DJ Lo aka Hologram Lo aka Gros Lo, le gars qui en a dans sa MPC

[Interview] Hologram Lo - 1995 mais pas que…

23 janvier 2013 . Pas de commentaire
By crazyhorus, in FR Side, Featured

Trop jeune pour avoir vécu l’âge béni où le rap sortait un nombre incalculable de très grosses galettes, DJ Lo (1995) a depuis remonté le temps grâce à sa machine infernale (sa MPC) afin de produire un rap classieux teinté d’un jazz diffus. Avec son gout pour les textures cuivrées et les beats smooth, le parisien remet un peu d’intérêt pour la sphère des prodos de l’Hexagone, acteurs trop souvent méconnus d’une musique qui a pourtant creusé son sillon dans le cœur de plusieurs générations. Pourtant, nombreux sont ceux qui gardent en tête ce boom-bap fringuant si caractéristique des 90′s. Rencontre avec un prodo qui a du talent à revendre.

- Comment ça se passe pour vous depuis la sortie de « Paris Sud Minute » ?

Ça se passe super bien, on enchaine plateaux TV, Radios et Presse. On prend tout ce qui nous tombe dessus, ça permet de répandre l’album un maximum, quelle que soit l’audience.

- Est-ce que le fait de sortir un album était quelque chose qui constituait un symbole important ?

Bien sûr, le premier album c’est une grande étape pour un artiste. C’est le grand jour !

Vu qu’il y a un contenu censé être plus important et plus carré que ce que tu as produit avant, les gens peuvent enfin te juger à l’aide de quelque chose de consistant. On ne juge pas objectivement un artiste avec un EP ou une Mixtape. Avec un album on te prend directement beaucoup plus au sérieux. D’ailleurs, même du coté des médias, j’ai l’impression que ça change. On est plus « le buzz du moment ». On est 1995.

- Concrètement qu’est-ce que ça a changé pour toi le succès de 1995 ?

Ma vie n’a pas réellement changé. J’avais déjà lâché les études avant que ça marche pour nous, donc au quotidien je vis toujours plus ou moins la même chose. A la différence qu’aujourd’hui beaucoup plus de gens écoutent ma musique, donc ça me pousse à me surpasser.

- Est-ce que pour toi la production a été une évidence ? Il me semble que ça ne fait pas très longtemps que tu produis en plus…

Non, ça n’a pas été une évidence puisque je n’y suis pas venu directement. J’ai découvert le monde du rap tout d’abord en tant qu’auditeur, depuis mes 10-11 ans, et puis je suis passé derrière les platines surtout parce que j’étais fanatique de DJ Premier. Et puis on m’a refilé une MPC 1000 en 2009 et j’ai accroché direct.

- Comme toute personne qui crée tu as forcément quelqu’un ou quelque chose qui t’a donné envie de faire ce que tu fais. Quelles sont tes principales influences toute musique confondue ?

Donc en hip-hop DJ Premier, forcément j’ai eu ma grosse période Alchemist, Pete Rock etc… Mais j’ai jamais écouté que du rap. J’ai découvert Moby super jeune et j’ai direct capté que ce mec s’intéressait au hip-hop, ça s’entendait. Du coup je me suis vite tourné vers des artistes qui sonnaient « hip-hop mais pas que » comme St Germain, Mr Scruff, DJ Shadow, Nujabes, Dilla bien sûr, Ninja Tune, Onra etc.. Et puis il y a eu le jazz qu’écoutait mon père, j’ai découvert Miles Davis très jeune, Lionel Hampton, le Modern Jazz Quartet. Il avait un paquet de disques de musique noire, James Brown, Sly & The Family Stone, Hendrix. Même si je n’étais pas fan de tout ce que je trouvais, ça m’a nourri et vachement influencé par la suite.

- Tu penses à des albums en particulier ou a des morceaux ?

« Du Rire Aux Larmes » de Sniper est l’album que j’ai le plus écouté étant jeune. Et je crois sincèrement qu’il m’influence encore aujourd’hui dans mes productions. C’est mon classique.

- Avec quel type de matériel bosses-tu ?

