Back in 2000 avec Outkast, M.O.P., Eminem, Lunatic…
Le blondinet de Detroit a toujours été connu pour s’aventurer hors des sentiers battus. Sur son acclamé «The Marshall Mathers LP », en story-teller averti, le protégé du Doc délivre une track oppressante à souhait, o๠la voix chaloupée de l’éminente Anglaise Dido vient soutenir des lyrics teintés d’une couleur gris-noir, comme le subconscient du déséquilibré Stan. Rarement une track aussi torturée et controversée n’aura réussi à titiller les sommets des charts avec une telle facilité. « Stan », c’est l’histoire brillamment narrée d’un fanatique de Slim Shady, vouant un culte obsessionnel à une idole qui l’ignore constamment. L’issue, tout le monde la connaà®t. Une voiture, un coffre, une femme enceinte noyée, sacrifiée sur l’autel de la folie. L’une des plus grandes tracks de l’histoire.
« In the car they found a tape, but they didn’t say who it was to/Come to think about it, his name was»¦ it was you»¦ Damn»¦»
- Outkast - Ms Jackson
Comment le particulier et l’intime peuvent-ils toucher l’universel ? C’est toute l’histoire de « Ms. Jackson ». Ce morceau est la somme de l’histoire tumultueuse entre Andre 3000 et la muse du Hip-Hop, Erykah Badu (qui a notamment été en couple également avec Common et Jay Electronica). C’est donc à sa mère que sont adressées directement ces lignes afin de gloser entièrement leur relation et rassurer son instinct maternel par sa bienveillance. Une déclaration d’amour authentique aux « baby’s mamas».
OutKast est un duo complémentaire entre le style artistique plus traditionnel de Big Boi qui cadre l’amusante décadence de Dre. Un talent méritant cet impact international que leur offre « Ms. Jackson » qui est pourtant l’une des productions écrites les plus intimistes de leur carrière.
Au début du millénaire, une déflagration s’abat sur la planète Rap. Lil Fame et Billy Danze, les deux gueulards de Brownsville viennent mettre un joli bordel dans un marché HipHop déjà bien saturé. « Ante Up », produite par DR Period, fait l’effet d’une véritable bombe, capable de mettre à sac un club, dès les premières basses entraperçues. Extrait du plus fameux album du duo, « Warriors », jamais les deux lurons n’arriveront à imposer de nouveau leur rap gonflé à l’adrénaline sur les ondes. Ils restent cependant encore aujourd’hui des figures d’un rap hardcore désormais largement sous-représenté dans un paysage HipHop qui tend vers une aseptisation néfaste.
Attention à la nuque»¦
- Prodigy - Keep It Thoro
Premier album solo pour la moitié de Mobb Deep qui a déjà livré quatre opus dont le classique The Infamous en 1995. L’occasion pour Prodigy d’enfoncer encore un peu plus le clou de son slang tranchant après la nouvelle direction artistique du groupe entreprise sur Murda Musik caractérisée par la venue du producteur de Beverly Hills, The Alchemist. Ce dernier prend alors une part importante dans la réalisation de H.N.I.C. (pour Head Nigga In Charge), puisqu’il produit notamment le morceau « Keep It Thoro » reconnaissable de par sa boucle nerveuse empruntée à Jack Mayborn. Un single qui fera mouche et qui atteindra la 17ème place des Hot Rap Singles.
- Common - The 6th Sense
Si l’on voulait s’évertuer à classer les meilleurs morceaux de Common, « The 6th Sense » figurerait à coup sà»r en tête de liste. Sur cette production fabuleuse de DJ Premier, le chicagoan laisse parler toutes ses qualités vocales. Mêlant un flow limpide, une technique irréprochable et des paroles imagées sur fond de guérilla urbaine, Common possède à ce moment là tous les codes pour entrer dans la légende. L’album sur lequel figure ce morceau, Like Water For Chocolate, deviendra un chef d’Œuvre unanimement salué par la critique. Si la carrière de Common débuta en 1992, ce n’est véritablement que huit ans plus tard »“ avec cet opus - qu’il se révéla au grand jour, bien aidé par la force de frappe de ce « sixième sens » incomparable.
