Ébénisterie, phallus, seins siliconés, Lara Fabian et bien d'autres encore...

S’ils avaient été Français #4 : Stupid Hoe de Nicki Minaj

23 février 2012 . 3 commentaires
By Nico, in Featured, What else ?

Adulée un jour, propulsée plus bas que terre le lendemain, Nicki Minaj suscite l’admiration autant qu’elle attise la critique. De sa prestation aux Grammys jusqu’à son dernier visuel « Stupid Hoe », tout laisse présager un retour de bâton qui pourrait faire aussi mal qu’un nouveau couplet de son boss Birdman. Prise pour cible par Lil Kim, son aînée au visage qui se rapproche dangereusement de celle des frères Bogdanov - ne googlez pas Lil Kim, votre bien être visuel est en jeu -, la Lady de Young Money se devait de répliquer. Après la guerre des étoiles et des boutons, Nicki et Kim inventent la guerre des seins siliconés. La bataille promet d’être épique. Vous n’êtes pas prêts pour ce qui va suivre.

En guise d’échauffement avant la déferlante lyricale, Nicki Minaj fait craquer son dos Uh, yo, yo, I get it cracking like a bad back Je le fais craquer comme un mal de dos, tout en en plaçant une pour ses potes geeks Bitch talkin she the queen when she looking like a lab rat Cette salope dit qu’elle est la reine alors qu’elle ressemble à un rat de laboratoire, et se compare à une grande brune blanche au popotin à taille normale I’m Angelina, you Jennifer, c’mon bitch you see where Brad at? Je suis Angelina, tu es Jennifer, sérieusement pute tu ne vois pas où est Brad ? Tout ça en trois lignes. Vous n’avez rien compris? Nous non plus. On vous a pourtant prévenu, ce n’était que l’échauffement.


On savait Nicki à la limite des deux sexes, un penchant transsexuel alimenté par son égo Roman Zolanski et son attitude de rebelle à tatouages. Ce dont on avait moins conscience, c’est qu’en plus d’avoir des poussées d’hormones masculines, la Barbie avait des tendances un tantinet scatophiles Ice my wrist-es then I piss on bitches You could suck my diznick, if you take this jizz-is, You don’t like them disses, give my ass some kisses Des diamants sur les poignets puis je pisse sur ces putes, tu peux sucer ma b*** si tu avales. Si tu n’aimes pas ces disses, tu peux embrasser mon cul. Une bien belle personne cette Minaj, pleine de surprises et de ressources. Lil Kim a beau être la Queen B et avoir couché avec Notorious B.IG, Nicki Minaj, elle, a un sexe masculin et fait pipi partout. Et ça, c’est vraiment la classe.

La machine est définitivement lancée, Nicki ne s’arrête plus. Elle enchaine les punchlines assassines, filées de métaphores autour du thème de l’ébénisterie, profession ô combien appropriée à l’univers du Rap. We ship platinum, them bitches is shippin wood On est disque de platine, ces salopes sont disque de bois. Petit détour par la case féminité après ce déluge d’allitérations viriles, pour rappeler que, quand même, une femme doit s’occuper de sa cuisine en priorité. Même avec des millions en poche, Nicki continue de faire le Ménaj. Them nappy headed hoes, but my kitchen good Nappy headed est un terme rasciste qui définit les cheveux d’une personne de race Afro-Américaine, hoe veut simplement dire pute. Aucune traduction n’est possible. Mais la cuisine de Nicki est propre, si vous vous posiez la question. Faut pas déconner non plus.


Jusque-là, coincée entre sa passion pour le bois et les phallus, on avait quelque peu de mal à discerner la véritable identité de Nicki Minaj et l’objectif du diss. Fouines comme pas deux, en analysant au microscope le sens caché de cette poésie urbaine au firmament de son génie créatif, Neo Boto a remarqué que la belle Minaj faisait preuve d’une véritable humilité, Cuz I pull up and I’m stuntin but I ain’t a stuntman Yes I’m rockin Jordans but I ain’t a jumpman Je m’élève et escalade mais je ne suis pas un cascadeur, oui je porte des Jordans mais je ne suis pas un Jumpman (logo de la marque Jordan) en se dégradant un tantinet, pour finalement exploser dans un refrain aux envolées lyricales dores et déjà classiques. Le calme avant la tempête.

« Et là, c’est le drame ». Quel Moustik a donc piqué Neo Boto pour faire une comparaison entre Groland et Nicki Minaj vous demandez-vous ? Rangez les biberons, couchez les enfants, Nicki passe à un niveau supérieur. Sky Is The Limit comme ils disent. Même Lara Fabian n’aurait pas pu inventer un truc pareil. En rebondissant sur le beat tel un kangourou épileptique, la MC répète très exactement sept fois – soyons précis - la phrase incendiaire You a stupid hoe, you a you a stupid hoe Tu es une pute stupide, tu es une, tu es une pute stupide en concluant par un splendide Stupid, stupid, histoire d’enfoncer le clou. L’affront ultime pour Lil Kim, elle-même ayant établi sa réputation en clamant haut et fort qu’elle était la plus grande « hoe » du rap game.


Si les lyrics de « Stupid Hoe » sont à n’en point douter un vibrant hommage aux plus fins lyricistes de notre génération, Nicki est également une personne cultivée, emplie de références musicales obscures relatives aux animaux de compagnie de vos idoles. Look Bubbles, go back to ya habitat, MJ gone and I ain’t havin that Ecoute Bubbles (singe de compagnie de Mickael Jackson) retourne dans ta cage, MJ est mort mais je ne te recueillerai pas. Une personnification qui vient mettre en exergue les atouts physiques d’une Lil Kim qui n’a plus grand chose d’humain.

Jeu, set et match, Nicki Minaj achève son adversaire avec une punchline dont la pertinence grammaticale et morale nous laisse pantois These bitches is my sons And I don’t want custody Ces putes est mes fils et je n’en veux pas la garde avant d’enchainer sur une rime à placer directement au panthéon des agressions les plus cinglantes Put ya cape on, you a super hoe, Twenty twelve, I’m at the super bowl Mets ta cape tu es une super pute, en 2012, je serai au Superbowl. O.J Simpson a fini en taule pour moins que ça.

Si après tout ça, vous êtes assez masochistes pour reprendre une dose de l’autoproclamée Female Weezy, dites-vous bien une chose : si Nicki Minaj était française, on se fendrait la poire bien plus souvent en écoutant la radio. Chienne de vie.

3 Commentaires
  1. Rebecca le 23 février 2012 à 23 h 30 min

    Amen

  2. Marie le 24 février 2012 à 0 h 17 min

    Excellente analyse !! Elle devient ennuyante avec ses paroles « à-la-rien-avoir-dont-on-cherche-encore-le-sens » la ptite Nicki…
    Elle et la team Young Money ont l’air d’oublié que le rap signifie: Ryhtm AND Poetry !!!

  3. elbadyo le 27 février 2012 à 19 h 39 min

    j’aime beaucoup le « kangoorou épileptique  »
    aucune comparaison entre la quenn B et cette espece de …. on ne sait pas vraiment quoi !