Quand on est entre de bonnes mains...
À la découverte des mains de Woodkid
Après une multitude de sollicitations internationales, Yoann Lemoine célébrait vendredi dernier son retour en France lors du festival Europavox.
NeoBoto a eu le privilège de sentir le parfum d’un retour espéré et apaisé, nous permettant aussi de faire aujourd’hui le focus le plus important de l’histoire du webzine : Un plan très serré sur les mains de Woodkid et sur la manière dont elles incarnent sa dimension artistique en concert.
Finalement quoi de plus logique pour un serrurier…
Certainement la caractéristique la plus importante des mains de l’artificier, elles passent autant de temps face au public que devant les cuivres et les percussions qui l’entourent. Ses doigts constituent le lien entre lui et ses musiciens et maintiennent une communion totale entre la scène et le public. Chacun perçoit l’essence d’un rapport privilégié entre ces trois entités qui offrent, l’espace de la performance, une unité singulière.
Au-delà de ces conceptions quasi-métaphysiques des menottes de l’homme de fer, parfois il devient chef d’orchestre dans la définition la plus classique du mot. Une rotation du poignet suffit pour qu’il recadre ses cuivres, des instants fait dans une communication gestuelle aussi sourde qu’éloquente et qui reste dans le respect et l’intérêt de la musique.
Le chef d’orchestre devient horloger et essaie de régler tous les paramètres dans la recherche ultime d’une perfection sonore.
Illustrés par les clips d’ « Iron » et de « Run Boy Run », Woodkid crée autour de son art un ésotérisme spirituel et esthétique. C’est d’ailleurs lui, à l’instar de Saint Pierre, qui détient les clés sur ses avant bras pour sortir de l’enfermement inhérent à nos vies et toucher du doigt l’expression d’un moi accompli et épanoui.
En tant que détenteur de cette félicité contemplative, le prophète continue d’éclabousser de sa gestuelle les disciples venus l’écouter lors du sermon de ce jour. En concert ses mains basculent entre l’inspiration d’un pasteur hystérique en transe et l’apaisement de celui qui connaît la vérité, habité par une paix intérieure.
Quoi qu’il en soit cette prophétie restera ego-centrée car Woodkid ne pourra jamais vous donner les clés de la rédemption sans s’arracher un bras.
Tout le monde se rappelle de Legolas, cet archer aux bras infaillibles et aux flèches millimétrées qui ne ratent jamais la cible. Son arc devient comme le prolongement naturel de sa main et lorsqu’il le perd il se trouve amputé de toute sa singularité. Si la musique de Woodkid était une arme, il aurait certainement été l’un des défenseurs les plus valeureux de l’Anneau.
L’artiste connaît ses créations à la perfection au point que dans les moments les plus puissants, ses mains s’abattent aussi violemment que l’elfe lâche sa corde et sa musique siffle aussi musicalement que les flèches de Legolas.
Des pointes qui se plantent dans chacun de nos cœurs afin de nous faire ressentir cette puissance musicale et lorsque la dernière part, les souvenirs s’installent pour laisser place au vide.
Rideau !
Que ses mains soient par moment elfiques, prêcheuses ou simplement musiciennes, elles frappent le spectateur de coups justes et puissants.
Woodkid s’entend, se voit et se vit ! Sachez le…
Sachez également que c’est avec ces mêmes mains que l’auteur s’est masturbé violemment le cerveau.




