La 3D coté clair ou coté obscur?
Star Wars 3D, que la flemme soit avec toi
Nous sommes en 2012, une époque où les rares personnes qui n’ont pas encore pris connaissance de la double trilogie Star Wars se cachent de honte, une décennie où les épisodes 4, 5 et 6 sont élevés aux rang de mythe absolu et où les plus récents 1, 2 et 3 commencent tout juste à faire « vieux » pour la jeune génération. C’est donc à ce moment précis que les 6 films sortent de façon triomphale en coffret Blu-Ray et surtout que le premier épisode dans la chronologie de l’aventure intergalactique, La Menace Fantôme, se retrouve au programme dans nos cinémas. Ah oui et il est en 3D aussi, un détail sur lequel nous avons choisi de nous attarder quelques instants.
Le coté obscur de la 3D
La critique et la masse que représente les spectateurs peuvent avoir on ne sait pourquoi, des jugements des plus réactionnaires lorsqu’on leur propose de la nouveauté. Star Wars l’a déjà bien expérimenté avec la sortie de 3 nouveaux épisodes sans Harrison Ford ni les Ewoks, subissant une espèce de sacralisation des épisodes les plus anciens au détriment des petits nouveaux sur lesquels on crache jusque dans les épisodes d’How I Met Your Mother les plus engagés.
Imaginez donc ici, George Lucas n’a même pas pris la peine de faire 3 nouveaux long-métrages, il planifie seulement d’apporter la 3D à de la matière déjà existante. Les hurlements retentissent dénonçant le scandale d’une démarche uniquement commerciale. L’hypothèse ne peut être exclue mais le problème n’est pas là. L’entreprise de cette conversion de 2D en 3D est peut-être juste arrivée un peu trop tôt. L’intégration dans le cinéma de la fameuse technique en vogue n’en est qu’à son balbutiement et beaucoup de questions techniques et artistiques l’entourent encore. Comment l’employer entre deux scènes d’actions? Peut-elle apporter de la valeur ajoutée à des films d’auteurs? Y a-t-il une utilisation grossière et subtile du procédé? Ou tout simplement, va-t-il perdurer? Des questions auxquelles il est impossible de répondre en convertissant en volume des images qui n’ont absolument pas été tournées avec ces réflexions à l’esprit.
Quand ses collègues Spielberg ou Scorcese se sont mouillés en offrant leur propre film en 3D, Lucas apparaît en flemmard à vouloir le beurre et l’argent du beurre.
Cependant tout ce qui compte est le temps agréable ou non passé par un spectateur quel qu’il soit. Malheureusement ici encore il y a de la déception. Pour des films que l’on aurait pensé parfaits pour ce genre de galipette technique le résultat sonne plat. Nous ne sommes pas époustouflés et l’exercice de conversion a sans aucun doute besoin d’être amélioré. Attendons de voir ce que cela peut donner avec Titanic qui arrive en 3D sous peu avec l’expérience de son réalisateur James Cameron que nous connaissons tous dans ce domaine.
Je suis ton père
Cependant, arrêtons de cracher dans une main qui nous nourrit. C’est bien du cerveau de George Lucas qu’est sortie cette magnifique épopée que beaucoup d’entre nous raconteront à leurs enfants avant de s’endormir. Donc un peu de respect pour le père du mythique « Je suis ton père » ne ferait pas de mal, au moins pour lui donner une chance de s’expliquer. Et c’est ce qu’il fait de façon presque crédible sur le site de promotion de ce première épisode en 3D. Il considère l’exercice de conversion comme un art et non une technique. Il prend donc tout cela très au sérieux et semble (c’est étonnant?) ne pas vouloir gâcher sa propre œuvre.
Quand certains l’accuseront de dire cela pour masquer son échec dans son projet, il affirme pourtant que pour lui la 3D n’est pas vulgairement une technique qui fait sortir des objets de l’écran lors d’une explosion mais un travail très précis sur l’épaisseur du plan et les détails qui le composent.
De plus, comment lutter lorsqu’il dit que l’histoire de la réalisation de Star Wars est de l’améliorer constamment grâce aux avancées techniques. On pense alors à l’évolution de maître Yoda, presque similaire à celle d’un Pokémon, au cours des différents films, ou encore aux décors majestueux de Naboo qui changent un peu du désert monochrome de Tatooine. Quoi que l’on puisse en penser, George Lucas ne s’en n’est jamais caché, suivre les progrès technologiques dans l’idée d’offrir des films meilleurs, a toujours été son parti pris. Rien d’étonnant donc à ce qu’il se soit plié à cet exercice et même peut-être avec de la bonne volonté. Who’s your daddy?
A priori il a prévu de passer les 5 autres films au crible de la 3D, alors de mauvaise foi envers un premier essai de conversion ou naïveté face à la cupidité d’un réalisateur en fin de vie, nous verrons qui aura le dernier mot. Mais plus sérieusement de quoi se plaint-on lorsque l’on à la chance de pouvoir revoir Jabba The Hut sur grand écran et dans le monde entier?




