Ricky Rozay et sa nouvelle clique
Maybach Music Group, le joujou de Rick Ross
Rick Ross, Wale, Meek Mill, Pill, quatre garçons dans le vent qui comptent bien faire parler d’eux via leur projet Self Made Vol.1 annoncé à grands coups de singles et de clips grandiloquents. Estampillée Maybach Music, cette compilation tient à marquer les esprits comme étant la première du label. Une stratégie marketing qui vise selon le taulier Rick Ross à faire la promotion de ses récentes signatures. Alors Teflon Don, ogre ou véritable promoteur ? Réponse dans les lignes qui suivent.
Maybach Music : the foundation
Fondé par Rick Ross en 2008, le label Maybach Music Group arrive alors que le boss de Miami tutoie le haut des charts avec son deuxième album Trilla. Etabli en accord avec Def Jam, Maybach Music est conçu pour assurer le contrôle artistique et commercial des sorties du rappeur tout en intégrant à son compte quelques nouveaux venus dont le chanteur Masspike Miles dont la carrière sera vite digérée… Le premier résultat probant ne viendra donc pas par la promotion d’un obscur MC local mais bel et bien de l’ancien maton reconverti, entouré pour l’occasion de son groupe Triple C’s. Composé de Rick Ross, Gunplay, Torch et Young Breed, Triple C’s est une sorte d’escouade de pseudo-motards basée à Miami qui ne fait pas mystère de son penchant pour les grosses cylindrées (quand il ne s’agit pas de hip-hop honeys…) et le contact charnel du cuir sur leur peau brulée par le soleil de Miami. Une mise en scène artificielle avec laquelle les quatre larrons jouent sur leur album commun Custom Cars & Cycles qui se vendra à 12 200 exemplaires lors de la première semaine. Quelques mois plus tôt, Rick Ross sortait son troisième album, Deeper Than Rap estampillé lui aussi Maybach Music et qui s’écoulera à près de 158 000 copies en sept jours seulement. L’avenir du label est à l’image de son bâtisseur, riche, imposant et décomplexé. Pour preuve, l’année 2010 sera celle de la consécration, son dernier opus Teflon Don, considéré comme une des meilleures sorties mainstream par les aficionados atteindra le sacro-saint disque d’or. Maybach Music, à défaut d’être un label promoteur du miami-sound est avant tout la vitrine clinquante de Ricky Rozay.
Les nouveaux-venus
Si durant la période 2008-2010, Ross fait figure de roi sans sujets, 2011 apporte un changement notable. En l’espace de quelques mois, Teflon Don a ramené dans ses filets six spécimens. Parmi les plus côtés, Wale, Stalley, ou encore le freshman 2k11 Meek Millz. Trois gros poissons convoités et aussitôt harponnés pour être lâchés dans le bac à musique de leur heureux propriétaire. Très vite, le nouvel effectif s’engouffre dans une compilation largement promotionnée sur le net intitulée Self Made Vol.1. Dans le premier cercle, Rozay s’est entouré du trio Wale, Meek Millz, Pill, le cœur du Maybach Music Group. Un quatuor de faux mafiosos (très original) tirés à quatre épingles dans leurs costumes anthracites et assistés par des personnages comme Jadakiss, Just Blaze, J. Cole ou encore Lex Luger. Autant dire que pour une sortie mainstream Rick Ross sort une fois de plus l’artillerie lourde. Les productions massives et tapageuses (« Pandemonium », « Self Made ») côtoient ainsi les sonorités les plus baroques si ce n’est les plus douteuses (« Tupac Back », « Ridin’ On Dat Pole », « Big Bank »…). Ce premier volume de Self Made annonce la couleur de ce qui sera probablement le futur proche du label Maybach Music, c’est à dire une écurie calibrée pour atteindre le haut des charts.
Par la même occasion, on peut éventuellement s’interroger sur l’avenir de MC comme Wale (sans album depuis 2009), Stalley ou encore Meek Millz. La surprise étant de voir le nom de Stalley accolé à celui de Rick Ross, alors qu’il semblait se diriger vers des projets un peu plus intimistes en compagnie de Damon Dash et de sa structure DD172. En revanche pour Millz l’opération semble être une aubaine lui permettant de lâcher une série de tapes et pourquoi pas un hypothétique album.
Avec ces nouvelles signatures, Ricky Rozay est parvenu à faire de Maybach Music une entreprise un peu plus garnie que les précédentes années. Reste à savoir qui est le véritable gagnant dans l’affaire. Le patron a le sourire paraît-il, mais cette débauche matérialiste arrogante cache peut-être quelque chose…




