GO FUCK YOURSELF

GTA V, le jeu d’une vie

16 novembre 2013 . Pas de commentaire
By Adrian, in Featured, Lifestyle

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Bientôt deux mois que Grand Theft Auto V est sorti (le 17, les vrais le savent) et déjà presque tout le monde a terminé le jeu, du moins presque. Car en effet, si la quête principale avoisine les 70% de progression, peu sont ceux qui ont atteint le centième pourcentage après de longues heures (jours) de jeu. Toujours pas rassasié, on geek même depuis un mois déjà le Online et ses possibilités infinies, et ouais le temps passe vite quand on s’amuse ! Outre la violence, le sexe, la drogue, les insultes (…), GTA V est un véritable phénomène dont l’impact se calcule en milliards de bénéfices. Plus grand succès commercial de son temps, nous tenons entre nos mains le jeu d’une vie, ou plutôt l’histoire de trois personnages étroitement liés dont le destin va basculer dans une société si différente mais si similaire à la notre.

gangster-gtav-neobotoLe vrai personnage hautement identifié Grand Theft Auto, c’est bien Franklin. Started From The Bottom, ou plutôt chez sa tante dans les quartiers défavorisés de Los Santos, ce voleur de caisses deviendra du jour au lendemain un apprenti-gangster après avoir braqué la mauvaise personne, un certain Michael. Fier représentant de la jeunesse du XXIème siècle, Franklin veut nager dans le bassin des grands et applique le concept du « tout vouloir tout de suite ». Pour cela, aucun moyen n’est plus rapide qu’enfreindre la loi et son ambition l’emmènera loin. Influencé par son nouveau mentor, il sombre dans la criminalité en braquant les plus grandes banques et amassant les millions.

« one million, two million, three million, twenty million, oh i’m so good at math »

Car oui, Franklin incarne peut-être le parcours destiné à un Jay Z s’il avait été dépourvu d’un talent dingue pour le rap. Sappé comme 50 Cent, il fait exploser les basses de sa Unique White Buffalo sur les sons de West Coast Classics et Radio Los Santos en slalomant sur la High-Way. Au fil du temps (et de l’argent), Frank oublie sa période loser personnifiée par son ex Tanisha et invite les plus bonnes strip-teaseuses à le raccompagner dans sa villa. Son seul rattachement à sa vie passée, c’est sans doute son pote Lamar le boulet de l’histoire qui s’incruste lors des plans juteux. Tueur sans remord, on pourrait croire que Franklin n’a pas de coeur, et pourtant… (Attention Spoil) Quand on lui demande de faire un choix entre Michael et Trevor, la majorité des gameurs derrière leur manette choisit la troisième option. En plus, son plus fidèle compagnon c’est Chop son rottweiler qu’il promène un peu partout avec lui lors des interactions. Décidémment, Franklin Clinton aurait peut-être plus du Kendrick Lamar en lui, un « bon gamin dans une ville de dingue »

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Pour la première fois dans un Grand Theft Auto, l’un des personnages que l’on peut incarner est un père de famille, ex-criminel faussement repenti bourré de fric. Michael Townley/De Santa est quant à lui l’image parfaite du gros con. Bénéficiant de la protection du FIB après s’être dénoncé, suite à un dernier cambriolage raté avec ses amis de toujours Trevor et Brad, tout ce dont il rêve c’est de profiter de sa retraite allongé dans son transat’ ou devant un bon vieux film. Très mauvaise figure paternelle, Michael est en pleine crise de la quarantaine, le genre de père qui fait honte à tes potes avec ses remarques de beauf’. Son fils Jimmy est une pure parodie de l’adolescent d’aujourd’hui, flemmard H24 devant ses jeux-vidéos et dépensant l’argent de son père dans de la weed. Sa fille, pas mieux, est une blonde écervellée cherchant la reconnaissance à tout prix, quitte à fréquenter les mauvaises personnes. Comme ça ne suffisait pas, sa femme le trompe régulièrement avec son prof de tennis ou de yoga.

C’est dans ce contexte que l’on comprend la rapidité avec laquelle Michael a fait de Franklin son poulain, le « fils qu’il a toujours voulu ». Aussi maladroit qu’égocentrique, il pense à son bien avant celui des autres et c’est comme ça qu’il retombe dans le braquage en tout genre, sa spécialité. Intelligent il l’est beaucoup, mais borné aussi. Malgré sa dégaine de lourdo avec ses costumes ternes et mal taillés, il reste un papa en phase avec son temps avec sa petite touche rock quand il monte le son sur Queen ou Phil Collins. Alors si toi aussi tu trouves que Mikey peut vite devenir inintéressant, c’est qu’il a plus de points communs que tu ne le crois avec ton père…

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Enfin dans l’ordre d’apparition c’est au tour de Trevor de faire sa place dans le haut-banditisme de Los Santos. Et si l’on pourrait croire au premier abord que ce bouseux de campagne est sans intérêt, on apprend très vite à le connaître… Dérangé, dégueulasse, vulgaire et sociopathe, Trevor est sans doute l’un des meilleurs personnages de la franchise Grand Theft Auto. Vivant dans le désert à contre-courant de la société, il passe son temps à trafiquer armes et drogues avec l’aide des collègues de son entreprise Trevor Philips Entreprises. Violent, Trev’ est le genre de type qui s’énerve très vite pour un rien, alors faut pas le faire chier.

Mais le plus ironique dans tout ça, c’est que Trevor est un hipster ! Comme Michael le fait si bien remarquer dans une mission, Trevor s’habille mal mais pas par manque de goût, au contraire par opposition au goût. Son mode de vie de laissé pour compte est totalement réfléchi dans sa boite crânienne. Sa non-coupe de cheveux, ses tatouages un peu cools et flippants, sa vieille caravane, ses goûts musicaux dérangés (…) car oui Trevor écoute dans son vieux 4×4 aussi bien du Fergie que du Elton John. N’en doutez pas, il sait aussi qui est Tyler, The Creator. S’il cuisine de la meth’, c’est suite au carton de Breaking Bad ! Plus qu’un hipster, Trevor est le rêve absolu du hipster, la combinaison parfaite charisme et du « j’m'en bats les couilles », l’esprit d’un ado dans le corps d’un quarantenaire. S’il est totalement ingérable, on préfère tous avoir un pote comme Trevor qu’un ennemi comme lui. GO FUCK YOURSELF

 

GTA V est devenu en très peu de temps plus qu’un simple jeu. Si le challenge était énorme, Rockstar a réussi à mettre la barre très haut en prenant le pari de créer trois personnages jouables dans une seule et même campagne. Difficile à mettre en place, c’était tout de même le moyen le plus fiable de plaire à tous avec trois personnalités très marquées où chacun s’y retrouve. Si la société de Los Santos ressemblent fortement à ce qui nous entoure quand on lève la tête de notre écran de télé, c’est simplement pour que l’on s’exprime et se défoule dans un climat commun avec des personnages qui nous ressemblent de près ou de loin. Ainsi, Grand Theft Auto cinquième édition fête ses deux mois mais aussi sa transformation en véritable lifestyle virtuel.

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Adrian Huguenot
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