L'histoire d'une pestiférée
S’ils avaient été Français #3 : Take Care
Bientôt 2012, les plus fous d’entre nous commencent à se poser des questions sur notre survie au delà de cette nouvelle année. Si nous décidons de fermer les yeux sur les Incas, tout dans ce bas monde fonctionne toujours de la même façon. C’est pourquoi le fossé entre notre langue et celle des Rosbeef est toujours aussi important. Donc relativisons toute cette dramatique et amusons-nous avec Drake et Rihanna pour ce troisième épisode de « S’ils avaient été Français ». Vous avez dansé sur « Take Care » ? Vous avez chanté phonétiquement sur cet instru objectivement très bonne? Nous sommes heureux aujourd’hui de vous gâcher votre plaisir.
Dans les textes de chansons il y a généralement deux catégories d’auteurs. Ceux qui assemblent des mots totalement abstraits pour former un ensemble dont le sens nous échappe mais qui ouvre les portes des comparaisons aux Rimbaudt ou autres Baudelaire comme Raphaël durant son heure de gloire (qui a compris « Caravane » honnêtement?). Et il y a ceux qui choisissent de rester on ne peut plus terre à terre comme Orelsan dans « Saint Valentin » et se font tirer les oreilles par Nadine Morano. Nos amis Barbado-canadiens ont trouvé le parfait mix entre les deux méthodes, ils semblent vouloir nous raconter une histoire mais on y comprend strictement rien.
C’est annoncé dès le début Know you’ve been hurt by someone else, Je sais que tu as été blessée par quelqu’un d’autre. Malheureusement la belle Riri fera la radine sur le potin tout le long du morceau, on ne saura jamais qui est ce fameux « quelqu’un d’autre » ni ce que le salaud a fait. Tout ce que l’on sait c’est que cela fait de la jeune femme que convoitise Drake une pestiférée (Tu n’as pas réussi à avoir Rihanna, tu es contraint de seulement partager des featurings avec elle jusqu’à la fin de tes jours, ok mais Drake tu vaux quand même mieux que ça). Car oui quand les possibilités infinies de duos amoureux en chansons sont loin d’être épuisées, Rihanna trouve le moyen ici d’incarner non pas l’éventuelle partenaire de Drake mais le même personnage que lui en tant que sorte de voix intérieure qui s’occupe du refrain. Dur.
Quoi qu’il en soit durant deux couplets Drizzy tente de se convaincre qu’il est amoureux d’une autre femme qui a apparemment fait des choses horribles au regard du silence qui entoure ses agissements. I can tell by the way you carry yourself, Je le vois à la façon dont tu te comportes (c’est-à-dire?) I’ve love and I’ve lost, j’ai aimé et j’ai perdu (mais quoi???) I’ve asked about you and they’ve told me things, Je me suis informé sur toi et ils m’ont dit des choses (mais raconte!!!!) Please don’t be so ashamed, I’ve had mine you’ve had yours we both know, S’il te plait n’aie pas honte, tu as eu les tiennes (on suppose que ce sont des erreurs) j’ai les miennes, nous le savons (pas nous…).
Comme le discours de quelqu’un d’un peu éméché par des substance illicites nous allons tout de même tenter de décrypter un manque de cohérence chronique.
Nous avons donc quelqu’un qui a été blessé, qui a honte, qui pleure la nuit So you cry still, tears all in the pillow case, Donc tu pleures, des larmes plein ton oreiller, et qui a vécu quelque chose dont il est dur de se remettre Try to run from that, say you’re done with that/ When you’re ready, just say you’re ready/ when all the baggage just ain’t as heavy, Essaye de fuir tout ça, dis que tu en as fini avec tout ça / Quand tu es prête dis que tu es prête (quelle belle structure de phrase au passage) / Quand tout ce que tu as à porter ne sera plus aussi lourd. Autre indice, le champs lexical de la fête, A life with no fun, Une vie sans amusement, [When] the parties over, just don’t forget me, Quand les fêtes sont finies, ne m’oublie pas, You and all your girls in the club one time, Toi et toutes tes copines en boîte une fois.
Deux conclusions possibles soit c’est un viol et le duo devient rapidement moins glamour soit tout ce mystère a seulement été entretenu pour protéger une pouffe lambda qui a fini avec le premier venu.
Quelle déception. Mais qu’attendre de plus d’un homme qui en plein milieu d’une chanson nous sort une phrase qui tel un ovni atterrit sans aucun rapport avec quoi que ce soit du reste It’s my birthday, I get high if I want to, C’est mon anniversaire, je me défonce si j’en ai envie, (euuuuuh…). Le monsieur montre également quelques petits soucis avec l’intégration de notre morale judéo-chrétienne Cause that truth hurts, and those lies heal, Parce que cette vérité fait mal et ces mensonges guérissent, qui dans son enfance a bien pu lui apprendre que les mensonges pouvaient être bénéfiques voire même héroïques But I’ll lie if I have to, Mais je mentirai si j’y suis obligé, quel geste noble en effet, mentir sous la contrainte.
Après tant de non-dits et de jolies bêtises le ciel peut finalement bien nous tomber sur la tête. Ce morceau restera éternellement un mystère et une frustration ouverte comme la boite de Pandore par trop de curiosité. Bon Weekend.
Drake feat. Rihanna - Take Care




rassurez-moi, vous avez bien vu que c’était une reprise du featuring de Gil-scott heron et jamie xx ?
vous n’en parlez absolument pas dans l’article…
Le but de l’article était tout sauf de parler de la chanson en elle-même mais de souligner avec légèreté le ridicule de ces petits phénomènes de traduction. C’est pourquoi nous insistons d’ailleurs sur les couplets de Drake (évidemment absents de la version originale).
Nous aimons les deux chansons, l’objectif ici était la dérision voire l’autodérision.
JE LIKE .. Mystère. Je pense qu’il ont fait du sexe juste après ce morceau histoire de se dire une fois encore à bientôt.