Les Bleus face à leur destin

Les Bleus ont-ils leurs chances pour le prochain Mondial ?

14 novembre 2013 . Pas de commentaire
By Rémy, in Featured, What else ?

Le 21 octobre dernier, le verdict est tombé : l’Équipe de France affrontera l’Ukraine dans le cadre des barrages qualificatifs pour la Coupe du Monde 2014 qui aura lieu l’été prochain au pays du football, le Brésil. Un tirage plutôt favorable quand on sait sur qui l’on pouvait tomber (le Portugal, notamment). Une chance pourrait-on dire. Mais ce serait sous-estimer notre adversaire, chose dont nous aurions tort. Alors Coupe du Monde 2014, irons-nous ou pas ? Verdict demain et le 19 novembre prochain. En attendant, Neo Boto s’est penché sur la question et vous livre son argumentaire.

L’obstacle ukrainien

10. Tel est le nombre de matches sans défaite attribué à l’Ukraine depuis l’arrivée de son nouveau sélectionneur Mykhailo Fomenko, ancien international soviétique. Huit victoires, deux nuls, le constat est plus qu’honorable. En très mauvaise posture avant l’arrivée de l’ancien joueur du Dynamo Kiev à la tête de l’équipe, l’Ukraine joue désormais sur les bases d’un 4-2-3-1 offensif et ravageur qui lui a permis de se hisser à la deuxième place de son groupe (H), à un point seulement derrière l’Angleterre. Mais ce n’est pas le seul atout de cette équipe : des coups de pied arrêtés maîtrisés à merveille, une défense redoutable (aucun but encaissé depuis un an), un gardien -Andriy Pyatov- en très grande forme et habitué aux matches à enjeux avec son club du Shakhtar Donetsk, un attaquant -Andriy Yarmolenko- très inspiré devant les buts, lui qui n’est autre que le meilleur réalisateur des qualifications avec quatre buts et qui pourrait bien donner du fil à retordre aux défenses françaises, surtout quand on connait les difficultés affichées par l’Équipe de France dans ce secteur. Des matches engagés et qui font mouche : un nul 0-0 contre l’Angleterre, deux victoires 1-0 et 1-3 face à la Pologne de Lewandowski, les Ukrainiens menés par son capitaine, l’ancien munichois Anatoli Timochtchouk, « ne sont pas des touristes » (dixit Didier Deschamps) et ont prouvé qu’ils méritaient amplement leur billet pour le Brésil. Face à une telle motivation, l’EdF parviendra-t-elle à faire subir aux Ukrainiens leur première défaite depuis l’arrivée de Fomenko à la tête de l’équipe ? Arrivera-t-elle à leur faire encaisser leur premier but depuis un an ? On l’espère, mais force est de constater que cela ne va pas être de la tarte. Même Didier Deschamps en est conscient :

« Ça ne sera pas simple […] elle reste sur sept matches sans défaite (en qualifications), elle prend très peu de buts. »

Alors oui l’Ukraine a les moyens de nous inquiéter, mais lorsque l’on regarde les statistiques d’un peu plus près, force est de constater que les Ukrainiens font pâle figure à côté de nous. En effet, si les Bleus et Jaunes ne compte qu’une seule Coupe du Monde à leur actif (en 2006), elle a surtout connu les barrages à quatre reprises. Et à chaque fois, cela s’est conclu par un échec, défaits successivement par la Croatie dans le cadre de la Coupe du Monde 1998, la Slovénie pour l’Euro 2000, l’Allemagne pour le Mondial 2002 et enfin la Grèce pour la Coupe du Monde 2010. Mais ce n’est pas tout, car quitte à parler chiffres, autant aller jusqu’au bout. Sur sept matches face à l’Équipe de France, l’Ukraine n’a jamais réussi à s’imposer ne serait-ce qu’une seule fois : quatre défaites, dont une lors du dernier Euro (dernier match, d’ailleurs, où les Ukrainiens ont pris deux buts dans un seul et même match), et trois nuls.

