Comment s'annoncent les vacances?
Les chroniques du mois : Juin
Big K.R.I.T. - Live From The Underground (Def Jam)
K.R.I.T. Wuz Here puis ReturnOf4eva auront, en l’espace de deux ans, révélé Big K.R.I.T. comme l’un des plus grands espoirs de la scène sudiste. Malheureusement pour lui, et surtout pour nous, l’année 2012 l’aura fait chuter de son piédestal sur lequel on semblait l’avoir placé. Car si 4evaNaDay a quelque peu déçu trois mois auparavant, Live From The Underground n’a guère fait mieux, voire pire. Attendu comme un véritable messie, ce premier album studio aurait dû confirmer tous les espoirs émis en lui depuis deux ans. Aurait-t-on eu les yeux plus gros que le ventre ? Il semblerait bien que oui. Mais attention, l’opus n’est pas mauvais pour autant, loin de là. Il faut dire aussi que Big K.R.I.T. a su s’entourer à merveille, que ce soit avec Anthony Hamilton sur le très bon « Porchlight », Devin The Dude sur « Hydroplaning » ou encore B.B. King sur « Praying Man ». Résolument moins bon que ses dernières mixtapes, le projet reste tout de même une bonne sortie et a de loin sa place dans la discographie du MC. - Rémy -
Bobby Womack - The Bravest Man in the Universe (Beggars Banquet)
Que les plus braves continuent à s’imaginer qu’ils deviendront éternels, à l’image de ces voix intemporelles qui nous ont marqué. Et c’est bien là le paradoxe du nouvel l’album de la soul-legend Bobby Womack, qui, en nous proposant son premier travail original depuis près de vingts ans, nous expose avec subtilité, sa lucidité de la mort. « L’homme le plus courageux de l’univers est celui qui a pardonné en premier », chante Bobby, 68 ans de passion, en introduction de ce disque très autobiographique, à l’image d’une vie faite de succès, de descentes aux enfers et de résurrections. Derrière le guru on trouve 2 têtes connues entrain de trafiquer les fadders : Damon Albarn (Gorillaz) et Richard Russel qui, en plus d’avoir motivé le vieillissant Womack à reprendre le mic, lui on impulsé une dose de modernité (allant de l’électro (Jubilee) au r&b (Love Is Gonna Lift You Up) qui pourrait bien faire de cet album la sélection jazz/soul de l’année 2012 (reléguant ainsi Kiwanuka à la place qu’il mérite). A l’image d’un Anthony Hamilton ou d’un Franck Ocean, Bobby Womack distille un jazz novateur et empreint de renouveau qui va, à coups sûr, donner envie aux jeunes générations de revivre l’âge d’or passé. - V for Vincent -
Curren$y – The Stoned Immaculate (Jet Life Recordings, Warner Bros)
Après une disette qui aura duré quasiment dix ans, ce n’est qu’en 2009 que la discographie de Curren$y débute véritablement avec la sortie de This Ain’t No Mixtape. Trois ans plus tard sort The Stoned Immaculate, son neuvième album (Jet World Order compris), on ne peut décidément pas dire qu’il ait chômé. Pour ce nouvel essai donc, considéré comme son premier chez Warner Bros, Spitta a convié du beau monde, 2 Chainz, Estelle, Pharrell ou encore Wale pour un album résolument plus « commercial » que les précédents. Comme à l’accoutumée, la gifle reçu sur Pilot Talk n’aura pas lieue, car qu’on se le dise, jamais Curren$y ne ressortira un album de la trempe de Pilot Talk premier du nom. Mais peu importe car au final la galette est loin d’être mauvaise. De « Privacy Glass » à « No Squares » en passant par les bangers « Capitol » et « Papin’ Chasers », les bons moments sont nombreux et parviennent même à gommer ce qui semble être le seul grand faux pas de l’album, « Sunroof ». Une réussite. - Rémy -
The Hives – Lex Hives (Columbia)
Que celui qui n’a jamais entendu parler du niveau de qualité (et de folie) d’un live des Hives se taise à jamais. Malgré la bonne vieille méthode : des litres de sueurs et des riffs de gratte enchaînés à fond la caisse, ces pionnier du revival garage rock suédois commencent à se lasser. Et pour cause, peut-être, leur auto-production sans grand intérêt qui dessert franchement leur rock enervé. C’est un peu dommage pour un groupe qui a tant d’énergie à revendre, de se contenir dans un carcan qui glisse doucement mais sûrement de l’autre côté des musiques « à la mode » ; on aurait aimé plus de prise de risque. Au final, les points forts des Hives restent les mêmes, le mojo vocal à la Mike Jagger du frontman, la vitesse de frappe du reste de l’équipe, et le tout qui fait qu’en live, le groupe reste dans les mémoires. On attendra donc plutôt de voir ce Lex Hives en live pour juger au mieux de sa qualité, mais entendant, pour les adeptes, vous pouvez vous jetez-dessus sans crainte d’être déçus. - V for Vincent -
J Dilla - Rebirth Of Detroit (Ruff Draft Records)
On ne compte plus les resucées et autres quenelles posthumes tant ce business est gangréné par des entrepreneurs peu scrupuleux. En revanche, le travail effectué par « MaDukes » la mère de Dilla depuis la dernière compilation (Jay Stay Paid, 2009) consacrée au fils prodige est à saluer. Une nouvelle fois, maman Dilla a tenu à faire partager au public quelques productions inédites de son fiston qui prenait un malin plaisir à enregistrer ses beats en milieu de bande afin de tromper les voleurs de prods. Au final, se sont 21 morceaux qui se retrouvent enfin publiés et agrémentés de quelques featurings savoureux comme Frank Nitt, Illa J, Guilty Simpson, Phat Kat ou encore Amp Fiddler. Une très bonne livraison que nous offre le label Ruff Draft Records qui n’en est probablement pas à sa dernière, tant le bonhomme avait du stock.