Une MPC 1000, Logic 9 et deux petits synthés. Je ne suis pas trop geek. Malheureusement.

- D’un point de vue musical tes productions pour 1995 sont souvent orientées dans un style très feutré, très cuivré avec une vibe calée sur une influence boom-bap. Est-ce que c’était quelque chose de convenu entre-vous ou était-ce une idée de ta part ?

Ni l’un ni l’autre. Notre musique ne provient pas d’un calcul. Je me suis orienté naturellement vers ce style musical, et les gars de 95 n’en étaient que plus heureux.

- Est-ce qu’on peut dire qu’il y a un style 1995 ? Car quand on écoute tes prods, celles de Fonky Flav ou encore celles de L-Rey (qui ne fait pas partie du groupe mais qui a produit sur le premier album de Guizmo), on sent qu’il y a quelque chose de commun.

Non, je ne pense pas qu’il existe un « style 1995″ hors des projets 1995. On s’inscrit juste dans une lignée de mecs naturellement influencés par ce qu’ils écoutaient étant gamins. Donc le son des 90′s. Je pense que je partage beaucoup d’influences communes avec des gars comme L-Rey ou Flav.

- Comment se passe la répartition des couplets quand tu produis ? Est-ce que tu penses à certains membres pour certains morceaux ou alors c’est totalement libre entre vous ?

C’est super libre. Chacun pose où il le souhaite. Mais c’est sûr que je sais ce qu’aiment mes gars. Pour te donner un exemple, je savais que « Jet Lag » allait faire kiffer Sneaz. Et que « J’aime Ça » allait plaire à Darryl.

- Par définition, le fait d’être producteur et donc d’être un peu en retrait par rapport aux autres membres plus voyants est une situation que tu vis bien ?

Oui. Très bien.

- Aujourd’hui tu multiplies les projets et les collaborations. Tu as bossé avec Lomepal et Caballero sur le très bon projet « Le Singe Fume sa cigarette », tu as aussi bossé un album instrumental « 925″. Est-ce que tu comptes multiplier les projets hors 1995 ?

Attention, « 925″ n’est pas un album, c’est une petite mixtape que j’ai balancée comme ça puisque j’avais quelques morceaux instrumentaux sous le coude et que je voulais montrer aux gens que je pouvais faire autre chose que produire des morceaux de rap. Mais je reste un gros auditeur et kiffeur de rap, donc oui je pense que je continuerai longtemps à produire des projets de rap, aussi bien pour 1995 que pour les rappeurs qui me font kiffer. Et puis, à coté j’ai mes petits projets solos, mon EP « Deeplodocus » notamment.

- On t’entend rapper sur le titre éponyme de votre dernier album « Paris Sud Minute », et on t’entend dans le morceau « Bienvenue » paru sur l’EP « La Suite ». Rapper c’est quelque chose qui te chauffe de plus en plus ou alors c’est juste ponctuel ?

Non, ça ne me chauffe pas plus que ça. Je gratte très rarement. Si j’ai rappé sur l’album c’était juste un délire. Genre « moi aussi je sais le faire ».

- En dehors du crew est-ce qu’il y a un rappeur ricain ou français pour qui tu rêverais de faire un beat ?

Il y a un gros retour de New York ces derniers temps avec des gars comme A$AP Rocky, Action Bronson ou Joey bada$$. C’est les américains avec qui j’apprécierais collaborer aujourd’hui. Chacun a son jeu et le joue super bien. Après en France, je suis en contact avec les gars avec qui je souhaite travailler. Des jeunes comme des plus vieux. Joke, 3010, Kohndo, Nemir, ses gars Gros Mo et Carlito, Esso, La Cool Connexion.

- Actuellement qu’est ce qui tourne chez toi ?

Long.Live.A$AP, Rare Chandelier d’Action Bronson & Alchemist. Le dernier Big Boi, une tuerie. Domo Genesis & Alchemist, Paz y Amor de L-Rey et je découvre Knxwledge en ce moment. Un monstre.

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A écouter :

Le Singe Fume Sa Cigarette (différents projets produits par DJ Lo à télécharger gratuitement)

1995 - Paris Sud Minute (Polydor)


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