Le cinéma d’été par Neo Boto

14 août 2013 . Pas de commentaire
By Sipowitz, in Urban culture

En ce mercredi 14 août, Neo Boto vous présente son premier article à caractère humanitaire. Tout comme le Secours Populaire tente d’aider les enfants qui ne peuvent partir en vacances, nous avons décidé de vous aider à rêver un peu. En effet prisonniers d’un emploi aux RTT timides, d’un stage ou de révisions pour les rattrapages de septembre nous vous proposons d’aller au cinéma. Mais pour éviter de vous prendre au piège des sorties très peu alléchantes de ces mois de beau temps et de chaleur extrême voici pour vous un guide qui vous aidera à miser au mieux vos 7,90 euros.

Dessine-moi un minion

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Le cinéma entretient une relation particulière avec l’été. Le fait de s’enfermer dans une salle obscure alors qu’un soleil tant attendu éclate à l’extérieur défit légèrement les lois de la logique. C’est pourquoi une programmation particulière s’en suit dans nos salles beaucoup plus fréquentées durant les saisons moins clémentes. Si cette année le nombre de films sortis est particulièrement important, on n’échappe tout de même pas à la sur-présence de films d’animation. Les enfants sont en vacances donc pour s’occuper le jour où il fait un peu gris, minions, monstres étudiants et autres cafards sont en première ligne pour vous accaparer le porte-monnaie.
Arrêtons de faire comme s’il y avait débat, l’armée des minions soutenue par papa Pharrell écrase largement un Bob Razowski beaucoup moins drôle et spontané qu’à ses débuts. Si vous avez trop peur de trancher venez voir se battre Oggy à travers les âges et tentez de retrouver l’univers et l’humour subtil des dessins animés dans la veine des Zinzins de l’espace.
Si vous avez choisi l’été 2013 pour devenir ou avoir l’air intelligent choisissez Le roi et l’oiseau, de la poésie animée, ovni sans égal qui inspirera vos humeurs intellectuelles.

Not good enough

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L’espoir de cet été résidait dans des blockbusters aux allures quelque peu originales. Insaisissables nous offre de la magie 2.0 (comme ils disent), Pacific Rim le dernier Guillermo Del Toro montre des humains qui réussissent à se battre contre la fin du monde et American Nightmare (avec un budget bien plus limité que les deux autres) autorise le crime une fois par an pendant 12H. Le genre de films cumulant gros budget et scenario attractif sur le papier deviennent un piège car qui dit attente dit aussi déception plus facile.
Nous vous donnons donc le feu vert pour aller les voir mais veillez à ne pas vous faire trop d’espoir. Pacific Rim et Insaisissables sont de bons spectacles de divertissement qui, outre leur sujet, ne diffèrent pas énormément de ce que vous avez l’habitude de voir. Kanye a beau nous allécher avec son « This is not another « Robot » movie » (« Ça n’est pas q’un film de robots de plus ») les ficelles restent assez visibles pour Pacific Rim et la deuxième partie du film vous permettra largement de passer à l’action lors d’un rendez-vous galant sans avoir peur de rater quoi que ce soit. Quant à la purge d’American Nightmare il reste le plus décevant des trois avec un scenario qui crie « on vous prend pour des imbéciles » alors que de nombreuses incohérences nous empêchent de rentrer réellement dans l’univers du film.

Déja vu

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Si ceux qui tentent d’innover échouent, l’espoir vient peur-être de ceux qui restent classiques. Rappelons que nous sommes au mois d’août, revoyez vos exigences habituelles à la baisse l’objectif ici est de passer un bon moment et non de trouver le prochain chef-d’oeuvre du cinéma.
Nous avons donc face à nous une sélection de quatre films que l’on a certes l’impression d’avoir déjà vus mais qui parviendront peut-être à nous faire sourire en fin de mois. Jobs le biopic de feu Steve est celui sur lequel il faut certainement le moins miser. Il sent la pale copie de The social Network à plein nez explorant les problématiques liées à un personnage ambitieux, visionnaire et souvent rejeté. L’univers des années 70 et la fraicheur du monde d’Apple plairont sans doute à nos parents, en ce qui vous concerne on vous conseille de relire ceci ce sera suffisant.
S’en suit Kick Ass 2, Conjuring et Le Dernier Pub Avant La Fin Du Monde, trois genres différents parmi lesquels vous pouvez choisir votre préféré et croiser les doigts pendant la séance pour que vous soyez agréablement surpris. Des robots zombies à la Shaun Of The Dead, des super héros boutonneux ou un peu dérangés et des esprit maléfiques dans une maison hantée, on est prêts à y croire.

Vous ne passerez pas

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Cette catégorie s’applique à des films qui à la seule vue de leur bande-annonce exaspèrent et/ou désespèrent. Nous avons le trio gagnant composé de, en tête, Percy Jackson : La Mer Des Monstres (exécrable dès le titre), Les Flingueuses et Lone Ranger : Naissance d’un héros. Le premier n’étant approprié uniquement pour les individus né en 1999 passant de la 4ème à la 3ème et de l’enfance à la phase la plus simplette de l’adolescence, on peut aisément le considérer comme banni de vos possibilités. Les Flingueuses annonce blagues lourdingues et une heure et demi de peine pour la pauvre Sandra Bullock bien trop dépassée à Hollywood assurant difficilement sa retraite.
Face à tant de douleur Lone Ranger qui semblait nous faire subir le scandale d’une caricature de Jack Sparrow mais dans le Far West, s’avère être le plus supportable. La séance passe vite et sans trop de lourdeurs. Nous ne vous conseillerons pas d’y aller de votre plein grès mais si vous vous voyez contraints d’y aller avec votre petit frère, cousin ou minion, ce ne seront pas les deux heures les plus insoutenables que vous pourrez passer.

Excuse my french

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Et au milieu coule le cinéma français. François Ozon a mis le paquet sur la promo de son Jeune & Jolie. Quoi que vous alliez voir au cinéma vous pouvez être sûrs que vous verrez au moins sa bande-annonce.
Une prostituée malgré elle face à des suicides, meurtres et viols à gogo dans Les Salauds de Claire Denis, faites votre choix. Le glauque et les grands appartements parisiens font apparemment toujours aussi bon ménage alors allez-y en connaissance de cause ni fraicheur ni lumière dans ce cinéma complètement déprimé. En attendant de voir si Jeune & Jolie peut remonter la barre avec la vision d’Ozon, Claire Denis nous a ennuyé.
Reste alors Michael Kohlhaas qui nous sortira c’est sûr de ce parisianisme que l’on tente pourtant de fuir pendant l’été, car il prend place au XVIème siècle dans les Cévennes. Si ça ne vous parait pas plus attractif pour autant essayons de partir du principe que chez nous au cinéma l’habit ne fait pas le moine et espérer ici aussi peut-être une bonne surprise.

 

Les vacances sont maintenant bien entamées, pauvres de vous restés sur votre lieu de travail vous en êtes surement arrivés à un point de non retour niveau sorties. Espérons donc qu’au milieu de ce terrain miné vous pourrez trouver un peu de bonheur dans ces quelques films passés en revue. La vraie morale de cette histoire reste que le cinéma en été c’est surtout deux heures de votre temps bien installé dans un fauteuil AVEC LA CLIM.

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