Maybach Music Group – Self Made Vol. 2 (Maybach Music Group/Warner Bros.)
A quelques semaines de la giga sortie de God Forgives, I Don’t, son cinquième opus solo, le méga Boss de “l’Intouchable Empire Maybach Music” s’accorde une pause Self Made bien méritée. L’occasion de braquer un peu plus les projecteurs sur les précieux poulains de son écurie de nouveaux riches… mais aussi sur lui. Car si Self Made Vol.2 est l’œuvre de l’ensemble des artistes Maybach, c’est bien Rozay qui règne en patron sur pas moins de dix morceaux du projet, suivi de près par un Wale de plus en plus imposant (huit chansons). Mais malgré un tracklisting alléchant (Nas, Kendrick Lamar) et une clique au top de la hype, ce quatorze titres fait bien pâle figure à côté des ogives Floridiennes que nous balance fréquemment le Boss. Aucune véritable montée d’adrénaline, des pistes qui s’enchainent sans grand entrain, des refrains pas toujours du meilleur goût (“M.I.A.”, “Let’s Talk”, merci Omarion…). Bref, un seul volume aurait suffi. Attention à l’overdose, Rozay ! – Esco -
Maroon 5 – Overexposed (A&M/Octone)
Déjà le quatrième coup de crosse pour Adam Levine et ses potos de Los Angeles, et premier constat : Maroon 5 en 2012, ça va un peu. Mais alors juste un peu. Une fois passé le cap du premier titre (l’entrainant “One More Night”), on succombe devant une mélasse pop-rock/euro-dance qui confère clairement à la soupe FM (“Daylight”, “Lucky Strike”, “Love Somebody”, “Fortune Teller”). Plus les années s’égrainent et plus le groupe de Levine se ringardise (ridiculise ?), à l’instar des déjà périmés Gym Class Heroes et de leur leader dont les gimmicks vocaux ne sont d’ailleurs pas sans rappeler ceux de ce bon vieil Adam. À mi-chemin entre James Blunt et Sum 41, le potage pour ado que nous servent les Maroon 5 dans un écrin rose fushia infâme se passe de commentaires. Assurément l’une des pires sorties de l’année ! – Esco -
Oddisee – People Hear What They See (Mello Music Group)
Fer de lance de la talentueuse écurie Mello Music Group, le MC/Beatmaker Oddisee est sans l’ombre d’un doute l’une des plus fines lames du circuit. Sans pour autant recevoir le crédit d’une telle distinction. Largement mésestimé, le natif de DC nous avait gratifié l’année passée d’un Rock Creek Park mélangeant instrumentaux et moments rappés, que la presse underground avait salué comme l’une des sorties majeures de 2011. Rebelote cette année, avec le symboliquement intitulé People Hear What They See, mélange de boom bap percutant « Ready To Rock » et d’odes Jazzy « You Know Who You Are » couplées à des expérimentations électroniques de bonne augure « Thinking Maybes ». Un projet solide qui révèle toute sa teneur après plusieurs écoutes et une pierre de plus à ajouter au solide édifice érigé par ce personnage énigmatique affublé d’énormes lunettes. -Nico-
R. Kelly – Write Me Back (RCA)
Seulement une année après avoir pris la plume pour nous écrire ses Love Letters, Robert Kelly nous met cette fois à contribution et nous demande de lui Write Me Back (Répondez-moi). Ses piteux Double Up et Untitled relayés au second plan, Kellz a coloré sa discographie d’une teinte davantage old-school, mettant par la même en exergue ses talents de compositeur et de chanteur. Si Love Letters faisait du pied aux 50’s et 60’s, c’est dans le Philly Sound que le King vient piocher « Lazy Sunday » tout en rendant un hommage assumé à Donny Hataway,Stevie Wonder et Bill Whiters sur « Believe That It’s So » « Party Jumpin » et le très Motown dans l’esprit « Green Light ». Des escapades country/rock « All Rounds On Me » viennent ponctuer de manière inattendue l’une des toutes meilleures sorties de la carrière du R. -Nico-
Rim’K - Chef de Famille (Frenesik)
La recette des albums de Rim’K est aussi prévisible que la réussite d’un contrôle de Djibril Cissé après une transversale de 60 mètres. La figure de proue du navire 113 Clan a conservé son phrasé qui transpire les quartiers populaires de France qu’il compile avec des instrumentaux aux inspirations maghrébines, funkys et, surtout, de bangers américains. Malheureusement ce qu’il n’a pas pu prévoir c’est l’étouffante présence du poids du temps, Rim’K n’offre plus ce dynamisme et cette fraîcheur et il le sait.
« Il n’y a pas le buzz dans la vie, il y a le business » rappe-t-il mélancolique, Karim comprend qu’il doit faire dans l’alimentaire et au lieux de servir le mainstream, il a préféré se servir de lui. Tant pis… -Ju’-
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