Rappeur chanteur et enchanteur

Ben Mazué, le rap (en)chanté

13 octobre 2011 . Un commentaire
By Esco', in FR Side, Featured

Encore inconnu (ou presque) du grand public, Ben Mazué est de ceux qui se forgent une réputation sur scène avant d’attirer les projecteurs sur eux. Après avoir bourlingué aux quatre coins de l’hexagone aux côtés d’Hocus Pocus, Anis, Oxmo Puccino et Tété dont il assurait les premières parties, le Niçois livre aujourd’hui son tout premier opus, un disque éponyme audacieux, profond et léger à la fois. C’est sur les routes, accompagné de son vieux pote guitariste Clément Simounet que le jeune Ben s’est fait un nom et a tapé dans l’Œil des programmateurs. Un pari risqué qui l’a contraint à laisser tomber la science et une carrière de médecin toute tracée pour se consacrer pleinement à son premier amour : la musique. Des yeux azur, un sourire mutin, des anecdotes plein la tête et un sens du groove indéniable, telle est, en quelques mots, la description que l’on pourrait faire de ce trentenaire dont le talent n’a d’égal que la rousseur de sa chevelure.

Confessions d’un rap addict

Ben Mazué le dit lui-même, le hip-hop fait partie de son existence. C’est ce avec quoi il a grandi, ce qui l’a bercé à l’adolescence et continue de l’influencer dans sa vie adulte. A défaut d’être un MC à part entière, l’homme se décrit davantage comme un chansonnier au flow étiré. Car il est vrai que ce sens du rythme si cher aux rappeurs, Ben Mazué le possède en lui et s’en sert au détour d’une ballade pour donner corps à des textes introspectifs et poétiques («Case Départ», «Mes Monuments», «Je Regrette»). Si le rap est l’un des ingrédients de la musique du rouquin, en revanche, il n’utilise aucun des codes spécifiques à la culture urbaine. En évoquant «un hip-hop teinté de soul et de chanson», on pourrait facilement penser à Hocus Pocus, Oxmo Puccino ou même Abd Al Malik, or la musique de Ben Mazué atteint un autre degré de compréhension. Sur le papier, un monde sépare le folk de Pauline Croze et l’afrobeat saccadé de Blitz The Ambassador, et pourtant, l’artiste parvient à les intégrer sur cet album qui semble briser les interdits. Ben Mazué envoute, Ben Mazué captive et crée une musique racée, presque magnétique, qui gagne à être vue et entendue sur scène.


Assez parlé pour le dire

La scène justement, est ce champ des possibles, cet exutoire dont ce gringalet exilé à Paris au début des années 90 raffole tant. Vainqueur du Prix SACEM en 2006 puis sélectionné par le FAIR (Fond d’Action et d’Initiative Rock) en 2010 aux côtés d’Hindi Zahra, Pony Pony Run Run et Revolver, le bouche à oreille lui a permis de grimper sur la grande scène des Francofolies de La Rochelle l’an passé. Prix Paris Jeunes Talents en 2008, Printemps de Bourges en 2010, Ben Mazué foulera le 19 octobre prochain les travers La Maroquinerie, vous savez, cette petite salle perdue dans le 20ième arrondissement parisien qui a accueilli juste avant lui True Live, Wiz Khalifa, Connan Mockasin et Tumi & The Volume. Seul en scène, avec sa gratte et son gratteux, le Niçois aux boucles d’anges donne vie à ses comptines avec une prestance troublante et une énergie contagieuse, follement contagieuse.

Ben Mazué - Mes Monuments (Live à Taratata) :


A écouter :

- Ben Mazué - Ben Mazué (Sony Music/Columbia)

A voir :

- Ben Mazué - Confessions D’Un Rap Addict (Acoustique)

- Ben Mazué - Obama (Live à Europe 1)

Un Commentaire
  1. NWA le 13 octobre 2011 à 22 h 02 min

    Super article Esco’, merci pour la découverte. Je ne connaissais vraiment pas. Les échantillons proposés sont excellents!!! Encore merci, j’apprécie beaucoup les découvertes que je fais sur votre site.
    Bonne continuation.