Artiste tentaculaire ou homme d'affaires ?
Edito #22 : Jay-Z ou Shawn Carter ?

Reconnu comme un homme d’affaires à part entière de la même manière que ses confrères du hip-hop Russel Simmons, Diddy et autres Steve Stoute, Jay-Z fait depuis quelques temps plus parler de lui pour ses affaires que pour sa musique. S’il nous a récemment donné des nouvelles avec le morceau « Open Letter », l’homme qui signe ses contrats d’un modeste « Shawn Carter » va également partir en tournée cet été aux côtés de Justin Timberlake pour l’album The 20/20 Experience, l’occasion pour lui de reprendre contact avec son public avant de repartir en studio pour un hypothétique nouvel album.
Avec un investissement d’un million de dollars réalisé en 2003, Shawn Carter détenait une quantité infime des parts du club (moins d’1%) mais toutefois suffisante pour lui accorder le titre de « propriétaire » du club alors nommé les New Jersey Nets. Un investissement qui allait dans le sens du club, ce dernier s’offrant alors un artiste de premier plan mais également dans le sens de Mr. Carter puisque, selon le magazine Forbes, la valeur de ses parts auraient augmenté de 800%. Comme il le rappe dans « Open Letter » : « j’aurais ramené les Nets à Brooklyn gratuitement, sauf que j’en ai tiré des millions de profits. »
Effectivement, il n’a pas seulement signé un contrat en attendant que la valeur de ses parts augmente. Ce n’est pas une mascotte comme d’aucuns le racontent : il a participé directement à cette augmentation. Ambassadeur du déménagement des Nets à Brooklyn pour devenir les Brooklyn Nets, il a alors renfilé son costume de Jay-Z en organisant une série de huit concerts au Brooklyn Barclays Center, arborant fièrement le nouveau maillot qu’il a lui-même désigné. Une fierté pour l’artiste qui se retrouve à se produire à quelques pas de là où il avait pour habitude de cacher les doses de crack qu’il écoulait tant bien que mal lorsqu’il était un petit dealer des rues de Brooklyn.
Arnaud Sommie
@somesta
Le Barclays Center, le nouveau stade du club au modeste coût d’un milliard de dollars et au sein duquel vous pourrez trouver une boutique Rocawear, la marque qu’il a fondée puis vendue et sur laquelle il touche toujours des bénéfices grâce aux ventes. À l’intérieur du stade se tient aussi une antenne de la chaîne de bars et restaurants Club 40/40 dont Shawn Carter est un des propriétaires. Vous pourrez également y déguster une coupe d’Ace of Spades, une marque de champagne dans laquelle il possède des actions, tout comme vous pourrez y essayer différentes montres de la marque Hublot, autre société dans laquelle il détient des parts.
De placement de produits en placement de produits, Shawn Carter a décidé d’en faire sa spécialité. Ainsi, il a récemment annoncé la vente de ses parts au sein des Nets pour se consacrer à la représentation commerciale de sportifs avec sa nouvelle société : Roc Nation Sports. « Les Nets sont ancrés dans l’histoire de la NBA et, en même temps qu’ils entrent dans une nouvelle ère, Roc Nation le fait à son tour; nous nous lançons dans Roc Nation Sports ». Les premières signatures n’étant ni plus ni moins que Victor Cruz de la NFL et Robinson Cano de la MLB, marquant alors la vision à 360 degrés de sa nouvelle agence.
Si la vente de ses parts ne lui a rapporté qu’une bouchée de pain (à peine 350 000 dollars), Jay-Z est bel et bien toujours présent dans le building. Premièrement parce qu’il a conservé ses parts au sein du Barclays Center, des parts représentants 0,2% de la valeur du stade soit 2 millions de dollars, et deuxièmement parce qu’il s’est assuré des sources de profits à tous les étages du stade. Une entreprise menée d’une main de maître, de la part d’un artiste tentaculaire dont on attendait pas moins.




