Big Sean, figure de proue du bling bling 2.0

Big Sean, le rap des apparences ?

2 juillet 2011 . 2 commentaires
By Ju', in Featured, Lifestyle

« Finally Famous : The Album », un titre autant inhabituel qu’évocateur, issu de cette nouvelle génération de rappeurs qui prennent la pleine possession du hip-hop en le façonnant à leur image. Culturellement, le rap connait un penchant pour l’excès et l’amour pour l’esthétique de la présentation qui se matérialise autant par l’attitude que par les vêtements ou encore les accessoires. C’est souvent à cela que la masse médiatique réduit le hip-hop et son fameux côté « bling bling ». Une culture est, par essence, en mouvement constant, analysons ce changement chez le gros Sean.

Finally Famous, un objectif ?

Bien plus qu’une simple formule, « Finally Famous » est une obsession pour Big Sean. En 2007, pour sa première mixtape, son patron Kanye West le félicitait en introduction : « Man congratulations, you’re Finally Famous ».
Puis, après Finally Famous : The Mixtape, succède, deux années plus tard, Finally Famous vol. 2 : UKNOWBIGSEAN pour conclure cette série en 2010 par le 3ème volume appelé BIG.
Un lent processus entamé depuis sa signature chez G.O.O.D. Music en 2005 pour faire résonner son prénom aux oreilles gourmandes de nouvelles sonorités à travers le globe. « Finally », la sortie cette semaine de son premier album concrétise toutes ses envies de célébrité, ce qui pose la question de l’art et de la musique. En effet, comment se revendiquer artiste et rappeur quand son objectif principal est de simplement être une nouvelle étoile parmi les stars.
Rassurons nous (ou pas d’ailleurs), Big Sean s’insère seulement dans un phénomène générationnel parfaitement décrit dans la série Glee : « Aujourd’hui, être anonyme est pire que d’être pauvre, la célébrité est la chose la plus importante dans notre culture. S’il y a une chose que j’ai apprise, c’est que personne va seulement vous tendre la main ». La musique se révèle alors comme un simple vecteur pour y parvenir.

Le rap laissé pour compte ?

La question est légitime car si le rap devient un simple vecteur dans une quelconque quête de célébrité alors cela peut jeter le discrédit sur tout un mouvement culturel. Cela n’est pas valable dans le cas de Big Sean, il s’avère que justement cette nouvelle génération est débordante de créativité et pousse la philosophie agglutinante du sampling à son paroxysme en s’inspirant de nouvelles sonorités (rock, électro, variété). Abd al Malik disait avec beaucoup de justesse au micro de Carter que « le rap est la seule musique faite de toutes les musiques ». Fort de ce postulat, ils n’ont aucune limite et c’est à eux et à cette mutation que l’on doit aujourd’hui la vivacité artistique du mouvement.
Sean, pour son « debut album », témoigne d’une véritable aisance pour lier avec intelligence des tracks aux productions agressives comme « Dance (A$$) » et d’autres très aériennes. Tout cela porté par un flow juste et contrôlé cadré par une véritable rigueur rythmique. Quant aux thématiques, elles évoquent celles d’une frange de la population et de son rythme de vie, un retour aux sources des 80’s et son fameux « Havin’ Fun ». Des préoccupations parfois superficielles qui se conjuguent avec une sonorité, un talent mais aussi une attitude dans l’apparence.

Le bling bling 2.0


Il semble loin le temps ou 50 Cent portait une casquette NYC au dessus d’un du-rag du meilleur goût, habillé d’un simple gilet pare-balle et de chaînes de 5 kilos (chacune), qui allait conquérir le monde à coup d’ « In Da Club » ou de « Candy Shop ».
En 8 ans, la donne a totalement changé, car si le rap a en partie muté, la mode également (et heureusement). En effet, le slim a chassé le baggy, le t-shirt a perdu 10 centimètres de tissu et la sobriété des chaînes Ambush ont pris la place des crucifix ostentatoires.
Big Sean exacerbe cette tendance et cette hype et devient ainsi l’un de ses produits les plus emblématiques. Quand KiD CuDi porte une « pow chain », lui en affiche une demi-douzaine et met ses slims mi-cuisses. Il fait ostensiblement l’étalage de ses paires d’Air Yeezy en les tenant à de nombreuses reprises à la main comme s’il avait gagné la Champion’s League et nargue ainsi ceux qui sont passés à côté de cette paire unique.


Aujourd’hui, le rap semble développer son importance dans le lifestyle. En effet, toute cette hype enveloppe tous les secteurs : vêtements, nourritures, intérêts, carrières. Une sorte de sampling de la vie.

2 Commentaires
  1. Mehdi le 2 juillet 2011 à 14 h 26 min

    Excellent article et ça fait plaisir de le rappeler, mais heureusement Sean a le flow qui va avec, il peut assumer sans coté bling bling, pas comme certains MC qui chantent comme des casseroles et qui proclament gagner des millies

  2. Ju' le 6 juillet 2011 à 2 h 29 min

    Merci beaucoup Mehdi pour le commentaire mais je ne vois pas de qui tu veux parler ;)