Tout tout tout, vous saurez tout sur Rihanna

Rihanna a-t-elle offert son corps à la science ?

24 novembre 2012 . Pas de commentaire
By Sipowitz, in Lifestyle

Il existe une poignée de personnes dans ce bas-monde que l’on a l’impression de connaître comme un de nos proches tant leur image sature l’espace médiatique. Preuve que l’hégémonie étasunienne n’est pas encore tout à fait révolue, la plupart d’entre eux sont Américains. Aux cotés d’Obama, Beyoncé ou Brad Pitt, c’est le corps de Rihanna que nous vous proposons de disséquer aujourd’hui. Tombée dans le domaine public il y a seulement 7 ans, on a pu suivre son dévergondage étape par étape depuis son album Music Of The Sun jusqu’au clip de la chanson « S&M ». Un ravin digne de ceux du Grand Canyon semble séparer ces deux œuvres jusque dans leur titre. Comment passer de l’ado lambda à la femme fatale la plus provocante en 6 albums, un manuel bientôt disponible dans votre librairie.

Rihanna c’était mieux avant

La question qu’il faut se poser est: est-ce que notre Riri a vraiment pu un jour être considérée comme sage et pudique? Rien de moins sûr car malgré le grand nombre de commentaires clamant que Rihanna c’était mieux quand elle avait des vêtements, ses clips et ses apparitions scéniques n’ont jamais été dignes de ceux d’une Taylor Swift. Dans son premier single et clip « Pon De Replay » elle porte certes un baggy mais nous dévoile et la couleur de sa culotte et un bon pourcentage de la surface de son buste. Son déhanché n’a surement pas laissé indifférents les jeunes ado en plein boom hormonal de l’époque, tout comme son tout premier regard aguicheur à la caméra à la fin du clip.
On reste cependant dans des attitudes normales de jeune starlette avec un univers banal de fête, Dj, copines, dont la voie avait été ouverte par la grande Britney. En bikini sur la plage (rien de plus normal) dans le visuel de « If It’s Lovin’ That You Want » elle montre doucement que son capital slutty dort en elle et ne demande qu’à exploser en se trémoussant légèrement sur le sable chaud.
C’est à 17 ans que son entourage se dit « Bon! c’est bon elle a assez fait la gamine, il est temps de la transformer en femme », que l’on veuille perturber le développement psychologique normal de la (trop) jeune chanteuse est une chose, mais arriver à ses fins en est une autre. C’est cela que nous retiendrons dans le clip d’ « SOS ». Elle troque son regard pétillant contre un autre plus ténébreux ou suggestif et force sans complexe sur le flacon d’huile pour le corps. C’est une des dernières fois que l’on verra que la chanteuse considère le pantalon comme un vêtement digne de ce nom, avant de le bannir à jamais de son dress code. Bonne intuition car l’année suivante en montrant ses gambettes dans « Umbrella » on l’élira la femme aux plus belles jambes du monde. Action, réaction.


The Dark Side Of The Moon, l’après Chris Brown

Le problème c’est que la jeune femme n’avait pas prévu qu’elle se ferait secouer par son petit ami, Chris Brown au sommet de sa forme. Forcément quand ça se passe dans la voiture qui vous conduit aux Grammy Awards ça passe moins inaperçu que quand c’est votre mari alcoolique et accro au PMU qui vous met une petite rouste de temps en temps. Partie pour suivre les traces de la vie parfaite de sa copine Beyoncé, Rihanna va devoir composer son image avec un peu plus de noirceur que prévu. Et c’est un passage clé dans l’évolution de son apparence médiatique. C’est progressivement qu’elle va se remettre de tout ça, et cette épreuve se ressent jusque dans sa démarche artistique et esthétique
Son album Rated R est bien sûr vu comme l’un de ses plus sombres et les clips des chansons « Russian Roulette », « Hard » et « Run This Town » appuient fortement cette théorie. Comme si elle ne jouait plus et qu’elle avait une sorte de rage à exprimer profondément, elle rompt de manière radicale avec le bonheur naïf de sa période pré-Breezy. Pour l’exprimer il faut des images plus travaillées, un style plus recherché. Ces trois clips en sont la preuve irréfutable avec des soldats, de la torture, des émeutes. Soutenue par ses deux copains très costauds Jay-Z et Kanye West elle se relève mais rien ne sera plus comme avant.


T’as le look cocotte

À toute chose malheur est bon. Les traumatismes de la vie d’un artiste sont souvent facteurs de créativité. La nouvelle personnalité de la caribéenne se compose principalement de deux éléments improbablement liés: un dévergondage aigu et le développement d’un univers esthétique riche et travaillé. La chanteuse fonctionne désormais par codes pour être le plus sexy possible tout en étant innovante visuellement. C’est ainsi que sont nés « Rude Boy » et « S&M ». Riri s’amuse, Riri provoque et Riri nous offre un univers que l’on voit peu ailleurs. Après avoir suivi le mouvement avec les clip clichés vus et revus de sa jeunesse, c’est elle qui mène la danse et impose une vision sur ses visuels. La touche vulgarité est pour certains la cerise sur le gâteau ou pour d’autres la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Quoi qu’il en soit, elle fait partie de son identité car elle n’y va pas de main morte. Elle jette un petit coup d’œil dans le pantalon de son partenaire de danse dans « Rude Boy », et tient carrément un jeune homme en laisse dans « S&M ».
Ses jeux de lèvres, de tatouages de sous-vêtements et de coiffures sont autant d’éléments qui la mettent en valeur dans l’affirmation d’un style dont elle est l’influenceur. Le tout est combiné dans ses trois apparitions en couverture de Vogue, en 2009, 2011 et 2012. La première couverture avait failli être annulée car la douce Anna Wintour avait refusé de l’intégrer à son magazine après l’incident « Chris Brown ». Finalement la couverture a été réalisée et elle représente bien le début de cette période un peu moins joyeuse de sa vie. La Une suivante a immortalisé sa période cheveux rouges et la dernière toute récente la montre avec sa coupe garçonne dans des positions plus suggestives que jamais. Les photographes ne la révèlent pas sous un nouveau jour mais la capture dans une de ses périodes stylistiques précises.


Pour tous ceux qui ne comprennent pas comment des artistes comme Rihanna sont au sommet alors qu’ils considèrent que sa musique est médiocre et son attitude vulgaire, voici une des explications possibles. Non seulement elle accepte d’offrir son corps au Monde qui peut ainsi la connaître sous toutes les coutures, mais elle essaye de le faire avec classe. Ses photos pour Vogue et GQ ou tout simplement tous ses clips, sont, d’un point de vue technique et artistique, de vraies réussites. Très certainement bien entourée on la fait jouer sur l’ambiguïté entre la vulgarité et l’aspect artistique que peut avoir la pornographie. Quand c’est Larry Clark qui l’applique on accepte d’y réfléchir, Rihanna, elle, doit vendre un peu trop de disques pour ça. Triste vie.


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