Une sélection de janvier très variée !

Les chroniques du mois : Janvier

31 janvier 2012 . 2 commentaires
By Sipowitz, in Featured, What else ?

Chairlift – Something (Columbia/Sony Music)

C’est peu dire que le retour des New-Yorkais de Chairlift en ce tout début d’année sonnait comme une révolution pour tout fan de pop music qui se respecte. Et pourtant, la tâche était ardue. L’ex-trio (le guitariste Aaron Pfenning a lâché prise à la fin de la tournée, en 2010) remodelé en duo se devait de rebondir après le succès de Does You Inspire You et de son cultissime single Appelisé : “Bruises”. C’est désormais chose faite avec le spectral Something qui, en plus d’être une belle réussite, se pare de quelques gros tubes en puissance (“Amanaemoneisa”, “Sidewalk Safari”). Plus obscur, le nouveau Chairlift emmené par Caroline Polachek et Patrick Wimberly gagne en intensité au fil des écoutes. Un disque d’électro/pop musclé, ample et un brin rétro à qui il manque tout de même un petit quelque chose qui en aurait fait un incontournable. La prochaine sera la bonne ! - Esco -

Cloud Nothings – Attack On Memory (Carpark Records)

Attack on Memory, ou comment remettre le lo-fi au goût du jour… Enregistrant ses morceaux dans la cave de ses parents, le jeune Dylan Baldi a définitivement laissé son coeur dans les 90’s. Passant du garage rock au post-rock en quelques minutes, le mélange des styles donne à cet album un écho particulier entre Nirvana et Sonic Youth. Blindé de singles en puissance, Cloud Nothings n’a plus qu’à laisser évoluer sa «nerd music» pour rentrer à coup sûr dans la face des plus grands noms du rock ! - Vincent V -

Gangrene - Vodka & Ayahuasca (Decon Records)

Gangrene, le duo composé de The Alchemist et Oh No, est de retour avec une nouvelle fournée. Vodka & Ayahuaska succède ainsi au très mitigé Gutter Water paru il y a deux ans et se présente comme un album nettement plus mature et réfléchi. De prime abord, les productions semblent largement plus travaillées et ça se ressent sur des morceaux comme « Aurala Bags », « Dump Trunk » ou encore « The Groove ». Puis, au micro, les deux acolytes livrent de bien meilleures performances. Au final : un album beaucoup plus abouti que le précédant et un duo qui gagne en concordance. - Rémy -

Gonjasufi - MU.ZZ.LE (Warp Records)

Terré dans son bungalow en plein cœur du désert de Mojave, l’ermite de Warp s’était distingué l’année dernière avec un premier album opiacé situé à mi-chemin entre le hip-hop, la folk et l’electro. Avec MU.ZZ.LE, Gonjasufi endosse une nouvelle fois son costume de chaman contemporain pour nous livrer un opus tout aussi introspectif traversé par un downtempo saturé d’effets baroques dont les échos ne sont pas sans rappeler le dub d’un autre barbu illuminé. Un poil plus accessible que son précédent projet, MU.ZZ.LE se distingue avant tout par sa durée extrêmement courte et son intensité redoutable. Seul aux manettes, Gonjasufi fait état de ses talents de compositeur virtuose légèrement décalé, capable de remplir de son mysticisme musical la vacuité des grands espaces américains. « In the désert you can remember your name ’cause there ain’t no one for to give you no pain« , comme le chantait America. - Crazyhorus -

Lana Del Rey - Born To Die (Interscope)

Qui n’a pas entendu parler de Lana Del Rey ces derniers mois ? Tantôt perçue par certains comme une révélation quasi-icônique et par d’autres comme une véritable escroquerie. Quoi qu’il en soit, il était difficile de juger l’artiste sans même avoir jeté une oreille à son premier album. Ça tombe bien, il est arrivé. Born To Die est un objet aussi mystique que son personnage où les productions aux accents hip-hop de Emile Haynie se compilent parfaitement avec le talent de Lana. Cette dernière épate véritablement par sa voix et sa faculté de variation d’un track à l’autre, entre des nuances dark et obscures et des élans de légèreté et superficialité. Cependant, on regrette que ses refrains soient souvent utilisés comme des samples, égratignant certains morceaux d’une véritable lourdeur. -Ju’-


Nada Surf – The Stars Are Indifferent To Astronomy (City Slang/Pias)

