Il était une fois un homme qui retournait les foules
General Elektriks, gourou des claviers
Depuis quelques années, General Elektriks s’est imposé comme un artisan musical penchant vers le côté indépendant. Une musique très réfléchie, un univers particulièrement riche en influences lui permettent de dévoiler au public tout ce que l ‘on peut faire quand on est un Examen général d ‘un groupe pas toujours si électrique.
Des débuts très prometteurs
Inutile de se voiler la face, General Elektriks est loin d ‘être un groupe qui bouleverse les carcans musicaux. Premièrement, le combo se résume à une seule et même personne, Hervé Salters, artiste Franco-Britannique doté d ‘un bagage plutôt intéressant. Deuxio, sa musique est relativement anodine à la première écoute (un peu moins au bout de la 56ème). Hervé (RV pour les initiés) est avant tout un artiste d ‘expérience ayant fait ses gammes au sein du quintet Vercoquin dans les années 1990. Dans ce crew où la musique penchait davantage vers le funk et l’acid-jazz, Salters était principalement claviériste. Le groupe influença un certain nombre d ‘artistes, notamment Mathieu Chédid (-M-) qui les invitera à jouer sur son premier effort sorti en 1997 (Le Baptême). Dès lors, c ‘est le déclic, RV rentre pour de bon dans la danse. Par la suite, il collabore également avec des personnalités de renommée internationale comme Femi Kuti ou encore le duo de hip-hop Californien Blackalicious. Il accompagnera également feu Dj Mehdi le temps d ‘un titre, « l’Histoire d’Espion ».
L’Amérique comme terre d’inspirations
RV se rend par la suite à San Francisco, puis Seattle après l’expérience Vercoquin à la fin des nineties. Son premier opus, Cliquety Kliqk, va être produit dans des caves Parisiennes mais aussi dans ces deux villes Américaines pour enfin être finalisé à Berkeley, en Californie. Cette première mouture aura un son très proche d’un hip-hop teinté de soul et d’étrangetés électroniques - qui ne connaît pas le cinématographique Tu M’intrigues, morceau phare réutilisée à tire-larigot dans les publicités - 2003 fut une année charnière pour notre Vévé national. Le temps de se faire connaître par le biais de quelques concerts et Monsieur Salters, toujours basé à San Francisco, sort, en 2009, l’excellent » Good City For Dreamers ». Avec un titre pareil, on est en droit de s’interroger sur son amour pour les États-Unis, et plus particulièrement pour San Francisco, et donc, au final, pour les hippies (?). Non, le disque n’a rien à voir avec le Grateful Dead et consorts puisqu’il se tourne (enfin) vers le grand public avec des titres on ne peut plus efficaces comme « Raid The Radio », « Helicopter » ou encore « Take Back The Instant ». On y trouve même un hommage à David Lynch sur le fameux David Lynch Moments. C’est à ce moment précis que l’on se demande pourquoi est faite la musique de General Elektriks… Pour le cinéma, pardi ! A l’image des troublants Troublemakers, RV Salters compose une oeuvre parfaitement raccord avec le septième art. Ce n’est d’ailleurs pas anodin s’il s’est retrouvé à confectionner la bande-originale de la série policière Les Beaux Mecs diffusée sur France 2.
En définitive, Good City For Dreamers est nettement plus ouvert que son prédécesseur, et évolue dans un style coincé entre pop, soul et électro que l’on ne trouvait pas forcément sur Cliquety Kliqk. General Elektriks dispose ici d’une voix harmonieuse qui se marie parfaitement à une musique envoûtante, jamais fausse, et stimulée lorsqu’il le faut.
La rue par cœur?
Après avoir écumé pas moins de deux-cents concerts, le Général s’engage donc sur troisième essai sorti en octobre dernier. Ce sera Parker Street, toujours produit à San Francisco. Désormais, Salters emprunte d’autres routes, plus affirmées, principalement celles du funk et de la pop psyché, toujours avec cette forte présence de claviers qui caractérisent si bien le personnage (il posséderait une collection d’antiquités particulièrement impressionnante).
S’il a réussi par le passé à mêler pop et harmonies soul, le mariage ne prend plus forcément sur cet album.
Même si Parker Street dispose de compositions efficaces comme « Holding Down The Fort » ou « Summer Is Here », ce n’est guère suffisant pour aboutir à un projet de premier choix. Si l’album se révèle être un brin soporifique, ce n’est pas le cas de ses concerts qui s’avèrent être une épreuve physique dont les spectateurs raffolent.
De par ses influences (il cite Thelonious Monk, les Beatles, Curtis Mayfield ou encore la Motown), Hervé Salters a.k.a. General Elektriks a su produire une musique hybride à la croisée des genres entre pop, soul, hip-hop, funk et électro. S’il a déjà composé pour une série télévisée, il est évident que l’on attend le gourou de General Elektriks dans un long-métrage et, pourquoi pas, chez le grand David Lynch. L’avenir nous le dira.
- Sylvain Piaut -





Super article de rétrospective. Perso j’avais beaucoup aimé le titre Raid on the Radio. Qui était d’ailleurs présent sur Le Hotel Costes 13 me semble-t-il. Bref. Beaucoup de talent
Merci PhilGood. Effectivement, le deuxième album reste beaucoup plus accessible, plus dansant, et moins dans la voix. Pour ce qui est dans la compile faite par Mr Pompougnac, je n’en sais rien par contre.
Mais ça n’est pas impossible. En espérant que Vévé rebondisse et nous ponde un truc surpuissant ces années à venir ( ce qui est tout à fait probable)