Quatre Nantais à l'assaut du succès

[Interview] Elephanz, la pop Nantaise qui monte

22 février 2012 . Pas de commentaire
By Esco', in FR Side

Fraichement débarqué de la ville Chef-lieu de Loire-Atlantique, Elephanz se présente comme l’un des groupes pop les plus prometteurs du moment - au même titre que leurs amis de Rhum For Pauline. Leur entêtant single “Stereo” - petit missile de modern-pop - les a conduit sur le plateau de Taratata en décembre dernier et pourrait bien devenir l’un de ces incontournables dont tout le monde se souvient. Dans le train, de retour vers Nantes après quelques jours de studio sur Paname, Jonathan Verleysen - chanteur et guitariste du quatuor - répond à nos questions. Nous ne nous étions pas trompés sur ces Elephanz, c’est du tout bon !

Peux-tu revenir brièvement sur vos débuts dans la musique et sur le lancement du groupe Elephanz ?

J’ai commencé à faire des concerts vers l’âge de 18/19 ans avec des chansons en français que j’écrivais. Puis j’ai débauché mon frère Maxime en 2008 qui était en école d’ingénieur. Thibaud, lui, a toujours fait de la musique, il était dans un groupe avant de rejoindre Elephanz et Rhum For Pauline (autre groupe Nantais dont fait partie le bassiste d’Elephanz Ndr). Et Clément a aussi été dans des groupes avant Elephanz, qu’il a intégré il y a deux ans.

Il y a énormément de bons groupes qui sortent de Nantes. Quel impact a eu cette ville sur votre musique ?

Je ne pense pas qu’elle ait eu d’impact particulier. En revanche, on connaît un peu les Rhum For Pauline et c’est comme ça qu’on a commencé à se rapprocher d’eux pour débaucher leur bassiste, Thibaud. On partage l’affiche avec pas mal de groupes Nantais que l’on aime bien et on évolue dans un microcosme musical assez particulier qui se centre à Nantes. Mais hormis la sociabilité et les échanges en terme d’évènements, je pense que notre musique nous est propre.

Tu parlais de Rhum For Pauline dont Thibault, votre bassiste, fait également partie. Malgré l’amitié, n’y a t-il pas un brin de concurrence entre vous ?

Non, je ne pense pas. Quand il y a quelques groupes que tu suis et que tu aimes beaucoup, le sentiment de concurrence est bien loin derrière. On a envie que tout le monde réussisse à faire ce qu’il veut et ce qui lui plaît.

D’autant plus que vous ne faites pas exactement la même musique avec Rhum For Pauline.

Nous ne sommes pas hyper éloignés mais non, on n’est pas vraiment concurrentiels dans le rendu final de nos musiques. Après, nos deux groupes font de la pop en anglais. Mais on est également assez éloignés en terme de carrière.

La pop justement, est le style dans lequel on vous classerait à première vue. Et en même temps, on retrouve plein de sonorités à la fois rock ou disco dans votre musique. Le terme vous convient-il où pensez-vous aller au-delà de la pop ?

Non, c’est confortable la pop-music ! Pour moi, ça représente un panel extrêmement large. Il y a beaucoup de rock’n’roll que je mets dans la pop-music. Elvis, pour moi, c’est le premier roi de la pop alors qu’il s’agit quand même de bon vieux rockabilly vintage (Rires). Ça va effectivement dans le rock, dans le disco, voire même dans certaines productions hip-hop américaines. On compile tous ça dans un tout - que je qualifierais de pop - qui nous plait et que je trouve bien foutu. On va chercher partout et c’est vrai qu’on est très ouverts en terme de musique.

“Quand on était gamins, on a vraiment bloqué sur les Beatles”

Vous revendiquez beaucoup d’influences anglaises comme David Bowie ou les Beatles. C’est vraiment ce qui tournait chez vous étant gamins ou avez-vous été bercés par autre chose également ?

Quand on était gamins, on a vraiment bloqué sur les Beatles quand même. On a été des grands autistes (Rires). Souvent, les gens qui tombent sur les Beatles regrettent et se rendent compte qu’à dix-huit ans il y avait autre chose. Nous, on s’est mis à écouter d’autres trucs plus tard, une fois passée l’adolescence et quand les copains nous ont dit : “Ohoh, les mecs, y’a Nirvana aussi !

Revenons sur Elephanz. Vous avez un EP et deux singles à votre actif, quelle sera la prochaine étape ?

Là, d’ici deux mois, on sort un nouvel EP. On peut le dire, on est sur les rails et il sortira en mai, normalement. Il y aura cinq morceaux qui devraient découler sur l’album assez rapidement. On est en train de travailler avec un réal’ en ce moment même. Je reviens tout juste de Paris (Jonathan nous répond du train Ndlr) où l’on a bossé en studio pendant deux/trois jours.

Vous n’aviez pas un projet pour signer sur un gros label également ?

C’est toujours d’actualité, on est sur notre cuisine perso. On est signé sur un gros label en édition. On est très bien entouré en édition et en tour et on cherche un label qui a les épaules pour le disque.

