Focus sur les Rookies 2k11 #2
Big K.R.I.T. ou l’héritage du South
A seulement 25 ans, Justin Scott aka Big K.R.I.T fait partie des rookies pour lesquels le magazine XXL dans sa traditionnelle liste annuelle, prédit un futur prometteur. Si parfois la légitimité de ces jeunes loups n’est pas des plus évidente, le cas Big K.R.I.T semble loin de ces considérations et autres vaines spéculations. Armé d’une plume alerte et d’un gout prononcé pour la production, cet espoir a les cartes en main pour percer dans ce milieu redoutable qu’est le dit « rap game ». Décryptage.
Du fin fond du Mississippi en passant par Atlanta…
Natif de la ville de Meridian, dans le Mississippi tristement connue pour cet épisode lugubre qui a vu l’assassinat de trois activistes des droits civiques (James Chaney, Andrew Goodman et Michael Schwerner) dans les années 1960 auxquels Alan Parker rendra un hommage cinématographique avec Mississippi Burning, Justin Scott n’a pas grandi sur la terre Hip Hop la plus fertile. La scène rap locale est inexistante, les cats ne courent pas les rues et pourtant»¦ Noyé sous les basses grasses du southern rap débridé d’Outkast et le son adipeux de UGK pour lesquels il voue une admiration sans bornes, ce passionné de basket troque très vite la fureur des parquets contre celle non moins grisante de la musique. Marqué au fer rouge par la plume acerbe et poétique de 2Pac lorsqu’il s’installe à Atlanta, Big K.R.I.T. se plonge dans l’écriture et esquisse ses premiers beats avec sa Playstation grà¢ce au jeu MTV’s Music Generator ! Tout un programme. Avec les moyens du bord, K.R.I.T. se forge peu à peu une identité musicale largement influencée par le deep south, cherchant la bonne mélodie, le bon sample, le bon kit de drums. Une quête artistique qui l’amènera à sortir sa première tape en 2003 dont le morceau « They Gon Hate » lui entrouvrira les portes des clubs les plus fermés et plus encore.
»¦jusqu’à Def Jam
Après une longue série de tapes, Big K.R.I.T. passe à la vitesse supérieure. Deux évènements majeurs vont alors changer le cours de sa vie. En juin 2010, sort son premier album digital intitulé K.R.I.T. Wuz Here. Entièrement produit par ses soins, l’opus provoque un intérêt soudain sur la toile et se retrouve relayé sur bon nombre de blogs et de webzines totalement hallucinés. Composé dans la plus stricte discrétion, l’opus suit le sillon tracé par UGK dans les années 1990, et n’est pas sans rappeler le hard bounce des productions d’Eightball & MJG auxquelles vient se greffer un certain sens de la mélodie. Cet héritage entièrement assumé et dont il se réclame, est arrangé à sa sauce, optant parfois pour des titres plus en retenue reposant sur les boucles classieuses empruntées aux Impressions ou à Billy Cobham. Soutenu par ses compagnons de calumet (Curren$y, Smoke DZA, Wiz Khalifa»¦) K.R.I.T. affiche une assurance qui va frapper en pleine face un des fondateurs de G-Unit Records, Sha Money XL. Impressionné, ce dernier jouera un rôle prépondérant dans la signature du rookie chez Def Jam qui aussitôt devient une priorité pour le label. Aujourd’hui Justin Scott possède une pléiade de projets en réserve et travaille déjà sur son prochain album. Il y a peu, son rêve de gosse est d’ailleurs devenu réalité puisque Bun B a accepté de poser sur un de ses morceaux. Désormais Big K.R.I.T. ne peut s’empêcher de sourire, la tête dans les étoiles et le cŒur dans son Mississippi natal.





J’adore cette nouvelle génération de MCs que sont Big K.R.I.T., Currensy, Smoke DZA, Stalley etc…. bourrés de talent à revendre et qui apportent une vraie fraicheur faisant le plus grand bien au rap, avec chacun une patte bien à lui, mais qui rendent sans cesse hommage à leurs mentors (les Pimp C, Bun B, 2Pac et consort)
Très sympa la version aocustique de Hometown Hero