Le meilleur de Brooklyn et Manhattan

How They Made It In New York?

5 octobre 2011 . Pas de commentaire
By Humbeline, in Featured, Urban culture

« And since I made it here/I can make it anywhere » rappait Jay-Z en 2009 dans ce qui fut un des hymnes à New York les plus acclamés. Mélangeant ainsi rêve yankee et réussite dans la Grosse Pomme, il faisait de l’ombre à notre cher Joe Dassin et cette Amérique qu’il voulait tant. Si nombreux sont les hommages cinématographiques ou musicaux rendus à la ville qui ne dort jamais comme le scandait si bien Frank Sinatra, les séries peuvent elles aussi avoir leur part du gâteau. Les années 90 ont vu débarquer Sex & The City, show qui a littéralement mis à l’honneur la ville puisqu’elle n’était pas seulement le décor mais la base même de la relation qui unissait Carrie Bradshaw, Samantha Jones, Miranda Hobbes et Charlotte York. Le programme était alors mouvant, évoluant au gré de la vie des protagonistes mais aussi de la ville. Au bout de six saisons de bons et loyaux services envers une certaine facette de New York, le show d’HBO toucha à sa fin et ce n’est qu’en 2010 avec l’arrivée sur la même chaîne de How To Make It In America que l’on découvrit alors non pas le côté obscur de la ville, mais un visage différent de NYC. A l’occasion du premier épisode de la saison 2 diffusée dimanche sur HBO, NeoBoto a décidé de revenir sur ces deux séries, ces deux images de New York à travers notamment leur générique respectif.

Un générique c’est un peu comme un amuse bouche, si c’est bon on sait que les assiettes seront finies et saucées (oui oui, même si ça ne se fait pas). Et en matière de générique, HBO a toujours eu un grand savoir-faire, que ce soit Six Feet Under et sa musique composé par Thomas Newman (célèbre pour la bande originale d’American Beauty) ou bien Game Of Thrones et sa maquette du royaume évoluant, on y pressent toujours l’esprit de la série. Évidemment au bout de 3 ou 4 fois on met avance rapide (ce qui était plus cool sur les magnétoscope) mais c’est toujours avec plaisir qu’on les redécouvre.

Manhattan State Of Mind

N.Y. était la 5ème dame de la série, et Manhattan l’arrondissement privilégié de Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte. Pestant contre les décisions de Rudolph Giuliani mais profitant certainement de ses politiques d’urbanisme, elles s’installaient dans les quartiers à la mode, notamment Samantha dans le « meatpacking district ». Aux côtés des classes sociales plutôt élevées, les lieux de tournage reflétaient la richesse et le générique prenait le parti des gratte-ciels si importants dans l’imaginaire New-yorkais. Dans les hauts lieux de la finance et des affaires, il semblait aisé de séduire un trader huppé ou d’avoir un bel appartement dans le West Village alors qu’on n’est qu’une chroniqueuse free-lance. Le New York de Sex & The City n’était finalement que celui qu’on aime montrer, sécurisé, propre et sans trop d’embûches. Une certaine facilité qu’on ne peut pas trop reprocher, How To Make It In America aborde la réussite sociale et c’est la réussite sentimentale qui primait pour la série de Darren Star.

Image de prévisualisation YouTube


« Things will be great when you’re downtown… everything’s waiting for you »

Petula Clark chantait « Downtown » en 1964, hymne à New York pour ce qui aurait pu être le thème du générique de How To Make It In America, mais non Ian Edelman lui a préféré « I Need A Dollar » d’Aloe Blacc. Le chanteur soul fut alors responsable avec ce titre d’un des refrains les plus entendus en 2010 et finalement plus dans le sujet que Petula et ses errances. « Le poids de la musique, le choc des photos » si on voulait singer sans rimer Paris Match dans l’ambiance de la série, les photos prennent tout leur sens. L’intro est ici faite d’instantanées et de vidéos de la vie new-yorkaise, mêlant les taxis jaunes aux vendeurs à la sauvette en passant par les cuisines d’un restaurant ou encore une soirée de hipsters alcoolisés. Tous les mondes et classes sociales se côtoient, immortalisés par le photographe Boogie dont les clichés nourrissent chaque épisode de la série. Aucun des acteurs n’y est présent, juste leurs noms s’immisçant dans un New York qui peut sembler à l’opposé de l’introduction de Sex & The City, un vrai melting pot social et culturel. Boogie transmet un réalisme et offre alors quelques secondes de son art aux spectateurs. Pour ce qui est de la saison 2 on avait laissé Ben et Cam aux prémices de leurs créations, en dilemme avec René et on les retrouve fraîchement revenus de Tokyo où leurs t-shirts se vendent bien ce qui n’est pas le cas à N.Y. Ils doivent faire face à la concurrence, loi de l’économie de marché oblige, leur opposé stylistique est bien plus coté grâce à leur histoire d’ex-junkies. Alors l’amitié des deux va-t-elle les aider à se développer.. ? En attendant de savoir ce qui se passera dans la saison 2, découvrez ou redécouvrez le dit générique :


Alors bien sûr quand Sex & The City avait rencontré un énorme succès, des tas de Carrie Bradshaw avaient débarqué dans les rues new-yorkaises la plupart bercée d’illusions. Ben Epstein et Cam Calderon deviendront peut-être les nouveaux modèles à suivre pour ceux en quête de réussite et de gloire, mais le mythe d’Icare n’est souvent pas bien loin. Enfin après tout et comme l’a dit Madonna, « New York is not for pussies ».


Aucun Commentaire