"La flamme" du Hibou

La bonne étoile de Travi$ Scott

12 mars 2013 . Pas de commentaire
By MJ, in US Side

L’écurie G.O.O.D. Music a gagné un tout autre statut l’année dernière grâce à la compil’ Cruel Summer qui nous permet enfin de considérer le label comme une équipe et non plus comme un ensemble d’individualités. C’était sans doute dû à l’inactivité/l’inconstance niveau productivité de certains membres qui avaient une affiliation obscure à la marque, ou encore tous les projecteurs constamment braqués sur Mr. West ne laissant de place à personne dans son entourage musical. En 2012 tout a changé, il semble qu’Arsène Wenger a eu une discussion sérieuse avec Yeezy ; l’explosion de Big Sean, enfin sorti du centre de formation, les signatures de Hudson Mohawke et Ryan McDermott en fin d’année, quitte à perdre le championnat chaque année, l’équipe produira du beau jeu, et que dire de Travis Scott ? Focus sur le mec qui a arrêté de faire du piano parce que ça n’attirait pas les meufs ; grâce à cette clairvoyance le Hibou pourrait devenir le prochain crack de ce jeu qu’est le rap.

Inconnu au début de l’année dernière, Travi$ Scott s’est posé avec nos collègues de Complex pour sa première interview, dans laquelle l’artiste s’est livré sur quelques points de son existence. Il est important de retenir que Travi$ a passé la moitié de sa jeune vie dans un quartier de Houston qui était une réplique de Chichago et l’autre dans une sorte de Wisteria Lane multi-culturelle. Un mélange d’environnements qui est selon lui à l’origine de sa diversité musicale. Il aurait pu finir comme Bubbles (The Wire), vendant des white tees dans les rues de Houston pour pouvoir se payer sa dose quotidienne, sauf qu’il n’est pas tombé dans ce piège et qu’il a su s’en éloigner. En lieu et place (et merci papa maman) il est allé dans une école privée, avait des amis riches et les biatchs les plus fraîches.

Un grand père et un père anciens musiciens, ayant réussis à lui apprendre le piano et la batterie avant ses dix ans, c’est six ans plus tard qu’il commence à rapper en s’y mettant sérieusement, sans l’accord de son père préférant voir son fils amasser les diplômes et s’assurer un avenir ennuyant, mais plus stable et sûr. Là où Travis se démarque des autres c’est qu’à la manière d’un Booba, il a toujours su ce qu’il voulait être : être le meilleur, être riche, avoir une piaule vous savez où, donc fuck un bureau, un patron et une paye mensuelle, c’est clair et net.

Une confiance en lui si insolente qui le pousse à balancer à son père « I could do a couple shows and I’ll make more thanyou do in like a year or two/ Je pourrais faire quelques concerts et faire plus d’argent que ce tu peux gagner en un ou deux ans ». Et comme seules les actions comptent et qu’il est insouciant et irresponsable, trouvant que l’école lui bouffait trop de temps il a tout simplement arrêté pour se consacrer au rap et à la production de beats, lassé de voir des personnes qu’il ne trouve pas meilleurs que lui aux Grammys et autres VMA’s. Son premier iMac il se l’est payé en disant à ses parents qu’il avait besoin de beaucoup d’argent pour acheter des livres, argent avec lequel il s’est acheté plusieurs billets pour voyager aux Etats Unis, et rencontrer des gens dans l’optique de devenir célèbre. Sur sa route entre New York et L.A. il croisa entre autre Mike Dean, Lex Luger et autres producteurs de renom qui lui laissèrent utiliser leurs studios. Vivant une vie de vagabond pour atteindre son objectif, Travis commençait à prospérer jusqu’au jour où ses parents sont allés le voir à la fac et il n’y était pas, car il était dans un autre Etat …. Malaise. Devenu fauché et sans abris suite à la décision de ses géniteurs de bloquer ses comptes et de le virer de leur maison, le jeune Travis à deux doigts de devenir clochard (comme ce chère Bubbles) décide de partir une dernière fois à L.A avec un billet acheté grâce à ses amis qui [eux] ont cru en lui depuis le début. C’est alors que tout s’est emballé, à la sortie de l’avion pour cet allé simple pour la ville des anges, il se rend compte que T.I. et son équipe lui ont laissé 14 messages sur sa messagerie. C’est une réalité et beaucoup de gens ont entendu parler de lui après l’apparition sur la toile de son premier clip Lights (Love Sick). Le travail paie on ne nous ment pas. Depuis, sa hype n’a cessé, quelques beats vendus par ci par là, son business tenait tranquillement grâce au bouche à oreille, puis vint le jours où il s’est retrouvé face aux Balenciaga jaune de Kanye West pour lui jouer des beats juste avant la sortie de Mercy. La vie si rapide est elle, et si cocu doit-il être, son beat « Sin City » initialement prévu pour sa première mixtape « Owl Pharaoh » plait énormément à Mr.West qui lui demande de participer au projet et d’y inclure le track et faire ce qu’il sait faire : rapper. La fin vous la connaissez : un deal estimé à 3 millions de dollars avec G.O.O.D. Music et une attente hors norme autour d’un type qui grâce à ses skills et beaucoup de chance s’apprête peut être à devenir une star.


En écoutant Travis Scott on se rend compte que ses productions ont quelques similitudes avec celles de Yeezy (qui est certainement l’une de ses influences majeures). Les deux hommes cherchent la perfection, l’originalité tout en gardant une ligne directrice bien définie : niquer tout le monde. Travis Scott s’inspire de son environnement dans sa musique, bruits animaliers, rires, tout est bon à prendre et à incorporer à son hip-hop, une facette que Kanye nous a aussi dévoilée lors de son trip 808&heartbreak et qu’il a continué à exploiter par la suite. Leur histoire « pré-fame » est elle aussi assez similaire : des parents contre l’investissement de leur enfant dans la musique et leur volonté de réussir coûte que coûte juste pour prouver aux autres qu’ils peuvent le faire. En cet enfant têtu mais déterminé, Kanye West voit peut être un nouveau lui.


-Mickaël Jolo-
@MJ_4TW

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