Rencontre avec une femme qui en a

[Interview] Psalm One : Ladies first

3 octobre 2011 . Pas de commentaire
By crazyhorus, in Featured, US Side

Rhymesayers a eu du flair en signant cette intelligente, charmante et talentueuse rappeuse native de Chicago. Alors qu’elle s’engageait sur les chemins prometteurs de la chimie, Psalm One a troqué le bec Bunsen et le tube à essai contre le mic et l’ambiance tamisée des studios. Rappeuse éclectique à la langue bien pendue, la female MC tient à affirmer sa féminité au sein d’un rap game majoritairement masculin qui parfois n’hésite pas à confiner ses attributs dans des slims élimés à 200 $. Rencontre à la cool avec une femme déterminée.

- Salut Psalm One. Peux-tu te présenter auprès du public français ?

Je parle un petit peu français !! (rires)

Salut, je m’appelle Psalm One, je viens de Chicago, là d’où viennent des artistes comme Common, R. Kelly et Kanye West. Je suis la « first lady » de Rhymesayers Entertainment, et la seule femme signée sur ce label. J’ai aussi une formation de chimiste.

- Oui car rappeuse n’est pas ton premier job, tu as d’abord fait des études en chimie il me semble…

Oui, j’ai terminé mes études universitaires en chimie et j’ai travaillé dans un laboratoire durant deux ans avant de me consacrer entièrement à la musique.

- Tu viens de Chicago et, pour un artiste, je suppose que c’est une ville pleine d’inspiration. Quelles sont tes principales influences ?

Chicago est une ville fantastique oui, et musicalement très inspirante car beaucoup de légendes disco, funk, jazz et blues y sont nées ou sont passées par là. Le métro aérien (Chicago L, Ndlr) est vraiment pittoresque et m’a beaucoup inspiré. Mes principales influences restent mon défunt père, Stevie Wonder et Prince.

« Je me fiche de ce que Sean Price dit. J’ai aimé quelques uns de ses morceaux, mais peu importe. Je ne vis pas ma vie pour qu’elle soit approuvée par…. ce mec »


- Depuis Bio : Chemistry, ton premier album, que s’est-il passé ?

Depuis Bio : Chemistry, mon premier album en 2002, j’ai été diplômée à l’Université et j’y ai travaillé en tant que chimiste tout en rappant un peu. En 2005, j’ai rencontré Casual des Hieroglyphics qui m’a invitée sur un morceau. C’est ça qui a suscité mon intérêt pour le rap indé. L’année d’après, j’ai décidé de bouger sur un label et j’ai choisi Rhymesayers en 2006, ce qui a complètement changé ma vie.

- Tu es d’ailleurs la seule rappeuse chez Rhymesayers. Comment tu vis cette situation ?

Être la seule femme chez Rhymesayers est quelque chose dont je suis très fière, mais ça me met aussi pas mal de pression et de responsabilité. Je vis avec ça, j’essaie d’être la meilleure possible, tous les jours. C’est tout ce que je peux faire.

- Est-ce que tu as de bonnes relations avec les autres artistes du label ? (Psalm One apparaît notamment dans le clip d’Evidence « You », Ndlr)

J’ai de bonnes relations avec certains artistes du label et d’autres avec qui je n’ai presque jamais parlé. Mais nous sommes comme une famille et comme dans toutes les familles ce sont des choses qui arrivent. Je les aime tous.

- Quel est ton sentiment lorsque Sean Price dit qu’il n’aime aucune rappeuse (à l’exception de MC Lyte) ? Penses-tu que le rap game est resté toujours aussi macho, un genre de « macho game » ?

Je me fiche de ce que Sean Price dit. J’ai aimé quelques uns de ses morceaux, mais peu importe. Je ne vis pas ma vie pour qu’elle soit approuvée par…. ce mec. Je sais que je suis l’une de celles qui fait ça le mieux. S’il y a des gens qui ne savent pas ça, ils peuvent alors creuser un peu plus. Et oui, le rap game a toujours été un « man’s game ». Mais les femmes se débrouillent vraiment bien, et pour être honnête, voir autant d’hommes en même temps, c’est un peu, dirons-nous… bizarre

- A l’inverse de Sean Price, peux-tu nous donner tes trois rappeuses préférées ? Et, s’il te plait, ne me sors pas la même chose que Sean P !

MC Lyte
Lauryn Hill
Roxanne Shante

- A présent, parlons de tes projets. Récemment tu as sorti ta dernière mixtape Get In The Van 3. Est-ce que c’est un prélude à un futur album ?

Get In The Van 3 est une tape qui célèbre le fait que je suis de nouveau sur la route, et que j’ai trouvé ma voie. Je suis si excitée de l’avoir trouvée, je la cherchais depuis un moment ! Je suis en train de mixer mon album officiel.

- Get In The Van 3 est une sorte de projet melting pot avec pas mal d’influences dont une touche electro. J’ai lu quelque part que tu aimes le travail de Flying Lotus. Est-ce que tu veux explorer cette vibe sur ton prochain album ?

Flying Lotus est un producteur hallucinant. Je vis à San Francisco depuis deux ans, et c’est une vibe que j’explore beaucoup depuis dans ma musique. J’ai fait un album dance quand j’étais là-bas et j’y ai mélangé un peu d’electro de Chicago. Donc oui, c’est une voie que j’explore mais je suis hip-hop du fond du cœur.

- Tu as bossé avec Del The Funkyhomosapien, Ang 13 et un autre natif de Chicago, Thaione Davis, sur le morceau « Night Games ». Pourquoi avoir voulu travailler avec ces trois artistes ?

Del est comme mon grand frère. C’est un peu comme un mentor pour moi et je le respecte énormément. Ang et Thaione sont avec moi depuis que je suis à la Fac. Parfois, tu peux faire la meilleure musique du monde avec les gens que tu connais depuis longtemps et ces trois MC sont mes amis.

- Quels sont les sujets que tu as envie d’aborder dans le futur ? Est-ce qu’il y en a un qui te tient particulièrement à cœur ?

Je ne prêcherai jamais, mais je parle de ce que veut dire être une femme noire, les avantages et les inconvénients d’être une femme dans cette industrie. Je parle aussi d’avantage de ma sexualité, ce qui est sujet à discussion, apparemment.

- Un dernier mot. Tu écoutes quoi en ce moment ?

J’ai écouté pas mal les Black Keys dernièrement. C’est vraiment bon de les écouter.

Merci à Maxime Robin

A écouter :

Psalm One - Get In The Van 3 (Rhymesayers)

Infos :

Sur le site Rhymesayers

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