Quelle purge que ce nouveau Nada Surf ! En dix pistes rengaines et molles du genou, Matthew Caws et ses vieux potes Daniel Lorca et Ira Elliot (qui paraissent vraiment vieux pour le coup) délivrent une mélasse pop/rock de bas étage que même un Julian Casablancas en phase terminale aurait renié. Alors qu’une bonne partie de la presse s’enthousiasme sur la discographie sans faille des New-Yorkais, on déplorera simplement que ce sixième effort enregistré dans l’urgence du live n’atteint à aucun moment les sommets d’un High/Low ni même d’un Lucky qui jouait sur une corde sensible forte agréable. Monocorde, sans relief, The Stars Are Indifferent… pour être la B.O. d’un teen-movie américain bien plan-plan, à moins qu’on ne lui ait préféré “Twilight” (“Jules & Jim” devait initialement figurer dans le film de loups-garous…). Pour le coup, les étoiles de Nada Surf nous laissent vraiment indifférents. - Esco -

Le Peuple de l’Herbe – A Matter Of Time (Discograph)

Confier ses oreilles au Peuple de l’Herbe, même quelques minutes, c’est prendre le risque de voir s’élever autour de soi des effluves de plantes exotiques relativement hallucinogènes. Chaque album du peuple reflète une sensibilité unique, une sorte d’identité intemporelle et impalpable qui fait qu’on les reconnaît tout de suite, soit par un phrasé atypique signé JC 001, soit par un cuivre percutant à la N’Zeng. Prisonnier d’aucun style, ce A Matter Of Time nous annonce un parcours mouvementé où les principaux standards musicaux que sont le funk, le hip-hop, le rock et l’electro se retrouvent mélangés, à l’image d’un pot-pourri rempli de THC. - Vincent V -

Schoolboy Q - Habits & Contradiction (Top Dawg Entertainment)

Habits & Contradictions, tel est l’intitulé du successeur de Setbacks, son premier et très bon album sorti au cours de la même période l’an dernier. Pour ce nouvel effort, Schoolboy Q a convié quasiment la même équipe que sur le précédent projet, qu’il s’agisse de la production (Sounwave, THC) ou des invités (l’équipe TDE, Jhene Aiko). Malheureusement pour nous, la galette s’avère loin de la qualité de la précédente. Si cette dernière nous avait fait forte impression, ce n’est pas le cas de celle-ci, nettement moins intéressante. Toutefois, le rappeur est toujours au rendez-vous avec un flow qu’il manie à merveille et qui fait sa grande force. Seulement, ça n’a visiblement pas suffi puisque les grands moments se font rares («My Hatin’ Joint», «My Homie», «Blessed», «Niggahs.already.know.davers.flow»). Rassurons-nous, Q a tout le temps de rattraper le coup. - Rémy -

Yo Gotti - Live From The Kitchen (Polo Grounds Music)

Plus de quinze ans de carrière et pas l’ombre d’un premier album studio distribué sur une major. Yo Gotti dira qu’il a pris son temps, façonnant son buzz au gré de featurings divers, nous affirmerons simplement qu’il n’a jamais eu le talent pour être légitime sur un album entier. Et à l’écoute de ce premier effort solo, difficile de nous donner tort. Naviguant entre titres risibles (« Single », « Killa », « Second Chance ») et bangers sans saveur (« Red White And Blue », « Harder »), l’ensemble est hallucinant de médiocrité. Le public ne s’est pas trompé, Live From The Kitchen a floppé monumentalement dans les charts. En live de sa cuisine, Gotti a proposé un projet qui, en plus d’être insipide, sent clairement le réchauffé. - Nico -


Youssoupha - Noir D**** (Bomayé Music)

Certainement l’un des albums les plus attendus de l’année, Youssoupha avait su faire monter la pression avec sa digitape et « Menace de Mort ». Les réseaux sociaux s’affolaient dans l’attente de son Noir Désir. Le projet entre les mains, on ressent déjà toute la puissance du produit qui réside dans sa cover. Cet opus est un travail d’équilibre et de balance entre des thématiques fortes (« Menace de mort », « La vie est belle »…) et d’autres plus décousues et superficielles (notamment les deux gesteludes). Une perspective que l’on retrouve dans l’intégration intelligente des punchlines qui se moulent parfaitement au ton de l’album sans jamais se servir d’un morceau pour faire une accumulation de références métaphoriques. Certainement un futur classique du rap français même si deux/trois tracks passent à la trappe, notamment dû au caractère mielleux de certains refrains (« Histoires vraies » et « Dreamin’ »). - Ju’ -



Les notes de la rédaction



2 Commentaires
  1. m&m le 31 janvier 2012 à 22 h 33 min

    Pas de surprise, mais qui a écrit le texte pr la description de youssoupha, car c’es pas signé….

  2. Esco' le 31 janvier 2012 à 22 h 58 min

    Bien vu ! Tu as désormais ta réponse