Les cochonnes sont de sortie
S’ils avaient été français #8 – French Montana
Ne faites pas les timides, on sait que vous attendiez un nouveau numéro des « S’ils avaient été français » comme une vierge attend de se faire déflorer. On vous met direct dans l’ambiance, car aujourd’hui, c’est French Montana qui s’y colle, donc pour des envolées lyriques pleines de finesses, on repassera. L’homme qui a rendu cool le fait de se pavaner avec une serviette sur la tronche vient tout juste de livrer son premier effort solo, Excuse My French, où les beats sous stéroïdes s’accompagnent de lyrics au ras des culottes. En témoigne ce « Freaks » empli d’allusions à l’acte charnel, où Nicki Minaj s’impose une nouvelle fois en reine de la bienséance. Les « Freaks » sont de sortie, mettez les gosses à l’abri.
French Montana a oublié son grand imper.
Est-ce la fourrure qu’il arbore fièrement sur les épaules ou le vide intersidéral qui se lit dans ses yeux ? Difficile de trancher. Toujours est-il que la dégaine de Montana lors des premières scènes du visuel de « Freaks » a quelque chose de franchement flippant. A tel point qu’on le verrait bien rôder à la sortie des écoles primaires au volant de sa Maybach, son éternel bonnet vissé sur le sommet du crâne, distribuant les bonbons et les regards lubriques à tout va. Le bonhomme en a sous le ceinturon, et il y en aura pour tous les goûts. S’approchant tout doucement d’une donzelle, le joint à la bouche et la bave aux lèvres, « Rolling up load/Real niggas moving quiet/Je roule beaucoup de joints/Les vrais négros bougent en silence », French Montana balance ses billets par la fenêtre dans l’espoir de susciter son intérêt. « I throw a hundred racks up, You thing i hit the lotto/Je balance des centaines de liasses en l’air, tu penses que j’ai gagné au lotto ».
Bingo ! L’appât mord et il en profite pour lui tatouer son nom sur le derrière – « Shorty coming over, go and bend it over/Let me plank on it, put a drink on it/Heard you a freak, put my name on it (Montana!)/La petite arrive et se cambre/Laisse m’allonger sur elle et y mettre mon verre/J’ai entendu que tu étais une cochonne donc je tatoue mon nom sur toi (Montana !) » - avant de déguerpir en vitesse la queue entre les mains, de peur de créer une émeute. « Like it then I buy it, you donkeys on a diet/Bringing all my jewels, how you know I start a riot/Je l’aime donc je l’achète, pendant que toi tu te restreins/J’ramène tous mes bijoux, voilà comment je commence une émeute ». Car oui, French Montana est un vrai rebelle, allant même jusqu’à boire sans vergogne au goulot d’une bouteille, acte explicitement fustigé par le Parti Chrétien Démocrate de Christine Boutin. «Drinking out the bottle, I’m leaning with a model/Je bois à la bouteille, Je m’allonge avec un mannequin ». On a pas vu mieux question street cred’.
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Timon aurait-il le même charisme sans Pumba ? La réponse à cette question existentielle se traduit par analogie ; sans le derrière de phacochère et la verve de Nicki Minaj, les élucubrations salaces du plus Frenchy des ricains seraient aussi dénuées d’intérêt qu’un Tortue Géniale contraint à l’abstinence. Nicki débarque, et à moitié à poil qui plus est. « Where my bad bitches at ?/Où sont mes vilaines filles ?« .
Nicki aime faire le Ménaj la tête en bas et s’accoupler avec Mufassa
La first lady de Young Money est désormais une habituée des « S’ils avaient été français » de Neo Boto. Il faut dire que la barbie peroxydée met tous les atouts de son côté pour attirer notre attention. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle s’est surpassée lors de son bref couplet sur « Freaks ». Non contente de se faire aérer les fesses par un bel étalon musclé armé d’un plumeau, celle qui donnait récemment une lap dance à son label-mate Lil Wayne semble faire preuve d’une agilité à toutes épreuves.
« Put my legs behind my head, I hit the ceiling with it/When I put it in his mouth I couldn’t believe it/J’ai mis mes jambes derrière ma tête, je touche le plafond avec/Quand je l’ai mise [comprendre : « ma chatte »] dans sa bouche je n’arrivais pas à y croire ». Le monde est plein de surprises.
Code : YMCMBC. Candidature à l’offre de stage publiée sur la plate-forme des « Freaks de France »
« Chère Nicki,
Etudiant au physique avantageux et à l’épiderme tatoué, je me permets de postuler à un poste de stagiaire au sein de votre association « Freaks de France« . De nature galante, je saurai faire preuve d’un tantinet plus de finesse que les brutes épaisses et mal attentionnées qui osent plonger leurs regard dans vos yeux de biche siliconée. » « He looked me in my eyes and said he wanna breed it/Il m’a regardé dans les yeux et m’a dit qu’il voulait me pénétrer ». Par ailleurs, mes compétences linguistiques en espagnol me permettant de me mouvoir dans les ramblas barcelonaises avec une aisance que seuls les plus aguerris peuvent se targuer de posséder, nous pourrons échanger quelques poèmes de Miguel de Cervantes, avant de copuler tels deux taureaux sur le point de se faire embrocher par un toréador dénué de sens moral. « Passa Passa, you ain’t got no wins in mi casa/Tu ne peux pas rentrer dans ma maison ». Vous allez voir si je ne rentre pas chez vous.
Et si mon accent chaloupé ne satisfait pas vos pulsions animales, je suis également ouvert à toutes propositions de nature zoophile, quitte à concéder du gazon à Mufassa. « Big fat pussy : Mufassa/Grosse chatte : Mufassa ». Et puis on peut inviter Baloo aussi, je suis pas jaloux.
J’attends votre appel avec impatience et anxiété.»
French Montana : mix entre un Tony sous acides et d’un Rimbaud au firmament de sa perversité ? Le Marocoain rondouillard qui a fait « popper » tous les vagins de la planète en compagnie de Ricky, Drizzy et Weezy est la dernière lubie du savant fou Birdman, et une poule aux œufs d’or qui devrait nous donner du grain à moudre pendant de longues années. Pour le meilleur ou pour le pire ? Excusez son langage, le bonhomme n’est visiblement pas aussi à l’aise avec la langue de Molière qu’il l’est avec les « Freaks » qui se pavanent autour de sa personne.