- Disiz La Peste - J’pète les plombs
« La peste, maladie musicalement transmissible, il y a que le SIDA qui peut me test’ apparemment ».
Voici la nouvelle pathologie qui frappe de manière pandémique l’hexagone par une puissance sonore inquiétante. Elle répond au nom de « Disiz La Peste » et elle touche talentueusement plusieurs formes rappologiques entre humour, critique de la société et story telling. Mais le fait notable reste en 2000 avec « J’pète Les Plombs », toute la population est touchée par ce morceau drolatique issu d’un film qui l’est beaucoup moins, Chute Libre. Tout ça pour un Mc Morning»¦
- Lunatic - Pas l’temps pour les regrets
1996, le duo des Hauts-de-Seine Lunatic émerge de la scène underground grà¢ce au brulot « Le Crime Paie » paru sur la compilation Hostile Hip Hop. Un morceau polémique qui sera immortalisé lors de leur passage à la télévision dans l’émission Cap’tain Café. Après de nombreux apparitions sur diverses mixtapes et compilations, Booba et Ali se font désirer. En 2000, entourés de la clique 45 Scientific les jeunes loups sortent enfin leur premier album Mauvais Oeil en indé qui est aussitôt certifié disque d’or. Une première pour ce doublon à la fois hardcore et réfléchis largement inspiré par les ambiances sombres de Mobb Deep et ses productions froides. Les uppercuts se ramassent à la pelle remplis de fougue et d’argot bien senti : « La Lettre », « Mauvais Oeil », « Si tu kiffes pas»¦ », « Pas l’temps pour les regrets »»¦ « A.L.I. B deux O B.A j’t'aurais prévenu » comme ils l’annonçaient quatre ans plus tôt.
-113 - Tonton Du Bled
Dans le patrimoine rapologique français, il est quasiment impossible d’omettre les trois membres du 113 Clan. 2000 est l’année de la révélation pour AP, Mokobé et Rim-K, trois jeunes caà¯ds de la cité Camille Groult, à Vitry-sur-Seine. L’album Les Princes De La Ville, sorti véritablement en toute fin d’année 1999, est leur première vraie réalisation après l’EP Ni Barreaux, Ni Barrières, Ni Frontières paru, lui, en 1998. Avec les trois tubes nationaux que sont « Jackpot 2000 », « Les Princes De La Ville » et « Tonton Du Bled », le disque s’écoule comme des petits pains et atteint rapidement les 450 000 exemplaires vendus. « Tonton Du Bled » est l’hymne d’une génération bercée par le rap oriental et humoristique du 113. Ce morceau est aussi le péché mignon de Rim-K qui est le seul à rapper sur l’instrumental de DJ Medhi. Dix ans plus tard, le fameux : « Hey Tonton, les cabas ils sont trop lourds ! » est devenue l’une des répliques cultes du Hip Hop hexagonal.
- Jurassic 5 - Quality Control
Sucré est définitivement l’apport qu’offrent les Jurassic 5 parfois dans une West Coast un peu terne. Cette fraà®cheur est portée par quatre emcees complémentaires, avec notamment la voix surprenante de Chali 2na, deux DJs et l’incontournable Cut Chemist qui est l’un des beatmakers les plus talentueux de sa génération. D’ailleurs, sa reconversion dans le Trip Hop marque aujourd’hui l’étendu de son talent. Son départ sera d’ailleurs synonyme de la fin de ce groupe qui reviendra pour un ultime album avant de se séparer définitivement. « Quality Control » est le marqueur de ce talent naturel o๠l’eau de source découle sans interruption et inonde les alentours.












Pour 98 j’avais failli râler, et pour 2000 j’ai eu peur, mais ouf, dernière vidéo, Jurassic 5 est bien présent. Cimer.
Comme on a l’habitude de dire on n’a pas envie de faire une liste exhaustive de clips, les choix sont extrêmement difficiles ! Nous sommes les premiers frustrés !
au faite vous compter faire quoi dans 10 semaines?? repartir a zéro version rnb/soul ?
Eh bien justement ce sera la surprise du chef…