Why always Nasri ?
L’équipe de France et la presse, le bras de fer
« De Knysna à Kirsha, il n’y a que quelques lettres d’écart », la formule est signée Raymond Domenech, tout un symbole. Quelque chose s’est brisé en 2010 et cet héritage reste, encore, sensible à l’heure actuelle. Dans les grandes lignes du testament de ce suicide collectif et généralisé, on retrouve une presse sur-excitée qui s’oppose de manière frontale à son équipe et s’affirme violemment face à ses joueurs à l’instar d’une guerre des clans façon Secret Story. Finalement, la presse n’est-elle pas à la hauteur de sa sélection…
Ils n’avaient pas la vingtaine que la décadence d’un certain nombre de journalistes sportifs comparaient la génération 1987 à ses illustres aînés. Benzema devenait alors le futur Ronaldo, Nasri le prochain Zizou et lors de divagations euphorisées Ben Arfa devenait Maradona après quelques dribbles chaloupés.
Aujourd’hui ce sont des enfants gâtés, une espèce d’hybride entre racaille en col blanc et celle de la banlieue, indigne de respect. Il est temps pour la presse de faire son introspection et d’admettre que cette génération dorée a été forgée par une presse post 1998 et 2000, à un moment où l’avenir du ballon rond ne pouvait qu’être marqué en bleu blanc rouge.
Le corps de cette presse footballistique est de plus en plus bâtard car composé de véritables spécialistes du ballon rond mais également d’une part importante d’anciens footballeurs internationaux. Ces-derniers jouent à chaque chronique, intervention, analyse, leur pain de ce jour dans une carrière qui finit toujours un peu trop tôt. Alors pour rendre satisfaction à leurs employeurs, ils se doivent d’avoir la langue aussi venimeuse que les morsures d’un taïpan et dénoncer ce qu’ils ont eux-même vécu en silence.
Quant aux journalistes qui possèdent une culture footballistique sans égal, ils devraient leur donner un regard critique distancé et nuancé. Ils devraient savoir, eux, que les sportifs qui ont le plus marqué leur discipline et leur époque sont ceux qui ont témoigné face aux caméras leur excès et, in extenso, leur humanité. C’est pour cela qu’on se souvient au tennis de McEnroe, à la boxe de Muhammad Ali et au football de Maradona…
Bizarrement dès que Nasri fait preuve d’authenticité, la bec du coq sur son poitrail vient lui picorer la joue.
A peine connu du grand public, Cabaye a su s’imposer sportivement comme une pièce incontournable de l’équipe de France. Malgré lui, l’ancien lillois, est devenu pour la presse le symbole du renouveau de l’équipe de France dans une opposition manichéenne à la génération 1987, ça tombe bien il est de 1986. Yohan du 94 a un visage qui revient plus à la ménagère que celui fermé et insociable de Jérémy du 94. Introverti, sérieux et courtois avec les journalistes, ils voudraient déjà voir le joueur de Newcastle capitaine de la sélection mais aussi de la croisade pour nettoyer au kärsher ces « caïds de cours d’école ».
L’expression est choisie, ces analystes sportifs sont devenus trop politisés et pensent, à l’instar de son sélectionneur que les problèmes au sein de l’équipe sont les mêmes que ceux qu’on retrouve dans notre société. Une façon biaisée d’évoquer la situation des banlieues et de ses habitants dans un prisme original, celui du sport. Légitimité qui permet à chacun de déverser ses prises de positions politiques et idéologiques alors qu’on le sait, l’opulence qui entoure le football ne peut être en connexion avec les réalités des quartiers urbains français.
Bizarrement lorsque Marc Lièvremont dit à un journaliste qu’il « l’emmerde avec sa question », personne n’en tire de constat sur la société française provinciale et ils ont raison. Au contraire cela rajoute du folklore et un certain épicurisme à ce rugby authentique et charnel… Deux poids deux mesures et c’est ce qui explique que Nasri est aujourd’hui en couverture du Minute, journal d’extrême droite.
« Nique ta mère, casse toi, ferme ta gueule, fils de pute, petite frappe » si les journalistes et les joueurs ne s’entendent plus, ils se comprennent dans la violence de leur vocabulaire. La seule conclusion valable qu’on puisse obtenir de ce Championnat d’Europe est que Samir Nasri aura du mal à trouver sa place en tant que journaliste. Mais qu’il ne se fasse pas de souci, Canto est devenu acteur !





Complètement d’accord avec vous… Au final l’extr-sportif est en train de prendre plus de place que le sportif dans tout ça. Le plus grand enseignement de tout ça, c’est que quand l’EDF gagne, on glorifie le multiculturalisme et ce beau pays devenu black-blanc-beurre. Dès qu’elle perd, c’est devenu une équipe de racailles et c’est le problème de la banlieue.
Il est vrai que la presse n’arrange pas les choses… mais je pense que ce genre de vocabulaire n’a pas sa place sur un terrain de sport… entre Nasri et ses compliments fleuris envers les journalistes et Menez qui s’en prend directement à l’arbitre Italien dans la langue maternelle de celui-ci avec un très beau Va Fanculo…. il n’est pas étonnant que la presse extrémiste se fasse une joie de relayer l’information…. De plus après l’interview de Kallstrom, on se rend compte qu’il parle mieux français que la moitié de notre équipe ce qui n’arrange pas les choses…. les joueurs donne des bâtons pour se faire battre. Pour répondre au comm précédent, le problème n’est pas la défaite mais la manière!! Quand on voit l’implication et la motivation de certains on se dit qu’ils auraient mieux fait de rester chez eux, le pire pour moi est la réaction après match…. ils étaient content… bilan: 4 matches, 2 défaites, 1 nul, et 1 victoire…. Ils feraient bien de s’inspirer des Italiens, Suédois, Anglais etc.. qui sont fières de représenter leur nation et qui, à la différence des joueuses françaises mouillent le maillot.
PS: très bon article, je partage