographie quasi parfaite, il faut qu’il continue dans cette voie. Je pense que d’ici 15 ou 20 ans (je sais c’est long, mais bon), il trouvera enfin SON grande rôle où il sera acclamé de tous bords, et alors on se replongera peut-être dans sa merveilleuse filmo, mais sinon, il peut encore attendre un peu…
    Quand son visage sera buriné et flétri par les rides, alors il le gagnera enfin son Oscar (à moins qu’il souffre comme tant d’autres du syndrome Robert Redford, ce qui est fort possible…)

  2. Esco' le 16 janvier 2012 à 19 h 28 min

    Il a quand même de grandes chances de l’avoir cette année pour J. Edgar… L’as-tu vu d’ailleurs mon petit 1/2 ?

  3. 1/2 roussos le 20 janvier 2012 à 20 h 43 min

    Non je ne l’ai pas encore vu et je ne sais d’ailleurs pas si je le verrai… Mais une chose est sûre, DiCaprio n’aura pas l’Oscar cette année… ça sera soit Dujardin soit Clooney… Et à mon avis, ça sera plutôt Clooney…