Parcours croisé...
[Interview] Vivez la rencontre extra-terrestre de ME
Lorsque les maux de la crise actuelle s’abattent avec violence sur les populations européennes, la prolifération de voies extrêmes appellent à une fermeture des frontières, une sorte de repli sur soi identitaire et politique. Des considérations excluantes, bien loin de la force du brassage culturel qui s’opère au quotidien. En effet, Continental T et E-Leven se sont trouvés dans ce formidable monde parallèle et virtuel que peut être Internet où les combinaisons sont aussi infinies qu’aléatoires. Alors c’est à la fois à la chance ou au destin qu’ils doivent cet échange artistique, une chose est sûre ces deux-là devaient se rencontrer.
Vous concrétisez aujourd’hui le fait que de nombreux coups de foudres ont lieux sur internet qu’ils soient amoureux ou artistiques. Comment trouve-t-on son âme sœur musicale sachant que c’est définitivement la bonne sans rien connaître de l’autre ?
E-Leven: On a tout de suite vu dès les premières heures passées sur skype à créer nos premiers morceaux ensemble que la connexion était là. L’alchimie entre nous était évidente, avoir la possibilité de faire autant de morceaux en si peu de temps n’est pas donné à tout le monde. Le fait de créer un groupe ensemble est venu comme une évidence. En fait c’était comme si c’était déjà écrit avant d’avoir lieu, ça devait arriver.
Continental T, tu commençais à t’implanter dans les réseaux du game américain. Qu’est-ce qui t’a poussé à partir sur cette voie totalement différente ?
Continental T: Ce que je fais aujourd’hui n’est pas du tout différent de ce que je faisais avant ME. Quant au projet du groupe c’est d’unir les deux mondes, tous les mondes. Nous voulons que notre musique puisse être propagée aussi loin que possible.
Finalement qu’est-ce que signifient ces deux lettres ME ?
C: La signification de ME est sensée être multiple. Certains aiment dire « Music Is Everything » moi je dis « More Of Everything ».
Comment s’articule le travail de ME ? Quel est votre processus de création ? Vous êtes tous les deux producteurs, Contintental T participe-t-il lui aussi à l’élaboration des instrumentaux ?
E: La plupart du temps je commence au piano ou sur l’Andromeda, je joue et une mélodie arrive. Continental T produit avec moi, on pense ensemble à la direction du morceau, comment ça va sonner etc.. On est donc toujours sur la même longueur d’onde et il y a toujours une cohérence entre la musique et les paroles. Après avoir crée la mélodie principale du morceau, je vais construire autour tout son arrangement, en allant d’un instrument à l’autre, en enregistrant des guitares, des synthés, des lignes de basse et en programmant la rythmique. J’essaie d’enregistrer le plus d’instruments possible en live pour amener un certain son.
En même temps Continental T commence à penser aux paroles du morceaux, m’indique tels ou tels son qu’il a en tête ou une certaine mélodie que je vais ensuite rejouer et arranger.. Jusqu’à enfin arriver à un stade où le morceau est assez abouti pour pouvoir commencer à enregistrer les voix.
Finalement vous venez tous les deux d’endroits assez décentralisés des gros pôles hip-hop de vos pays, à moindre mesure pour Continental T. Comment vit-on lorsqu’on est en « province » pour se faire connaître ?
C: Depuis qu’il y a de la musique aux États-Unis, Houston y a toujours joué un rôle. Venant d’où je viens, je peux vous parler des nombreux artistes qui ont influencé le game aujourd’hui. Il y a entre autre Scarface, UGK ou même DJ Screw et tout le S.U.C. [Screwed Up Click ndlr]
D’ailleurs Continental T, estimes-tu que les sonorités de Houston et l’impact des Geto Boys ont eu une influence sur ta musique ?
C: Yeah, je dirais que j’ai été un petit peu influencé par les Geto Boys. J’ai d’ailleurs eu l’opportunité de rencontrer Scarface plusieurs fois et j’ai joué de la musique pour lui de temps en temps. Il a vraiment aimé mes productions et mon style de rap, il semble penser que j’ai du talent. C’était il y a des années, mais oui ils m’ont influencés.
E-Leven, tu es totalement autodidacte ? Considères-tu que cette liberté par rapport à une formation traditionnelle se concrétise dans ton travail ?
E: Oui j’ai tout appris moi-même, que se soit le piano, la guitare, la bass ou la MAO. Il n’y a pas de secret, c’est énormément de travail, des nuits passées à jouer et s’entrainer, répéter les mêmes choses encore et encore jusqu’à ce qu’elles deviennent une deuxième nature. Le fait de ne pas avoir eu de formation traditionnelle se concrétise en effet dans mon travail, j’ai pu choisir moi même ce que je voulais apprendre, en commençant évidement par les bases, mais avec la possibilité ensuite de m’orienter dans la direction que je voulais emprunter.
Je me sens aussi plus libre quand je compose, ne pas avoir à penser « théorique » est plutôt bien, on se concentre uniquement sur la musique et la façon dont ça sonne. Mais c’est aussi essentiel de savoir ce que l’on fait et pour moi en tant que compositeur et producteur de pouvoir facilement imaginer et créer des harmonies, de vrais arrangements etc.. Il faut trouver le bon équilibre entre les 2 deux.
Quels sont les premiers retours que vous ayez eu pour cette mixtape ?
C: Pour l’instant, on a de très bons retours. On essaye juste de l’étendre à un plus large public, pour que tout le monde puisse l’écouter. Comme des shows arrivent en janvier, nous pourrons apporter le son de la mixtape à travers le monde.
Quels sont les projets à venir pour ME ?
E: On continue à faire des concerts, on aura un showcase à Paris en janvier et on joue au Midem à Cannes le 28 janvier. On commence également à produire pour d’autres artistes. Et il y aura ensuite la sortie d’un nouveau single avant l’album qui arrivera courant 2012!
ME - SBS




