1995 enclenche la deuxième
1995, des gens comme les autres
à la vue du boucan qui a eu lieu autour du groupe au 4 chiffres millésimés, les présentations ne semblent pas nécessaires. En effet, de la presse spécialisée à la généraliste en passant par de nombreuses ITW (la mieux reste la notre), la bande de parigos semble déterminée à s’inscrire durablement dans une scène française plutôt en bonne santé. Et si d’un point de vue purement musical la bande de DJ Lo survole l’hexagone sur un nuage de fraicheur, l’image qu’ils dégagent joue également les premiers rôles dans le parcours de la troupe… Et si c’était d’ailleurs l’une des composantes principales qui les mènera (peut-être) plus haut ?
Des produits de leur génération
A la veille des élections présidentielles, les différents candidats qui nous illuminent régulièrement de punchlines à en faire pâlir les plus grands lyricistes s’adonnant à un concours de serrage de mains auprès de la populass. L’intérêt ? Tout simplement voir sa ganache sur Itélé et BFM en jouant la carte de la proximité. Et c’est également sur cette notion que le groupe fonde sa communication. Même s’ils rongent Facebook et Twitter en majeure partie par manque de tunes, à l’heure ou les expressions « génération Y » et « Digital Natives » se banalisent, Alpha Wann et consorts semblent être dans un timing parfait qui leur permet de cultiver naturellement cette image de jeunes cools et accessibles à l’instar d’un Obama qui balance sa playlist présidentielle sur Spotify. Par contre pas sûr que le président réponde à vos messages. Et pendant « que les héros qui nous font sont (encore) des bouffons de télé-réalité », le public et surtout les médias semblent sensibles à leur petite histoire d’artistes Indépendants et débrouillards ayant ce goût prononcé pour la spontanéité et un je-m’en-foutisme intelligent… un peu comme la jeunesse d’aujourd’hui finalement
Un casting de gendres idéals
On ne va pas relancer un vieux débat mais nul n’ignore le manque de reconnaissance des rappeurs. En effet, depuis toujours l’image de ce mouvement est instinctivement associé à un stéréotype d’artiste avec une apparence que les médias qualifieraient de « Ghetto » en hommage à leurs « quartiers » de provenance… Alors même si absolument rien n’est à enlever au talent du groupe, lorsqu’une bande de gamins insouciants apporte un vent de fraicheur composé de thématiques et d’analyses plus populaires, le courant d’air voyage forcément vers des populations beaucoup plus larges et diverses allant même jusqu’aux néophytes du genre musical. Tendance rendue plus facilement observable à une époque où nous sommes dans un monde d’image dans lequel Nekfeu avoue « ne plus se faire contrôler depuis qu’il a les cheveux longs ». Monde qui a récemment couronné Orelsan dans la catégorie joliment appelée « musiques urbaines » mais également « révélation du public » après l’avoir enterré vivant quelques années auparavant. Le tout sous les « félicitations » de Ni Putes Ni soumises qui se réjouit de son « changement de style »… Comme dirait Guizmo : « C’est Normal »
Les détails de leur importance
Alors qu’en 1997 Nas vendait du Sprite et qu’Eminem vantait les mérites de Chrysler sur fond de « Lose Yourself » lors de l’avant dernier Superbowl, côté français on a rarement vu des associations entre des artistes hip-hop et les marques. Évidemment la comparaison peut paraître impertinente mais la réalité est là. Alors même si les actions de communication de ceux que les psychologues de comptoir appelleraient « les rappeurs bobo » ne sont pas de gros coups, on constate néanmoins que leur façon d’être pourrait séduire certaines marques. Preuve en est, Reebok a emprunté leurs services d’hommes de scène lors de la présentation de la Kamikaze à Paris en présence de Swizz Beatz avant que pour Nike, Nekfeu, Sneazzy et sa G Shock parlent (rapidement) de leur adoration pour le nouveau maillot de l’équipe de France. Se retrouvant le temps d’une vidéo à coté de Steve Nash, Carl Lewis, Eric (sans Ramzy). Sans parler du rap de S.West servant de B.O pour un spot Redbull, il semblerait que la popularité de 1995 soit sur une pente ascendante et on espère pour eux que leur second album appelé La Suite les aidera à aller to the next level comme dirait Mia Frye)



