Neo Boto revient sur les "premières fois" de Kohndo

[Interview] Kohndo, à la croisée des genres

21 juin 2011 . Un commentaire
By Nico, in FR Side

Artiste éclectique, personnage avenant, Kohndo fait figure de ponte dans le paysage rap en France. Cinq ans après Deux Pieds Sur Terre, l’ex-membre de La Cliqua revient avec un son plus affiné, empli de boucles jazzy («Mes Nuits», «Soul Inside»), funky («Lick Me», «Bordel») et plus rock («Rock On», «Money»), enveloppé dans un écrin résolument hip-hop («Mon Ghetto»). Expression d’une volonté salvatrice d’opérer un retour aux racines et fruit d’expériences diverses, Soul Inside s’impose résolument comme le projet majeur de cette année 2011 en matière de rap français. Neo Boto a voulu suivre cette tendance un tantinet «old school» et a proposé à Kohndo de revenir sur ses premières fois, celles qui forgent un individu, et, par extension, un artiste. Entretien en toute sincérité.

Ton premier souvenir d’écriture ?

Je me rappelle de mon premier texte, c’était à la suite d’un défi lancé par Zoxea des Sage Po’. On était voisin et après avoir écouté ses premiers freestyles, j’ai eu envie de m’y mettre. Le premier texte de rap que j’ai dà» écrire s’appelait «La basse dans ta face».
Cependant, l’écriture a toujours été présente dans ma vie. En tant que fils unique de mère célibataire j’ai toujours écrit pour passer le temps : des histoires, des poèmes… Je pense aussi que les interminables dictées du samedi midi m’ont donné le goà»t de la belle plume.

Ta première expérience solo ?

Ca a démarré avec l’EP Prélude A L’odyssée« . J’ai dà» apprendre à produire un titre, le structurer, maitriser le flow et la voix. Une belle expérience.

Ton premier concert ?

C’était avec mon premier groupe, «Le coup d’état phonique» avec Egosyst et DJ Sound. Ca s’appelait le Badjj au Pont de Sèvre (Boulogne). C’était la maison de quartier o๠j’ai squatté une partie de mon adolescence. C’était drôle de voir que dans le public des mecs comme LIM, Mala, Isaaca ou Brams qui, aujourd’hui, sont dans le «rap game». Ils nous prenaient pour des aliens. Mais ils ont fini par s’y mettre. Faire du rap était moins côté que faire du basket à l’époque. Sinon, mon premier concert avec La Cliqua c’était en ouverture d’Arrested developpement à la Cigale. Une ambiance de dingue !

Ta première collaboration ?

En dehors de Rocca et Daddy Lord, c’était avec NAP sur «Au sommet de Paris». Un de mes meilleurs souvenirs reste le titre avec Koma et Rocé, «Un parmi des millions».

Ta première source d’inspiration ?

Aujourd’hui, la soul 70′s’de Curtis Mayfield, Leeroy Hutson, Mavis Staples. J’aime beaucoup les danses hip-hop, ça me donne des idées. Pop, lockn news…C’est viscéral. Les danseurs ont l’énergie et la créativité qu’on a perdu dans le rap. Sinon, le rock des White Stripes ou Map of Africa, ou l’electro/funk de Chromeo me font kiffer.


Ta première fois aux Etats-Unis ?

La première fois que je suis allé aux States, c’était pour un concert à l’Universal Zulu Nation avec La Cliqua. Mais ma vraie première fois c’était lors du mixage de Deux Pieds Sur Terre». Je pense qu’on découvre un pays en rencontrant les gens qui l’habitent. C’est à Detroit que j’ai eu l’occasion de découvrir des gens extraordinaires. Une belle expérience.


Ton album favori ?

Curtis, de Curtis Mayfield. Tout y est.

Ton premier album de rap acheté ?

Here Is The Dj, I am The Rapper de Jazzy Jeff et Fresh Prince. J’y cherchais du beat-box et j’ai eu le coup de foudre pour le turntablism.

Ton premier album de soul acheté?

Il y avait ce qu’il fallait à la maison. Sinon, je pense à There Is A Riot Going On de Sly And The Family Stone.

Ton état d’esprit avant de composer Soul Inside ?

J’avais l’envie de faire un album frais qui sorte du lot et qui propose une musique différente, plus proche de ma nature. Je voulais faire un disque subtil et profond. J’ai allégé mon écriture, travaillé mon flow et recherché à être le plus sincère possible.
C’est difficile d’allier le fond et la forme mais je pense que l’un ne va pas sans l’autre.

Ton premier ressenti une fois l’album terminé ?

Ce disque est la somme de toutes mes expériences et des rencontres que j’ai faites au cours de ces dix dernières années. C’est donc pour moi la fin d’un cycle et le commencement d’un autre. Avec l’aide de toutes les personnes qui ont participé au projet j’ai pu donner corps à mes idées et faire un disque hip-hop, musical, humain… qui me ressemble. J’espère que le public pourra vivre avec et prendre le temps de le découvrir.

Un Commentaire
  1. Faity le 7 juillet 2011 à 16 h 41 min

    Cool cette petite interview!