NeoBoto est fier de vous présenter ses battles version MTV
Les Battles de NeoBoto version MTV Unplugged
Tout le monde est familier de l’émission MTV Unplugged ? Pour les quelques retardataires, il s’agit d’une émission labellisée MTV où se produisent les différents artistes en vogue dans des concerts acoustiques, l’émission ayant pour but de consacrer l’artiste et son oeuvre. Jusque là tout va bien, ou presque car à vouloir faire passer l’artiste hype du moment en acoustique, on obtient parfois des résultats plus que douteux.
Face à ce joyeux bordel, NeoBoto a donc décidé d’associer les duos les plus improbables pour en tirer le meilleur.
Elton John VS Lil Wayne, à la recherche du mauvais goût.
Bien avant que Lil Wayne n’impose le port de la Wayfarer à n’importe quelle condition, un certain Sir Elton Hercules John avait, vingt ans auparavant, lancé la mode de la lunette extravagante. C’est donc sans problème que l’on peut organiser un battle MTV Unplugged entre ces deux drôles d’oiseaux à binocles. Une opposition de deux égos surdimensionnés, aux gouts vestimentaires plus que particuliers, le fil conducteur est tout trouvé.
En 1990, Sir Elton met la barre très haute, de retour de cure de désintox, il apparait tout de rose vêtu dans son MTV Unplugged. Il réalise une performance moyenne en interprétant son album The One, loin d’être son meilleur opus. On ne retient alors que cette ensemble rose flash permettant de distinguer Elton parmi l’ensemble des spectateurs amorphes, à deux doigts de la syncope.
Beaucoup plus agité, mais tout aussi mal habillé, Lil Wayne a lui aussi droit à son MTV Unplugged en 2011, pour faire la promo de Tha Carter IV qui commençait à se faire sérieusement attendre après le passage par la case prison. Une session tout en lumière, où Weezy enchaine les titres tout en exhibant son caleçon bleu (MTV censure bien ce qu’elle veut) devant un public faussement déchainé face à la performance trop rock du rappeur.
Face à deux performances moyennes, il ne reste à juger que le look. Face à l’éclatante tenue rose d’Elton, Lil Wayne nous la joue petit bras en ne dévoilant que son caleçon là où on attendait de voir du tatouages et du muscles. Quitte à avoir mauvais goût il faut l’assumer.
Björk VS Shakira, qui chantera le plus fort ?
Tout comme les climats de leur pays respectif, la Colombie et l’Islande, rien ne semble pouvoir rapprocher Björk et Shakira. Et tant mieux, avec son sex-appeal de bigorneau Björk serait capable de se briser les hanches à vouloir imiter son homologue latine. La froideur polaire de l’islandaise se reflète parfaitement dans ses sessions unplugged, et oui l’étrangeté attire, Björk reste l’une de seules artistes à avoir eu le droit (certains diront l’envie) de faire deux lives pour MTV. Seule sa voix reste alors sur l’ensemble des prestations. Des envolées vocales qui iraient jusqu’à briser les verres en cristal, instruments de la plupart de ses mélodies.
Beaucoup plus caliente de réputation, Shakira livre pourtant une performance très intime vocalement oubliant totalement ses déhanchés qui ont largement contribué à la croissance de ses fans masculins. A croire qu’elle a préféré se mettre au niveau de sa rivale du grand nord en laissant son coté sexy à la maison. Elle se rendra compte de son erreur lors d’une réflexion philosophique qui l’amènera quelques années plus tard à la maxime « Hips don’t lie » (Les hanches ne mentent pas).
Sur un concours de pool dance, on voit mal Björk mettre la colombienne à l’amende, mais sur leur session Unplugged, les deux divas se partagent les points.
Nirvana VS Adèle, les icônes se suivent mais ne se ressemblent pas.
La session unplugged de Nirvana reste encore aujourd’hui comme une des performances les plus saluées et réussies. En effet le charisme de Kurt Cobain fait complètement oublier l’origine grunge du groupe. Devant la poésie de la session, on en viendrait presque à oublier qu’il s’agit d’un groupe de types aux cheveux sales et aux jeans troués.
Face à l’icône de toute une génération, il fallait trouver un adversaire de taille. Pourquoi pas la star montante, adulée par une génération en mal de repères, Adèle.
Le premier constat est simple, le passage à l’acoustique ne change strictement rien aux morceaux d’Adèle. Il s’agit plus d’un mini concert privé que d’un show acoustique. De plus l’anglaise est loin des douze millions d’exemplaires vendus par ses homologues américains juste pour une session unplugged. Enfin on peut essayer d’imaginer un battle des fans (statut d’icône oblige) et là le constat est sans appel, les midinettes fans d’Adèle ne peuvent rien face à la horde grunge et sauvage des coeurs brisés par la mort de Kurt.
Il ne reste plus alors qu’à se demander quel sera le statut d’Adèle dans vingt ans ? Peut être qu’un destin tragique façon « club des 27 » lui permettrait d’atteindre le statut d’icône dont elle est finalement très loin aujourd’hui malgré ce que l’on veut nous faire croire.
Bob Dylan VS Jay-Z, attention un songwritter peut en cacher un autre.
Tout le monde garde son calme, on s’attaque maintenant à deux monstres sacrés de la musique. Dans le coin gauche, avec sa guitare et son harmonica prêts a faire feu, Robert Allen Zimmerman alias Bob Dylan. Dans le coin droit, il rend coup pour coup avec ses punchlines inégalées, Shawn Corey Carter alias Jay-Z, il est accompagné des non moins talentueux The Roots en guise de staff. Bienvenus au battle des titans versions MTV Unplugged.
Les deux artistes s’observent puis enchainent leurs classiques, Dylan lance un « Desolation Row » mais Jay répond aussi sec par son « Hard Knock Life ».
Les rimes acerbes du jeune rappeur viennent mettre à mal les ballades poétiques du vieux briscard qui ne compte pourtant pas jeter l’éponge et redouble ses performances. Voyant que le combat ne mène nul part, les deux chanteurs se lancent finalement dans une jam session où les accords de guitare et d’harmonica du saltimbanque se mêlent aux flow du brooklynite.
Epuisés, les combattants se séparent bons ennemis à égalité, laissant une foule hagarde face à la combinaison improbable mais tellement puissante des deux styles. Deux des plus grandes influences de la culture populaire américaine viennent de réécrire l’histoire de la musique en créant en genre unique le « hip-folk ».
Reste à savoir si le jeune outsider Jay-Z ne sera pas trop revanchard de ne pas avoir pu battre le champion vieillissant Bob Dylan. Attention Bob, ne traine pas trop seul la nuit dans les rues de Brooklyn, Jigga rode.
Après ce grand n’importe quoi, la seule chose que l’on puisse espérer c’est que les couples proposés permettent de futures collaborations. On attend beaucoup notamment du duo Bob Dylan/Jay-Z… ce sera plus compliqué pour d’autres (Adèle tu t’en sors bien).



