DJ Khaled et son égo surdimensionné passés au crible

DJ Khaled, un nom plus qu’un artiste

19 juillet 2011 . Pas de commentaire
By Nico, in Featured, US Side

Cash Money, E1, Def Jam South… De grosses cylindrées à la puissance de frappe considérable. Leur point commun ? Un DJ rondouillard d’origine Palestinienne qui roule sa bosse depuis ses débuts avec le Terror Squad sous le pseudonyme de DJ Khaled. Pour le meilleur, et souvent pour le pire. Beatmaker avisé, personnage charismatique pour certains, insupportable et dénué d’intérêt pour d’autres, Khaled fait parler de lui. Beaucoup trop même. A l’occasion de la sortie de son nouvel album, We The Best Forever, Neo Boto a fait le pari de décrypter la personnalité d’un artiste qui, il faut bien l’avouer, est l’archétype d’un hip-hop traînant dans la boue son côté musical au profit d’ambitions lucratives exacerbées. We the beeeeest !!! Ouais, on verra ça plus tard…

DJ Khaled, le gueulard


Birdman - 100 Million feat. DJ Khaled, Rick Ross, Dre, Lil Wayne & Young Jeezy

Que celui qui n’a jamais eu de pulsions meurtrières à l’écoute d’un titre de Khaled me jette la première pierre. Nous noyant sous les risibles « DJ Khaleeeed”, “We The Beeeest” et autres “We get moneeey”, le natif de la Nouvelle-Orléans a bâti sa réputation sur un socle intarissable d’onomatopées et énoncés plus ridicules les uns que les autres.
Le plus inquiétant, c’est qu’à l’écoute de We The Best Forever, il semble que le bonhomme ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, se pliant en quatre (si son ventre le lui permet) pour livrer à chaque sortie un lot nouveau d’énoncés bruyants qui viennent suppléer ses merveilleuses trouvailles antérieures.
On avait eu le droit à « Liiiiiistennnnn » sur son premier album, puis « We the beeeeest » avait repris le flambeau. Aujourd’hui, tenez vous bien, Khaled a décidé d’ajouter le suffixe « forever » à sa formule dores et déjà classique. Le résultat ? Un « We the best forever! » rutilant.



DJ Khaled, le beatmaker

Avant de s’évertuer à faire bouger sans vergogne les clubs de Miami, DJ Khaled était un producteur émérite, auteur de quelques pépites parmi lesquelles « Gangsta » de Fabolous, « Nothing’s Gonna Stop Me » pour le Terror Squad ou « Beat Novacane » de Fat Joe. Capable d’alterner beats soulful, davantage raw et carrément sudistes, le DJ attitré de l’écurie de Fat Joe semble avoir du talent plein la MPC. Très peu mis à contribution ces dernières années, il est inévitable de se pencher sur le travail initial de cet exubérant personnage pour prendre la pleine mesure de son revirement artistique. Finalement rattrapé par le succès, les tatouages de Birdman et les seins siliconés de Miami Beach, DJ Khaled semble être tombé dans une formule préconçue, indéniablement lucrative mais qui musèle ses prédispositions.

DJ Khaled, l’entremetteur


DJ Khaled - Welcome to My Hood (Remix) feat. T-Pain, Ludacris, Busta Rhymes, Twista, Mavado, Birdman, Ace Hood, Fat Joe, Jadakiss, Bun B, Game & Waka Flocka Flame

Quel personnage de la scène hip-hop peut se targuer de réunir Rick Ross, Busta Rhymes, Diddy, Nicki Minaj, Fabolous, Jadakiss, Fat Joe, Swizz Beatz et T-Pain sur le même titre ? Disposant d’une aura étonnamment étendue, chaque sortie de DJ Khaled vaut son pesant de cacahuètes. En réunissant sans discontinuer les artistes les plus en vue du moment (attention, personne n’a parlé de talent) sur des productions empruntées aux Runners, Cool & Dre, The Inkredibles, Lex Luger et autres Boi-1Da, Khaled s’assure au moins un succès d’ampleur par galette. Là où le bas blesse, c’est qu’en analysant la tracklist de We The Best Forever, il est difficile de déceler la moindre trace du résident de Miami. Ne co-produisant qu’un seul des titres de son propre album, « Welcome To My Hood », le rôle de Khaled bin Abdul Khaled semble se résumer à passer des coups de téléphone, montrer sa silhouette gracieuse dans ses clips et s’évertuer à gueuler à qui veut l’entendre qu’il est le « Best forever ». Un boulot à plein temps.


DJ Khaled, le MC

Non là, franchement, la performance parle d’elle-même. Le suicide musical (et vestimentaire) débute à 0 :38. Eloignez les enfants, sortez les biberons et les sonotones. On vous aura prévenu. Not safe for work comme ils disent.

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Grossière arnaque ou génie de l’Entertainment ? DJ Khaled divise autant qu’il fédère. Porté depuis des années déjà par une pléiade d’artistes définissant le son de Miami, Khaled a ouvert la voie à une nouvelle conception du hip-hop. Une culture s’inscrit dans la longévité de par sa capacité à redéfinir ses codes et à se réinventer constamment. Doit-on regretter l’avènement de DJ Khaled et sa clique de tatoués ? Disons simplement qu’il y a des mutations dont on se serait volontiers passé…

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