Qui arrivera donc en cours d’année…

Oui, d’ici la fin de l’année ou le début de l’année prochaine ! Ça fait un bout de temps qu’on l’attend et aujourd’hui on est dans une période difficile pour sortir un disque. Ça demande nettement plus d’investissement et de courage qu’il y a dix ans. Du coup, ça prend un peu plus de temps que prévu.

“On écrit des chansons toute la journée”

Vous avez également beaucoup tourné en 2011. Qu’en est-il du live ?

On a tourné pas mal en 2011 mais encore plus en 2010 où l’on venait de faire les Trans’Musicales de Rennes qui se sont enchainées sur une grosse tournée. Et puis là, on va recommencer à bien tourner à partir du printemps.

Faites-vous maintenant de la musique à temps complet ?

Oui oui, bien sûr. Ça fait un an et demi qu’on ne fait plus que ça. On écrit des chansons toute la journée, puis Thibaud et Clément sont en répétitions avec nous la moitié de la semaine. On se voit hyper souvent car on sort tout le temps ensemble dans les cafés de Nantes.

Vous commencez à être très courtisés par les médias nationaux, notamment les InRocks qui vous ont beaucoup soutenu. Il y a aussi eu le passage à Taratata en décembre dernier. Racontez nous !

On a adoré faire Taratata. On était très très fiers toute la journée de participer à cette émission. On ne se voyait pas la faire aussi tôt. On pensait qu’on irait jouer là-bas après un ou deux albums et ça a été une bonne surprise quand on nous a dit qu’on allait faire ça en découverte, avant même que l’EP ne sorte. Je crois que c’est en partie grâce à la façon dont “Stereo” a marché dans certaines radios. Sur le moment, c’était assez parfait, hyper professionnel. On n’avait jamais vu quelque chose d’aussi millimétré et d’aussi compétent.

Pour revenir à “Stereo”, j’ai le sentiment qu’on voit éclore beaucoup de jeunes groupes français talentueux mais peu savent faire de vrais tubes comme celui-ci. Y’a t-il une recette pour composer ce genre de titres ?

(Il réfléchit) On n’a pas de recette mais je crois qu’on a un processus commun avec Maxime qui consiste à toujours être le plus exigeant possible dans les mélodies que l’on fait. Essayer de tailler les notes et les intervalles les plus chantants. On essaye d’avoir du plaisir à rechanter ce que l’on a crée.

“‘The Real Slim Shady’ d’Eminem a juste changé ma dix-septième année”

Quel est le processus de création, justement ?

On se met au piano pour avoir l’ambiance rythmique de la chanson. Est-ce que c’est très pop, ternaire, binaire ? Est-ce que ça va chercher dans le hip-hop, dans le R&B, dans le rock ? On essaye de définir la rythmique du morceau et après on se met au piano pour composer la mélodie et les accords en même temps. Puis on essaye de jouer avec nos deux voix car on aime bien chanter avec des harmonies un peu différentes avec Maxime. On est frangins mais on a une tessiture de voix extrêmement différente. En fait, on essaye de trouver des trucs… cool. Je crois que c’est ça le mot. (Rires)

On va finir sur quelques questions hip-hop étant donné que vous êtes également des fondus de rap. Question #1 : Si Elephanz était un groupe de rap…

Laisse moi réfléchir… (Il cherche longuement). Maxime et moi écoutons beaucoup A Tribe Called Quest. On a aussi pas mal écouté les Beastie Boys, Eminem et toutes les productions de Dre. Moi, je me sentirais assez proche de The Streets. Des gros anglais qui font du hip-hop déjanté avec un gros accent british !

Donc finalement un côté assez punk !

Ouais exactement ! C’est vrai que dans les Beastie Boys ou dans The Streets il y a un côté un peu dandy punk très rigolo. On est également très fans de hip-hop un peu déjanté comme les Puppetmastaz.

Si tu devais citer trois morceaux rap qui continuent de vous traumatiser encore aujourd’hui ?

Ca m’embête de parler pour Maxime car il pourrait dire ce qu’il veut mais moi – c’est peut-être pas très connaisseur comme remarque - mais je crois que “The Real Slim Shady” d’Eminem a juste changé ma dix-septième ou dix-huitième année. Il m’a permis de tenir quand je faisais les vendanges un été (Rires). (Il cherche encore) “Buggin’ Out” des Tribe Called Quest ! Allez, et puis “Fit But You Know It” des Streets !

A quand remonte votre dernier concert hip-hop ?

Je crois que Maxime a été à Hip Obsession (festival annuel ayant lieu à Nantes Ndr) récemment, mais je n’étais pas là. J’étais à un spectacle de danse classique à Paris ! (Rires)

Ultime question, si Elephanz devait faire un featuring avec un MC ou un groupe de rap ?

(Sûr de lui) Eh bien moi je ferais bien un featuring avec Kanye West ! Je suis sûr qu’on ferait un clip où il y aurait de vraies femmes blondes avec des ailes et qui voleraient. (Rires)

Tiens donc ! Fans de Kanye West également ?

Non, pas fans. Mais on reconnaît l’espèce de pharaon mégalo et on trouve ça plutôt marrant.

Merci à Jean Barrière, Jonathan Verleysen (et à la SNCF) !

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