Chronique d'une success story
Orelsan, les sirènes du succès
C’est fait, la bombe est lâchée ! Le “génie qui a écrit ‘Sale Pute’” est bel et bien de retour pour chier dans la colle et les bégonias ! Orelsan, 29 ans, Alençonnais d’origine, geek de compet’ et poète à ses heures perdues, est en passe de marquer au fer rouge le dernier trimestre de cette année 2011. Après des mois de promotion menés tambour battant, Le Chant Des Sirènes arrive tel le messie dans un rap français revigoré par l’assaut des 1995. Les médias, jadis orduriers avec le rappeur, se ruent désormais sur le phénomène qu’ils présentent les uns après les autres comme l’ex-racaille du Calvados devenue gendre idéal en deux temps trois mouvements. Il aura suffit de bien peu de choses pour que la machine s’enclenche : un régime, un passage chez le coiffeur, une grosse après-midi shopping, emballez c’est pesé ! Orelsan est à présent un homme neuf - du moins en apparence – soigné et libéré de “la polémique” dont on a tant parlé. Si bien que deux années plus tard, on va peut être enfin pouvoir causer musique.
Anthropologue de la rime
Avec ce deuxième opus, le normand confirme son statut d’observateur des sociétés modernes. Le Chant Des Sirènes est un disque intense et personnel où le rappeur fait état du monde qui l’entoure, des gens avec qui il évolue, des connaissances qui jonchent la vie d’un homme, de ses doutes, de ses peines…
Sans nombrilisme aucun, Orelsan revient au détour d’une rime sur la polémique qui l’a contraint à annuler une série de concerts, s’épanche sur ses aventures sentimentales et ses soirées d’ivresse, sans oublier de saupoudrer son écriture d’un humour piquant si caractéristique. Mais, une nouvelle fois, ce qui ressort de cet album est la capacité qu’a le MC à analyser une société en constante évolution avec une objectivité étonnante. Tel un sociologue, sans paraître doctrinaire ou moralisateur, Orelsan décortique et relate le quotidien de milliers de jeunes français happés par Internet et les nouvelles technologies (“J’viens de voir une vieille faire une crise cardiaque, premier réflexe : j’ai tweeté !”). Le rappeur puise sa force dans ce rôle d’observateur extérieur qui lui permet d’écrire des textes forts mais objectifs (“Plus Rien Ne M’étonne”, “Suicide Social”), en gardant une justesse de ton quasi constante.
Aujourd’hui, Orelsan est arrivé à un point où tout un chacun est en mesure d’être touché, ne serait-ce qu’un peu, par son écriture. Et c’est sans aucun doute ce pourquoi les médias, aussi différents soit-ils, se massent comme des mouches sur le bien nommé Chant Des Sirènes. En se détachant de la vision majoritairement unilatérale du rap français, Orelsan ouvre les vannes et injecte du sang neuf dans un milieu hip-hop qui a tendance se reposer sur ses acquis. L’émulation générale qui entoure l’arrivée de ce deuxième effort n’est d’ailleurs pas anodine : si le rap du MC suscite autant de réactions, c’est qu’il apporte l’innovation que tout beaucoup attendaient.
En dépit d’une plume nerveuse et réfléchie, c’est aussi l’attitude qui fait le succès du normand. Qu’il se pavane en sweat vert fluo ou avec un tee-shit Naruto (voir la couverture du Rap Mag ci-dessus), son look - aussi bien l’ancien que le nouveau - laisse peu de personnes indifférentes.
La fraicheur visuelle qui émane du clip “RaelSan” a grandement contribué à façonner l’image du Orelsan version 2011, celle d’un artiste résolument moderne ayant acquis, en quelques années, l’expérience nécessaire pour passer dans la cour des grands. Signe du destin ou pas, une semaine après sa sortie, Le Chant Des Sirènes s’est malicieusement placé dans le Top 3 des meilleures ventes d’albums en France… “Sortez les 8.6, on vient fêter la fin du disque !”





Au delà même de son regard juste et franc sur la société il faut aussi souligné la technicité d’ Orelsan au micro proposant des phases ahurissantes. De plus son perso évolue il n’est plus le looser ado mais passe au jeune dépressif avec des propos acerbes, il dit: « c’est pas du rap comique mais celui d’un jeune en passe de devenir alcoolique » cela résume bien son état d’esprit sur cette galette. Peace et merci pour la chronique!
Alors après concernant la technique du gus sur cet album, je suis assez mitigé. Certaines fois il est capable de l’accélérer et de bien cadrer l’instru mais à d’autres moments je trouve qu’il est plus ou moins off-beat et là ça passe moyen.