Une Equipe de France qui retrouve peu à peu ses sensations

Depuis le désastre en Afrique du Sud lors du dernier Mondial, l’EdF a du mal à sortir la tête hors de l’eau, elle qui est plus impopulaire que jamais. Et ce n’est pas Laurent Blanc, successeur de Raymond Domenech à la tête de l’équipe à partir de juillet 2010, qui a réussi à inverser la tendance, aventure qui s’est d’ailleurs terminée pour lui au terme de la participation peu flamboyante des Bleus à l’Euro 2012. Depuis, on a eu le droit à des matches de piètre qualité, à des attaquants en manque cruel de réalisme face au but (il n’est pas inutile de rappeler que Benzema n’avait pas marqué un seul but en 1222 minutes entre le 5 juin 2012 et le 11 octobre dernier), à une défense transparente et tout une série de points noirs qui expliquent l’image désastreuse portée par nos footballeurs français au jour d’aujourd’hui. En bref, les Bleus ne font plus rêver les Français et ce depuis un bon moment. Mais ne serait-il pas tant que ça change ? Et ne serait-ce pas la mission qui a été assignée à Deschamps que de remettre sur pied cette Équipe de France et lui redonner son aura d’antan ? Si pour le moment, le parcours a été quelque peu chaotique, force est de constater que depuis deux matches et demi (on ne retiendra que la deuxième mi-temps face à la Biélorussie), les Bleus, motivés et en réussite, semblent retrouver peu à peu leurs sensations. 13, c’est le nombre de buts inscrits par les Français en deux matches et demi, 3 contre la Finlande, 6 contre l’Australie et 4 en deuxième mi-temps face à la Biélorussie. Des résultats plutôt satisfaisants qui nous feraient presque croire en l’avenir. Car au fond, avec l’effectif actuel, la confiance et la solidarité qui semblent s’être installés entre les joueurs au fil des rencontres, la motivation et l’envie de jouer qu’ils nous ont montrées au cours des derniers matches, on n’a que très peu d’inquiétude à se faire pour la suite. Avons-nous tort ? Seul l’avenir nous le dira. En attendant, soyons optimistes et croyons en cette équipe qui n’est autre que la représentante de notre football national sur le plan international. Après tout, ne serait-ce pas de notre devoir de les encourager ?

Et puis qu’on se le dise, cette Équipe de France a de quoi faire mal à l’adversaire compte tenu de la forme affichée par des joueurs comme, entre autres, Olivier Giroud, auteur de déjà cinq buts cette saison avec Arsenal et qui a retrouvé du tonus en EdF, Karim Benzema qui revient en force du côté de Madrid avec huit passes décisives et six buts inscrits sur douze matches, Blaise Matuidi devenu indispensable au Paris Saint-Germain, ou encore Franck Ribéry. Auréolé du titre de meilleur joueur UEFA de l’année et peut-être de celui de Ballon d’Or, ce dernier est actuellement au summum de sa carrière, lui qui déclarait encore hier « Je suis vraiment au sommet. C’est vraiment mon année ». Véritable star en Allemagne, Frankie est devenu un pilier chez les Bleus, tant et si bien qu’Andriy Voronin, attaquant ukrainien, semble très inquiet pour son équipe :

« Je connais bien Franck Ribéry pour l’avoir affronté et suivi en Bundesliga. Il a pris une dimension énorme au Bayern Munich. Il sera donc capital de bien le maîtriser. »

La montée en puissance de la nouvelle génération

Si l’équipe telle qu’elle était durant l’Euro 2012, et plus particulièrement la génération 1987, a fini par nous décevoir, celle que l’on a face à nous aujourd’hui semble quelque peu différente. Outre les quelques survivants qui se font tout petits depuis le désastre en Afrique du Sud et au dernier Euro, la nouvelle génération tend progressivement à prendre de plus en plus de place dans cette Équipe de France et plus particulièrement dans le onze-type. Toujours prête à en découdre et à mouiller le maillot français dont ils sont fiers, ces joueurs apportent une certaine fraîcheur et surtout redore l’image bien dégradée des Bleus. En constante progression au fil des matches, ils apportent une véritable plus-value à chaque rencontre jusqu’à devenir progressivement de véritables piliers de cette équipe. Très performants dans leur club, que ce soit Paul Pogba à la Juventus, Raphaël Varane au Real Madrid, ou encore le marseillais Florian Thauvin et le monégasque Geoffrey Kondogbia, pas à leur meilleur niveau la faute à un récent transfert mais qui montent rapidement en puissance, ces joueurs ont tout pour plaire, gravissant les échelons un à un. Vainqueurs de la Coupe du monde des U20 l’été dernier, cette nouvelle génération a montré de quoi elle était capable. Il y a donc fort à parier qu’avec l’accumulation de matches, des joueurs comme ceux précédemment cités continueront de monter en efficacité et apporteront beaucoup à cette EdF. Peut-on rêver, un jour, de voir défiler à nouveau l’Équipe de France sur les Champs-Élysées, la Coupe du Monde entre les mains ? Quoi qu’il en soit, il y a fort à parier que cette équipe-là, dans quelques années, aura de quoi rivaliser avec les plus grandes nations. Mais d’ici là, aura lieu le Mondial au Brésil. Alors devons-nous nous attendre à des performances telles celles que l’on a connues en 2010 ? Il est peu probable. Mais ne nous faisons pas trop d’espoir, cette Équipe de France est encore trop fragile pour espérer atteindre des sommets même si nous la voyons bien réaliser un beau parcours. N’ayez crainte, cette EdF a de belles années devant elle, on vous le garantit.

À la veille du match aller en Ukraine, de nombreuses interrogations planent sur cette Équipe de France. Parviendra-t-elle à mettre en déroute cette nation ukrainienne qui ne cesse de suspendre depuis bientôt un an ? Poursuivra-t-elle sur sa bonne lancée ? Ne se fera-t-elle pas rattraper par ses vieux démons ? Et si son sort se trouvait entre les mains de ses jeunes pousses ?
Quoi qu’il en soit, une chose est sûre, sur Neo Boto on est prêts à miser 100 balles sur la qualification des Bleus. Avons-nous tort d’être aussi optimistes ? Réponse dès demain.

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Rémy Paurion
@RmyPaurion

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