Comment aimez-vous votre JT?
Justin Timberlake, le couteau suisse de l’art
Justin Timberlake, personnage incontournable de la scène médiatique américaine est difficile à appréhender pour nous, les Français. Rien de plus logique car, en France, les petit minets tout droit sortis d’un boys-band ont pour seule destinée de tomber dans l’oubli, décrédibilisés à vie. Imaginez seulement Frank des 2be3 ou Steve des Worlds Appart monter les marches du festival de Cannes… Aux États-Unis, les esprits sont plus ouverts à l’évolution artistique qui murit avec l’à¢ge. Comme on espère assister à la maturité d’un Justin Bieber adulte, Justin Timberlake pourrait être son mentor. Membre du groupe juvénile ‘N Sync, il a aujourd’hui deux albums derrière lui, comptant à ses cotés les Neptunes, Timbaland ou Madonna et une filmographie qui l’a mené jusque derrière la caméra très respectée de David Fincher. Est sorti la semaine dernière Sexe With Benefits, un film dans lequel il partage la vedette avec sa toute nouvelle petite amie, Mila Kunis, et a affirmé dernièrement travailler sur un nouvel opus. Il n’en fallait pas plus à NeoBoto pour faire un point sur la démarche d’un homme incontestablement polyvalent.
Si le monde a été scindé en deux parties que se partageaient les États-Unis et l’URSS, aujourd’hui, c’est Justin Timberlake qui divise. Il y a d’un coté les adorateurs de JT le chanteur, et, de l’autre, les pro Timberlake en tant qu’acteur. La vidéo sortie récemment venant de fans le suppliant d’abandonner sa carrière de comédien pour reprendre la musique n’est qu’une offensive parmi tant d’autres contre le camp adverse. « Justin it feels like you’re cheating on us by acting », « Justin c’est comme si tu nous trompait en jouant la comédie », dit un témoignage désespéré.
La division est telle qu’on a l’impression d’avoir affaire à un gollum (en bien plus propre sur lui) qui jongle simultanément entre deux personnalités. Le chanteur est littéralement un sex-symbol, une figure de masculinité dans toute sa puissance, accentuée par ses talents de danseur. Envoyant deux bombes que sont Justified et FutureSex / LoveSounds, dans le monde du R’n'B, il se construit une image d’homme s’extirpant de son groupe de jeunesse, comme Beyoncé est devenue femme après les Destiny’s Child.
« Bring The Sexy Back Back Justin ! »
Alors, pourquoi vouloir dédier de son temps et de son énergie à se construire une carrière d’acteur quand on a le pouvoir presque absolu, ainsi que le respect de ses pairs dans la musique ? Peut-être tout simplement par goût, car il ne faut pas oublier que le petit Justin a tout commencé au Club Mickey Mouse, une émission dans laquelle il a pu chanter mais également dans l’esprit d’un show plus adulte, et désormais cher à son cŒur, le mythique Saturday Night Live. Il aime faire le pitre (Beyoncé en a été la première victime sur le clip de «Single Ladies») et participer à des sketches ce qui nous a valu le magnifique « Dick In A Box ».
Séduit par le métier d’acteur, il saute très tôt sur l’occasion de faire des films, prenant le risque que certains n’auraient pas dà» prendre, de passer d’un domaine artistique à un autre (on pense notamment à Will Smith ou Joaquin Phoenix qui l’ont fait, ou on voulu le faire, dans l’autre sens). Justin, lui, avance à tâtons, arborant un visage plus réservé dans le cinéma avec des seconds rôles (Alpha Dog, Black Snake Moan) ou des rôles de jeune innocent comme dans Edison où il joue un journaliste inexpérimenté qui découvre, naà¯f, la dureté du métier. On le voit seulement prendre du poil de la bête dans son 9ème film, le célèbre The Social Network, dans lequel il incarne un personnage au contraire plutôt calculateur.
Quoi qu’il en soit, loin de son aura sensuelle de chanteur dont il ne se sert finalement que dans son dernier film, il peut se vanter de jouer la carte d’une filmographie diversifiée, marque d’un acteur passionné par l’incarnation de rôles différents, écartant toute stratégie dans ses choix de films. Le résultat le prouve, qu’il joue dans un thriller (Edison), une comédie (The Love Guru), une comédie romantique (Bad Teacher) ou un « film d’auteur » (The Socila Network), son jeu est impeccable, accaparant le respect des critiques et des spectateurs parfois méfiants.
On comprend alors qu’il cultive un véritable amour pour ses partenaires de jeu et les ambiances de tournage lorsqu’il se retrouve aux cotés de Morgan Freeman, Samuel L. Jackson ou encore Mike Myers. Même si tous ses films ne sont pas objectivement des chef-d’oeuvres, on voit passer au travers de sa filmographie une bonne tranche de culture populaire qu’il veut apparemment servir, étant lui-même un des ses plus beaux produits.
On ne s’étonnera donc pas de le retrouver également derrière les images de Yogi L’Ours chez Disney, ou de Shrek chez Dreamworks, ni de le voir enchainer deux films d’un romantisme un peu trop féminin pour être innovant (Bad Teacher et Friends With Benefits) juste après le dernier David Fincher. Il veut faire plaisir en se faisant plaisir, simplement.
Aidez donc à réconcilier les fans de l’acteur et du chanteur pour donner la cohérence que mérite sa schizophrénie artistique, quitte à être patient entre deux projets, de l’un ou l’autre domaine. On le retrouvera bien de toute façon lors de ses courtes et délicieuses performances de temps à autres sur SNL, ou chez Jimmy Fallon.




