1994, l'âge d'or du Hip Hop à son paroxysme

Back In 1994

6 février 2011 . Un commentaire
By Esco', in What else ?

Nas »“ Halftime

Si l’année 1994 correspond au plein à¢ge d’or du Hip Hop, la sortie d’Illmatic en avril de cette même année restera l’un des faits majeurs de la décennie. Pour le jeune Nasir Jones, l’heure des présentations est arrivée. Tout droit sorti des blocs de Queensbridge, le MC s’acoquine, pour ce tout premier album, avec le gratin des producteurs east-coast du moment. DJ Premier, Pete Rock, Large Professor, Q-Tip, chacun met le pied à l’étrier pour hisser le bambin au rang de génie incontesté. Le flow est limpide, la rime révolutionnaire, Nas sait tout faire et son niveau est déconcertant d’excellence. Illmatic est un passage obligatoire pour tout être vivant se disant aimer le Hip Hop. Chacun des neuf morceaux de l’album est un mythe, en atteste cette vidéo plus authentique que nature. It’s halftime !



Warren G »“ Regulate

1994, autant vous dire que le Hip-Hop West Coast à le vent en poupe, les deux années suivantes ont donné lieux à deux classiques intemporels du genre avec Chronic de Dr. Dre (1992) et Doggystyle de Snoop Dogg (1993). Pour 1994, on reste en famille avec Warren G et son album Regulate G-Funk Era, demi-frère du Doc. Il apporte à cette équipe, au même titre que Nate Dogg, la touche feutrée du dirty-crooner, il va logiquement parachever et populariser la création du G-Funk. C’est pour cette nouvelle branche gangsta que le chanteur consacre son album. En compagnie de Nate Dogg, « Regulate » devient l’ambiance musicale désignant un lieu (West Coast), une année (1994) et un genre tout entier ce qui la rend intemporelle. 17 ans ont passé maintenant, malgré cela l’univers fantasmatique de musique, weed et fessiers fermes demeurent à l’écoute de ses notes fumantes.


Notorious BIG »“ Big Poppa

« Big Poppa », une voix s’élève de Brooklyn»¦ L’ascension fulgurante de Bad Boy Records et de son jeune président, Puff Daddy, va pouvoir débuter. Comme beaucoup de rappeurs de cette génération, Notorious B.I.G. (plus communément appelé Biggie) sort son premier effort en pleine déferlante G-Funk. La côte ouest et ses artistes caracolent en tête des charts avec leurs délires funky à base d’herbe et de lourdes basses. La réponse à cette vague « gangsta » aura pour nom Biggie Smalls. Le conflit entre Suge Knight et Puff Daddy, les deux patrons des maisons de disques rivales Death Row et Bad Boy, s’intensifie à mesure que le flow velouté du gros B.I.G. se déverse dans les ghetto-blasters new-yorkais. Ready To Die est l’album qui remet définitivement la côte Est au goà»t du jour, et qui engendrera l’un des plus gros beefs de l’histoire du rap : Biggie vs. Tupac. « Big Poppa » est le son d’une génération, un hymne délicieusement funky que l’on savoure avec autant d’intensité 16 ans après.


Common »“ I Used To Love H.E.R

Véritable brà»lot contre le Gangsta Rap, en pleine période West Coast et G-Funk, au moment o๠les prémices de la fracture entre la cote Est et Ouest se font ressentir, I Used To Love H.E.R est considérée par les spécialistes comme l’une des plus fameuses expressions du mouvement HipHop.16 ans plus tard, le discours de Common est terriblement d’actualité, le Hip Hop est toujours cette femme, paradoxalement débordante de vitalité et d’amour mais se prostituant par désir de reconnaissance, dans sa quête perpétuelle du roi Dollar. Extraite du classique Resurrection, la track est une brillante métaphore filée à l’issue surprenante, o๠les relations entre hommes et femmes sont illustrées pour qualifier le mouvement Hip Hop des années 90. Etincelante de lyricisme et d’intelligence, cette Œuvre aura et continue de marquer l’histoire du rap d’une empreinte qui restera indélébile. Le plus grand titre de tous les temps ? « Yes yes y’all and you don’t stop. To the beat y’all and you don’t stop !»


OutKast »“ Southernplayalisticadillacmuzik

1994 est résolument une grande année, c’est elle qui a vu naà®tre l’un des groupes les plus créatifs de l’histoire du Hip-Hop avec OutKast et leur premier opus Southernplayalisticadillacmuzik. D’un point de vu plus large, 1994 voit l’apparition par cet album d’une nouvelle scène alternative avec Atlanta qui apporte un vent de fraà®cheur dans cet interminable bras de fer entre New York et Los Angeles. Le morceau « Southernplayalisticadillacmuzik » est bien loin de notre image actuelle du duo et des costumes hauts en couleur d’Andre 3000. Cependant le talent transpire de cet album et de cette track entre les productions rafraà®chissantes d’Organized Noize et le flow aiguisé de Dre et Big Boi. Ils ont tous deux une vingtaine d’année et marque déjà la singularité de leur création qui s’affirmera.



Gravediggaz 1-800 Suicide

1994, un groupe inattendu naà®t des entrailles putrides de New York sous le nom de Gravediggaz. Composé de spécialistes de la rigidité cadavérique (rigor mortis, leur premier album s’appeler au départ Niggamortis), familiers dans l’art de manier le verbe morbide comme on manie la faux, Gravediggaz introduit ce qu’on appelle alors l’horrorcore dans le monde du rap. Influencés par les films d’horreur, Prince Paul, RZA, Frukwan et Poetic s’exécutent à grands coups de références sordides sur ce 6 Feet Deep pour le moins singulier. Avec « 1-800 Suicide » et sa boucle vicieuse empruntée à Booker T & The MG’s, Gravediggaz s’offre une danse macabre de premier choix à travers laquelle résonne encore ce refrain cynique de Krs-One « Suicide it’s a suicide »»¦


Un Commentaire
  1. Hak's le 6 février 2011 à 23 h 30 min

    Veritable année de tubes !!!
    Les chroniques du dimanche sont très bonnes, merci à vous pour l’idée et Esco’, t’es un tueur; t’assures !